L'arrière droit gaucher est une denrée rare dans le monde du handball, en France en particulier. Chambéry et l'équipe de France ont certainement trouvé la perle rare en la personne de Xavier Barachet, grand gaillard de 1,95 m et de presque 22 ans (il les aura en novembre prochain). C'est à Nice que Xavier fait ses premières armes handballistiques. Il a dix ans et pratique le basket et le tennis. "Les horaires du basket devenaient incompatibles avec le tennis, mais je voulais continuer un sport Co. Comme beaucoup de gens dans ma famille, mes parents en particulier, faisaient du hand, je me suis dit pourquoi pas?"
C'est au Cavigal de Nice qu'il commence sa carrière. "Je n'étais pas plus doué qu'un autre, mais faire du basket m'avait appris à dribbler, à me faufiler dans les défenses. Et mes parents, handballeurs eux-mêmes m'ont aidé." Ca a marché puisque notre arrière droit intègre très vite les sélections départementales puis avec son entrée en 3e, le pôle espoirs de Nice, tout en continuant à jouer avec le Cavigal. "Je n'avais pas le projet de devenir sportif professionnel à l'époque. J'ai intégré l'équipe 1 du Cavigal à 16 ans en Nationale 2 puis en Nationale 1 après l'accession. C'est l'année d'après, quand je suis en Seconde que tout s'accélère. Tous les clubs de D1 m'appelaient et je passais mes récrés au téléphone!" Il rencontre Philippe Gardent et Laurent Munier, ils séduisent le Niçois et les Chambériens remportent la mise. Xavier jouera en Savoie. "Chambéry était un club qui me fascinait depuis longtemps. Leur discours m'a plu. C'était un grand club, mais qui restait quand même familial."
En 2006, Xavier passe de la N1 au plus haut niveau: la D1. "C'était une énorme différence de niveau. Je suis arrivé avec les croisés pétés et je n'ai donc pas joué pendant les six premiers mois. Ensuite, j'ai fait quelques matches avec le centre de formation puis je suis entré définitivement en équipe 1."
Voilà une étape de franchie. La deuxième l'est en janvier 2009 au tournoi de Bercy avec sa première sélection en équipe de France contre l'Algérie. "En arrivant à Chambéry, j'avais des objectifs et l'équipe de France en faisait bien sûr partie. Peut-être pas aussi vite cependant... Claude Onesta m'avait sélectionné pour Bercy afin de me tester et me mettre dans l'ambiance. Au final, je me retrouve au Championnat du Monde en Croatie!" Un rêve de gosse se réalisait: "J'avais des posters de certains de ce gars dans ma chambre!" Il n'est toutefois pas question de se laisser dépasser par l'émotion. "J'étais intimidé les premiers jours. Mais ils m'ont tellement bien aidé que l'intégration s'est facilement déroulée. Les gars de l'équipe de France sont supers sur le terrain et en dehors, j'ai donc fait mon trou en Bleu." Un joli trou puisque le voilà désormais champion du monde avec une étoile à son maillot Bleu même si Joël Abati avait été appelé en renfort pour les demi-finales afin de pallier en défense la blessure de Didier Dinart, et d'Europe (2010 en Autriche). "C'est déjà fabuleux de participer à ces deux compétitions alors les gagner... Maintenant, je veux prendre plus de place dans cette équipe et gagner d'autres titres."
Notre arrière droit vit sa dernière saison chambérienne. "Nous avons trois bonnes recrues et j'espère que ça va être une super saison. L'EuroTournoi, le seul tournoi de ce niveau en France, un super plateau, un super accueil, une super organisation, est notre 3e tournoi de préparation et pour l'instant les résultats sont plutôt bons." Les Savoyards ont donc commencé leur préparation sous les meilleurs auspices. L'ET est là pour continuer sur cette lancée et perfectionner les réglages avant la reprise du championnat de France et les échéances européennes qui attendent Philippe Gardent et sa troupe. "On a un groupe de folie en Ligue des Champions (Barcelone, Celje, Kielce, un qualifié et le champion d'Europe en titre, le THW Kiel de Titi Omeyer et Daniel Narcisse, excusez du peu!) Mais Chambéry a prouvé les saisons passées qu'il pouvait réaliser de grosses perfs même à l'extérieur. A Zagreb, Celje (tiens, tiens) et Mannheim par exemple. On donnera tout et on verra où ça nous mènera."
Quoi qu'il arrive, il sera bientôt dans le championnat espagnol. Il a en effet signé l'an passé un contrat avec le prestigieux club espagnol de Ciudad Real, et ce à partir de la saison 2011-2012. "C'était une décision difficile à prendre surtout deux ans à l'avance. On ne sait pas ce qui peut arriver. J'ai consulté pas mal de monde, notamment les Français de Ciudad Real (Jérôme Fernandez, Luc Abalo et Didier Dinart). Mais c'est un très grand club avec un très grand entraineur (Talant Dushebaev) donc j'ai décidé d'y aller." Pas de plan de carrière pré établi pour le gaucher, juste l'envie de vivre au jour le jour, match après match. "Je n'ai pas d'appréhension particulière. C'est un des plus grands clubs au monde et un grand pas en avant, mais il y a des Français sur place qui pourront m'aider."
Une dernière saison donc en D1 avec l'espoir de titiller l'ogre montpelliérain avant de connaître la Liga Asobal, le tout avec de nouvelles échéances avec les Invincibles et un nouveau championnat du monde en Suède en janvier prochain. Joli programme!
Eric Seyller Euromag
pour