Besançon sans complexes
8ème en championnat, confrontées à l’une des meilleures formations française, nettement vaincues lors du match aller et désormais moins richement dotées d’internationales, les bisontines pourraient presque figurer parmi les grands outsiders de la compétition. Et pourtant à domicile, les francs comtoises entendent à nouveau se transcender.
« Revoir l’Europe », tel pourrait on résumer l’objectif majeur fixé par le staff bisontin aux prémices de cette saison. Et pourtant, sans dénombrer aucune arrivée et avoir enregistré le départ de 4 joueuses cadres et notamment de ses dernières championnes dorées (Pecqueux Rolland, Tervel et Said Mohamed), nombreux étaient ceux à se demander par quel tour de magie le sorcier bisontin Christophe Marechal réussirait à nouveau à propulser l’ESBF au devant de la scène nationale.
Contraint à s’imposer et ainsi satisfaire aux exigences de soutiens financiers jusqu’alors habitués à voir l’ESBF dans l’Europe et en championnat se balader, le club vainqueur de la coupe des vainqueurs de coupes en 2003 du ainsi faire de son histoire son fardeau coutumier.
« Avec 22 ans de moyenne d’age, l’ESBF figure comme l’une des plus jeunes équipes de ce championnat » avouait ainsi Christophe Marechal avant de préciser : « Alors oui, il nous manque un peu d’expérience, notamment en défense, mais nous avons essayé dans un premier temps de compenser en privilégiant l’attaque dans notre système de jeu tout en travaillant nos points faibles. Alors certes, si notre mois de Janvier ne fut pas des plus probants, nous avons progressé sur nos points faibles».
Majoritairement issues du club et de son centre de formation, les bisontines semblèrent ainsi trouver dans la fougue de leur jeunesse une force morale prompte à surpasser les nombreuses difficultés secouant actuellement le club de la capitale franc-comtoise (lire par ailleurs). A l’image d’Alice Durand ; premier poussin révélé du centre de formation : « Cette année l’équipe a beaucoup changé, Raphaelle Tervel partie, le club a souhaité me faire confiance et j’ai été titularisée. Bien entendu, j’ai apprécié, mais il est vrai que les choses ne se firent pas sans difficultés ».
Sans moyens, plombé par un déficit ne cessant de se creuser, il fallut ainsi trouver dans les capacités à s’adapter les ressources d’une vitalité « Je dus moi aussi revoir mes méthodes de coaching, car à partir du moment ou tu disposes de moins de joueuses expérimentées, il te faut nécessairement augmenter le nombre de tes consignes individuelles. Les choses sont différentes, mais dans l’ensemble la formation est très réceptive ». Solides durant les 6 premières journées et « un nul un peu chanceux » (dixit Marechal) ramené de Nîmes, l’ESBF sembla ensuite accuser le contrecoups d’une entame en surrégime. « Nous nous sommes avéré fragiles en déplacement, et puis ces défaites concédées à domicile face à Bègles et Issy les Moulineaux nous coûtes aujourd’hui de ne pas figurer parmi les 6 premiers. Mais compte tenu de nos carences, de notre effectif et de son expérience, il nous manque à mon sens une victoire à domicile. Notre bilan est par conséquent mitigé et nous entendons bien profité de cette coupe de la ligue pour nous relancer ». Combatif malgré l’annonce de sa non reconduction de contrat récemment annoncé par l’équipe dirigeant, Christophe Marechal d’en reconnaître les mérites d’une jeunesse professionnelle dans l’âme : « Notre effectif ne compte quasiment plus de joueuses au statut professionnel, mais malgré tout ce que le club peux endurer, nous nous déplaçons sereinement. Vous savez cela fait bientôt 4 ans que nous sommes en difficulté financière et 5 années que l’on me dit être sur la voie du redressement. A priori, le club serait sur la bonne voie, la preuve, cette les primes de match tombent régulièrement. Quant à mon éviction, je n’ai ni amertume, ni ne suit plus motivé, nous sommes professionnels et nous savons ces font parti de la vie de tout sportif de haut niveau. Les joueuses l’ont compris et sont déterminées à le prouver ». « Christophe est resté le même, la nouvelle de sa non reconduction, nous l’avons digéré » expliquait ainsi Cécile Racine, locale de l’étape tout droit issue de Fraisans avant de conclure : « Tout le monde a continué à travailler et après avoir grillé un de nos joker en coupe de France, nous jouerons cette coupe de la ligue à 200%, le groupe est dores et déjà très motivé et nous escomptons bien nous qualifier et à nouveau tenter à remporter un trophée national à domicile tel que nous l’avions fait voici deux années. »
Besançon et ses vieux démons.
Validé par la fédération et la CNCG, on pensait alors le plan de redressement définitivement conclure le triste épisode des soucis financiers.
C’était sans compter quelques casseroles qui récemment découvertes ont conduit le comptable et le commissaire aux comptes à déclencher la procédure d’alerte. Entre mauvaise interprétation des chiffres et découvertes de quelques factures sous les matelas jusqu’alors bien dissimulées c’est finalement une somme avoisinant les 300 000 euros qui resterait à apurer. Confiants, satisfaits d’avoir « déjà » rembourser 100 000 euros de facture, les dirigeants bisontins et leur nouveau président ont finalement demandé une échéance d’une année supplémentaire aux instances fédérales, avec la promesses dit on de ne plus se faire remarquer. Statistiquement en déclin depuis 2003 et un quadruplé inédit qui semble aujourd’hui bien lourd à porter l’ESBF après avoir récemment décidé de se séparer de son entraîneur historique saura t-il trouver en la nouveauté (et en la pauvreté) les ressources pour à nouveau se relever ?
Source: Le Progres