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Didier De Samie : « Ma passion pour ce sport est intacte »
France/Division 1F

Artisan de la montée au plus haut niveau des provençales de Plan de Cuques, Didier De Samie après un retrait que l’on pensait provisoire a finalement décidé de ne pas continuer une aventure entamée voici 5 ans. A la recherche d’un nouveau défi, candidat potentiel à la succession de Christophe Marechal à Besançon, celui que l’on croyait définitivement fixé sur les bords de méditerranée revient sans concessions sur une aventure passionnante. Bilan et perspectives.

 

 

Hz : Didier, vous évoquiez voici quelques mois votre prochain retour aux commandes du staff technique de Plan de Cuques. Aujourd’hui il est acquis que vous ne figurerez plus à Plan de Cuques la saison prochaine. Quels facteurs vous ont poussé à modifier vos objectifs ?

 

Didier De Samie : « Je me suis séparé à l’amiable avec Plan de Cuques et ce, sans aucuns problèmes, tout en conservant de très bons contacts. Mais cette décision est avant tout liée à un constat : Le prochain  projet sportif du club ne correspond plus à mes ambitions. »

 

 

Hz : Pouvez vous préciser ?

 

D.D.S : Nous nous sommes récemment entretenus avec mon président (c.f : Jean Aidin). Il m’a expliqué le constat résultant du bureau directeur après cette première saison. C’est-à-dire la réalité de la D1 dans le sud de la France. Pour l’instant, cette première division est trop haute pour Plan de Cuques. Que ce soit au niveau sportif des joueuses, de leur professionnalisation, de nos moyens financiers et de notre niveau de culture locale.

Plan de Cuques n’est pas Besançon, notre culture handballistique est présente mais pas assez profonde. Nous avons passé une saison si difficile du fait que ce n’est pas avec deux joueuses professionnelles qu’un club provenant de D2 peut se mettre à niveau de formations comptant 7 ou 8 joueuses pro. Nous n’avons pas non plus cette culture, ce savoir faire qui peuvent par exemple aider certains clubs tel Besançon lorsqu’ils sont en difficulté.

Plan de Cuques est monté très rapidement et nous nous sommes aperçu qu’il y a un monde énorme entre l’élite et la seconde division. Donc, pour l’instant le club souhaite redescendre et se poser en seconde division un moment avant de, peut être, remonter.

Ce constat est tout à fait humble et réaliste, mais rien ne définit encore le nombre de saisons que Plan de Cuques vivra en en D2.

Alors, s’il y avait eu un projet pour remonter de suite, j’aurai continué, mais je ne compte pas devenir fonctionnaire d’état de la seconde division. Je fais ce métier par passion, et à un moment donné, lorsque tu n’as plus les éléments et les moyens pour te battre avec tes adversaires l’usure commence à te gagner. Donc une année comme celle que je viens de vivre tu ne peux pas moralement et normalement la répéter deux ou trois fois. C’est pourquoi nous sommes convenus d’une séparation à l’amiable avec mon président.

 

« Je ne compte pas devenir fonctionnaire d’état de la seconde division »

 

 

Hz : Vous évoquez les difficultés économiques de votre association. Pourtant, le travail entrepris auprès de vos partenaires privés faisait de votre club l’un des plus dynamiques de France….

 

D.D.S : En effet, le HBPC était et demeure l’un des plus actifs en terme de partenariat privé. Mais lorsque que tu arrives à ramener plus de 250.000 euros de sponsors privés, la question est de savoir jusqu’où le montant de ce type de sponsoring peut arriver. A Marseille comme ailleurs, je ne pense pas que cela soit illimité. Mais il ne faut pas oublier que du coté des dotations territoriales, nous sommes champions de France des plus petites subventions (municipale, départementale et régionale). Alors à un moment donné, cela limite aussi le projet.

Et puis, pour en revenir au fonctionnement du club, au départ, du fait que nous n’avions pas d’argent provenant des collectivités, le club s’est structuré de façon à pouvoir être dynamique dans le partenariat privé. C’est pourquoi, la structure ne peut fonctionner sans ses 4 salariés à temps plein qui ont pour mission de ramener au club les partenariats nécessaires à son fonctionnement. Ces salariés sont donc indispensables, et en ce sens, il ne faut pas oublier que la charge financière correspondant à leurs emplois est déduite de la masse salariale du club. Donc si nous possédons un certain budget, la masse salariale exclusivement réservée aux joueuses et l’une des plus petite de France. Dégraisser notre machine de guerre reviendrait à nous tirer une balle dans le pied. La concurrence, de par la multiplicité des disciplines sportives présentes à haut niveau dans le sud ne nous permet pas l’approximatif.

Depuis toujours, nous avons un budget cohérent mais une des plus petites masses salariales pour les joueuses. Nous arrivons à développer ce budget au fil des années, mais comme au fil des années nous montons tout aussi rapidement, l’écart est toujours aussi important. Cette saison, de la D2 à la D1, il nous a fallu doubler le budget, on est passé de 90.000 euros à 200 000 euros. Mais cela ne suffit pas.

 

 

 

Hz : Pourtant votre recrutement, l’arrivée de joueuses expérimentées et la conservation du groupe champion de D2 laissait à penser une saison correcte. Avez-vous été déçu par votre recrutement ?

 

D.D.S : Non, car c’est le recrutement qui nous a choisis. C'est-à-dire que lorsque tu es promu et que tu n’as pas trop de budget, tu prends les personnes qui sont sur le marché… Il n’y a pas de questions à se poser à ce niveau là. Pour moi, c’est un faux problème. Mais l’année a été très constructive, nous nous sommes aperçu ce que réclamait la première division. Et ce de façon tellement brutale que notre enthousiasme méridional en a pris un petit coup.

 

 

Hz : Quelles furent vos principales difficultés ? Avez-vous eu des difficultés à vous adapter au rythme, à l’engagement physique de cette D1 ?

 

D.D.S : Non, pas seulement. Nos problèmes sont surtout liés à l’investissement financier et au professionnalisme des joueuses. Nous avons tout découvert cette année et pêché par notre inexpérience.

 

 

Hz : Etes vous déçu par les conclusions rendues par vos dirigeants ?

 

D.D.S : Non, je ne suis pas déçu, d’autant plus que je respecte cette décision au plus haut point. Je suis persuadé que c’est la bonne décision. Car la question était de savoir ce que le club voulait faire. Soit il aurait pu faire comme certains, c'est-à-dire vouloir essayer de se maintenir en créant un énorme déficit pour ensuite déposer le bilan soit être réaliste, descendre, reconstruire pour plus tard se servir de cette expérience.

 

 

Hz : Aujourd’hui quel bilan tirez vous de ces 5 années passées à Plan de Cuques ?

 

D.D.S : Je suis arrivé en janvier 2003, l’équipe était alors dernière de N1, et l’on m’avait donné pour mission celle du maintien. Ce que nous avons fait en terminant 7ème. En 2003-2004, nous finissons 2èmes de la N1 mais nous manquons la montée en barrages face à Aubervilliers. En 2004-05, nous terminons premier mais perdons le titre de champion de France de N1 face à Arvor. Puis, en 2005-06 nous sommes champion de France de D2 et montons. Le bilan s’obscurcit cette année, lorsque, au vu des résultats médiocres de début de saison, je tente un coup de poker en janvier en laissant aux joueuses plus de responsabilités. Cela s’est avéré être un échec et j’en tire la responsabilité. Je pensais qu’il y aurait plus d’engouement, d’envie, mais cela n’a pas créé l’électrochoc attendu.

 

 

 Hz : De quoi êtes vous le plus satisfait ?

 

D.D.S : L’aventure humaine que l’on a mené durant 4 ans et demi me laissera de superbes souvenirs. Comment ne pas penser à tout ce qui a été créé autour du hand. Cette dynamique locale, régionale, nos supporters. Cela fut une expérience extraordinaire. Comme nous sommes fiers d’avoir pu créer un besoin autour du handball féminin.

 

 

Hz : Quelles sont aujourd’hui vos perspectives d’avenir ?

 

D.D.S : Au jour d’aujourd’hui, je suis disponible pour développer d’autres projets, que ce soit sur le plan national ou à l’étranger, dans la catégorie masculine ou féminine. J’ai quelques contacts dont un à l’étranger, mais rien de finalisé. Ma passion pour ce sport est intacte, le métier me plait, et je sais pouvoir encore apporter à un sport qui m’a beaucoup offert.

 

 

 

 

Didier De Samie digest

 

Né le 02/10/66

Marié, 2 enfants.

Profession : Entraineur de Handball

Breveté d’Etat Handball 2ème degré

Breveté d’Etat Préparation physique

Entraîneur niveau expert en formation de jeunes niveau 6

 

Parcours professionnel :

1989-1994 : Conseiller technique départemental  des Bouches du Rhône.
1994-1996 : Entraîneur adjoint et préparateur physique de l'O.M. VITROLLES D1G

**1994-1995 :

2e du championnat de France 
Vainqueur de la Coupe de France
Quart de finaliste de la ligue des champions (Irun, kiel, Pragues, Trieste)
**1995-1996 :

Champion de France
Finaliste de la Coupe de France
Quart de finaliste de la Coupe des Coupes (Teka Santander)

 

1996-1997 : Entraîneur adjoint de IVRY D1G

- Champion de France
- Finaliste de la Coupe de France
- demi-finaliste de la Coupe des Coupes (Vezprem)


1997-2001: Entraîneur de Toulon D1F

2000-2001: Manager général, directeur technique de Toulon D1 F
2002-2007 : Entraîneur  de Marseille Plan de Cuques Hand ball D1F

 

 

Crédits photos: Archives PdC et Y.D

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