Le Hand Hacadémy
Débarquée en élite voici six, les normandes ont depuis démontré la vitalité d’un club rapidement passé du statut d’outsider du championnat à celui de gros bras.
Fondé en 1972, le Havre Athlétique Club section handball doit en grande partie son envergure actuelle à l’implication de la famille Bougeant. Dirigé par Paul (psdt) et Maria Luz Bougeant, l’équipe Seino-maritime s’est rapidement dissocié des autres dynasties familiales vouées au handball féminin (Mariot à Besançon, Mayonnade à Mios) par une très incisive politique de sponsoring où pour l’une des premières fois en France, la part du partenariat privé supplante les subventions versées par les collectivités publiques. Bouleversant rapidement l’ordre établi, profitant des conseils éclairés de celui qui longtemps figura comme le plus jeune entraîneur de la D1 (c.f Fredric Bougeant), le HAC su rapidement se hisser au plus haut niveau (2003).
Ambitieux, palliant son manque de notoriété par un très riche réseau de connaissances européennes, le club fit de son « savoir recruter » l’une de ses premières richesses. « Il est vrai que sur nos 14 équipières premières, nous ne comptons que 50% de joueuses françaises dont l’internationale Makaan Tounkara, mais depuis cette année, nous avons enregistré les premiers fruits de notre centre de formation en incorporant 5 jeunes » avouait Fred Bougeant avant de préciser « mais, oui, il est vrai que nous ne regardons pas la couleur du passeport avant de recruter, mais plutôt les qualités des joueuses ».
Ambitieux, le HAC a néanmoins démontré un appétit glouton effectuant au fil des saisons des turn over quantitativement nombreux. « Cette année est pour nous une année de transition avec 8 changements (dont les départs des internationales Herbrecht, Baudouin P et S, Myaro et Houba), nous ne nous attendions pas vraiment a être seconds aujourd’hui, Et si nous nous fixons de gros objectifs pour la prochaine saison, ce groupe a les moyens de décrocher un trophée ».
Humble, le stratège en oublierait presque la valeur des nombreuses recrues aux palmarès étoffé, tel les internationales brésiliennes (Zoqbi de Paula (Gb), Silva dos Santos (Ar)) croate (Lulic) tchèque (Simerska et Vaskova) ou tunisienne ( El Bouchouki) qui accompagnant quelques joueuses suisse et polonaise font de ce club le plus cosmopolite du championnat. Habile, le sorcier normand semble ainsi avoir une nouvelle fois réussi son pari et rapidement fait de nombreuses individualités un collectif performant.
« Malheureusement, si nous avons toujours respecté cette compétition médiatique qu’est la coupe de la ligue, nous pourrions cette année souffrir, car la semaine internationale qui précéda cette compétition est une véritable catastrophe ». Contraint à laisser les sélectionnés à dispositions de leurs équipes nationales respectives, le Havre après avoir tenu la dragée haute aux danoises de Gudme en coupe d’Europe a ainsi vu quatre de ses cadres partir s’exténuer en rassemblements nationaux. « En fait, nous ne récupérerons toutes nos joueuses que dimanche soir. C’est pourquoi nous arriverons à Lons dès le mardi avec pour premier objectif celui de la récupération. Nous n’aurons donc que 48 heures pour monter en puissance et préparer un match face à une équipe de Nîmes qui n’est pas à sa place en championnat (c.f 6ème après 15 journées) c’est pourquoi notre tâche sera rude. Je pense que cette année plus que les autres, cette compétition qualificative à l’Europe pourrait profiter à des formations comptant en leurs rangs peu d’internationales… » Modeste, le coach normand n’aura cependant pas oublié que depuis la création de la compétition (2002), le havre sans jamais l’avoir remporté n’ait jamais fini en dehors du podium d’une coupe réservée aux élites.
Source: Le progrès