Faciles vainqueurs de Billère (34/23), les joueurs de Saint Marcel Vernon ont très certainement livré un de leur meilleur match de la saison samedi soir, si ce n’est le plus accompli… Qu’elle est belle à voir évoluer cette équipe de Saint Marcel Vernon lorsqu’elle joue de la sorte ! C’est une première certitude… Qu’elle est belle et capable d’aller loin, très loin, très haut même, c'est-à-dire prétendre l’an prochain rejoindre les hautes sphères du handball français, si elle parvient à réitérer ce genre de prestation à l’avenir ! C’en est une seconde… Certes, le chemin est encore long. Et avant d’accueillir Ivry le week-end prochain, dans un 16ème de finale qui devrait nul doute déchaîner les passions (match à guichets fermés), il est juste bon de rappeler que les joueurs de Dragan Zovko viennent de signer un onzième succès (en 15 rencontres), leur assurant de fait, de figurer pour la onzième fois de la saison sur le podium de cette D2, si particulière. Il est bon de souligner également que les normands à mi-championnat sont quasiment assurés de remplir un premier objectif, celui de se maintenir (même si mathématiquement rien n’est fait!). On espère que d’autres suivront…

La meilleure défense de D2 prend l’eau
On était loin en tout cas d’imaginer que le SMV allait à ce point surclasser Billère, son adversaire d’un jour dans l’une des deux affiches de cette 15ème journée (l’autre étant la rencontre Nantes / Aix). Un adversaire toujours difficile à jouer, à manoeuvrer, un adversaire privé c’est vrai de Mlyakov, F. Vito et autre Gérard, un adversaire enfin et surtout qui se présentait sur le parquet du Grévarin avec l’étiquette de meilleure défense (22,1 buts/match) de la poule. Et puis on craignait en quelque sorte voir ressurgir les vieux démons de l’an dernier, ces mêmes démons aperçus que ce soit face à Cesson-Sévigné ou plus récemment contre Dijon, il y a quinze jours de cela. On craignait dès lors que les protégés du président Mériel ne se trompent d’objectifs, s’éparpillent et par conséquent se désunissent. Il n’en fut rien… Les Vranic, Raphanel, Quintallet et consorts se sont contentés de répondre aux problèmes posés (seulement 7 pertes de balle), tout en n’en posant aux béarnais, sans oublier d’élaborer leur jeu patiemment (62 % de réussite aux tirs) mais non sans détermination.
Delaporte transcendé A l’image d’un Delaporte transcendé en défense dont la volonté à donner le meilleur, allait déteindre sur l’ensemble de ses coéquipiers. On pense à un Touboul (16 arrêts), qui depuis deux rencontres et après une première partie de saison passée dans l’ombre de Jukic, est en pleine confiance. On pense à un Lanfranchi, pas avare pour un sou d’efforts, de combativité et d’efficacité (4/4). On pense enfin à un Karabatic, une fois de plus monstrueux et peut-être même un peu plus que d’habitude. Auteur de 11 buts à quasiment 92 % de réussite aux tirs s’il vous plaît ! Les initiés apprécieront… Tout comme Thierry Anti (Paris) présent une fois de plus dans les travées du Grévarin a du apprécier… Tant et si bien qu’après avoir été mené pour la première et dernière fois de la partie au score (2/3, 8ème) du fait notamment de deux exclusions temporaires (3ème et 6ème minute de jeu), les joueurs des bords de Seine allaient construire but après but (10/5, 20ème puis 15/9, 30ème), minute après minute (20/11, 41ème puis 29/17, 53ème) ce qui allait s’avérer être au final, une des prestations les plus accomplies depuis le mois de septembre. Celles face à Nantes, Nancy ou Aix l’étaient tout autant. Mais celle-ci l’est particulièrement, car elle fait suite à un mauvais passage (2 défaites de rang lors des 12 et 13ème journées), où les protégés du président Mériel avaient perdu de leur superbe, perdu leurs repères, perdu leur confiance des mois d’octobre et de novembre. Samedi soir, les normands étaient tout simplement intouchables comme le confessait dès le coup de sifflet final, Arnaud Villedieu l’entraîneur béarnais : «Nous avons perdu ce soir face à une équipe qui était meilleure que nous, largement meilleure et devant un public fabuleux. Onze buts, c’est beaucoup… Mais il n’y a rien à dire. Je tiens seulement à rappeler que l’on a le 15ème budget de D2, nous sommes 4ème... » Ce qui rend donc cette onzième victoire encore plus belle, bougrement belle même…
Sébastien Gibeau pour