Pour prendre ses marques en vue de la double confrontation décisive face à la Croatie, l’équipe de France Féminine se jaugeait face à ce qui se fait de mieux dans le monde du Handball : La Norvège tout simplement. Sans victoire depuis 8 matches, la France savait que faire chuter le tout récent champion d’Europe serait bien compliqué, surtout que la double confrontation de cette semaine signait les derniers matches de la légende norvégienne : son entraîneur Marit Breivik. Pour ces dernières, Gro Hammerseng avait décidé de revenir aux commandes de son équipe nationale. Pour bien utiliser cette semaine internationale, Olivier Krumbholz avait décidé de faire jouer deux équipes, la A et une A’ qui avait joué juste avant face à son homologue norvégienne et qui ne s’était inclinée que d’un tout petit but (27-26) Comme quoi une équipe de Norvège peut être bousculée par une équipe française.
D’entrée de match les deux équipes annonçaient clairement la couleur ! Deux 6-0 bien compactes et très peu d’espaces pour s’exprimer offensivement. Résultat la Norvège obtenait des jets de 7 mètres et la France trouvait quelques failles aux ailes et en contre attaque. Comme dans le même temps Amandine Leynaud était parfaitement en place dans ses buts, la France arrivait à naviguer en tête dans ce match malgré quelques ballons un peu oubliés en route sur montée de balle. Mais le fait marquant était que clairement les attaques placées auraient le plus grand mal à s’exprimer dans cette rencontre et que la différence pourrait se faire si les blocs restaient aussi performants sur montée de balle et sur les ailes. Malheureusement les bonnes intentions françaises ne duraient guère au-delà du premier quart d’heure. Un 5-0 signé principalement Linn-Kristin Riegelhuth redonnait largement la mène aux nordiques, l’attaque des tricolores ne trouvant visiblement pas les solutions pour troubler la défense adverse tandis que les Norvégiennes avaient elles, parfaitement ajusté leur jeu d’attaque.
Olivier Krumbholz essayait beaucoup, cherchant la bonne formule sur la base arrière et seule Mariama Signate faisait quelques bons mouvements, le reste était un peu trop timide pour perturber Kristin Lunde Haraldsen, tranquille dans ses buts. Heureusement que la grande nîmoise avait la bonne idée de continuer sur sa lancée, bien aidée par Amandine Leynaud, la grande arrière permettait à la France de recoller au score ce qui provoquait immédiatement la prise de temps mort par Marit Breivik. Malgré cette remise en place et avec deux actions un peu « pourries » de Katrin Lunde, le duo de choc des Bleues permettait à la France de revenir à égalité à la pause, montant tous les ballons possibles pour trouver quelques failles dans la muraille du Nord.
L’entame de seconde période était un peu plus compliquée que la fin de première pour l’attaque bleues, mais avec une Cléopâtre Darleux un ton au dessus d’Amandine Leynaud devant une superbe défense, c’est dire le niveau qu’elle atteignait, avec une Mariama Signate toujours aussi percutante, la France prenait son temps mais finissait par prendre les commandes du match. La défense restait sur ses bases ultra solides et comme l’attaque profitait du nuage sur lequel se trouvait la grande Nîmoise, tout naturellement la prise de pouvoir durait dans cette seconde mi-temps au plus grand plaisir d’un public clermontois aux anges.
+3, +4 ! Mariama Signate trouvait à chaque fois les espaces pour exprimer sa puissance et une arrière en réussite ça vous change la physionomie d’une attaque, la France tenait son exploit pour se donner confiance pour la suite de la saison et la confrontation face à la Croatie. Mais la Norvège n’est pas n’importe qui, les Hammerseng, Riegelhuth, Sulland et compagnie ont du talent plein les mains et plein le collectif et comme Alexandra Lacrabère leur lâchait quelques ballons pour le moins mal venus, la Norvège se faisait un plaisir de recoller à un tout petit but de la France. La défense resserrait les boulons, Mariama Signate débloquait la machine infernale à but et Siraba Dembele s’offrait un show sur son aile gauche qui redonnait 4 buts d’avance à 4 minutes de la fin du match. Finalement Mariama Signate pliait l’affaire pour le compte après un tir coin long sur coup franc protégé ! Pour la première fois depuis bien longtemps la France s’offrait la Norvège et surtout prouvait qu’avec une arrière qui marque de loin, toute une équipe peut retrouver un vrai niveau international.
La défense aura été la clef de voûte de cette victoire, c’est une évidence, mais les qualités défensives de cette équipe ne sont plus à démontrer. Le changement s’est fait sur des ailières performantes et une arrière qui si elle est capable d’enchaîner des prestations de ce niveau devient un vrai top mondial. La France met fin à 29 matches sans défaites pour la Norvège, ce qui pose là la performance accomplie par les protégées d’Olivier Krumbholz dans cette soirée auvergnate.
A Clermont Ferrand, Maison des Sports
Le jeudi 5 mars à 19h30
France – Norvège : 23 - 21 (Mi-temps : 10-10)
4 000 Spectateurs
Arbitres :
MM Angel Raluy et Angel Sabroso
FRANCE
Gardiennes :
Leynaud 13 arrêts sur 27 arrêts dt 2/5 pen.
Darleux 6 arrêts sur 13 dt 1/4 pen.
Joueuses de champ :
Goïorani, Kanto (3/5), Ayglon (1/4), Spincer (0/2 dt 0/1 pen.), Baudouin, Pineau (0/2), Tounkara (2/2), Dembélé (6/8) , Tervel (cap. - 0/1), Limal (0/1), Piejos, Lacrabère (0/2), Signaté (11/14).
NORVEGE
Gardiennes :
Haraldsen 7 arrêts sur 21
Pedersen 3 arrêts sur 12
Joueuses de champ :
Loke (1/2), Nostvold (2/6 dt 1/2 pen.), Breivang (0/3), Lunde (4/9), Hammerseng (cap - 0/3 dt 0/1), Johansen, Frafjord (2/2), Kristiansen (1/2), Sulland (3/3 dt 1/1), Riegelhuth (7/12), Blanco (0/1), Herrem (1/2).