La défaite contestée de Metz à Dijon a trouvé son épilogue hier à Paris : les instances de la Fédération ont décidé que ce match sera rejoué. Le Cercle a dix jours pour faire appel.
L'affaire avait fait grand bruit. Petit retour en arrière : à la 13e et à la 15e de ce match retour de la quatorzième journée, Nina Kanto inscrit deux buts accordés par la paire arbitrale. Or, la table de marque n'en valide qu'un. D'où la colère et la réclamation aussitôt formulée par Sandor Rac ce qui lui vaudra d'ailleurs un carton ! et la démarche de la capitaine Isabelle Wendling à la fin de la rencontre.
Hier, donc, la réserve a d'abord été jugée recevable sur la forme avant d'être étudiée sur le fond. Les arbitres, MM. Bourgeois et Denis, ainsi que le délégué fédéral M. Vuitton ont ensuite été entendus. Me Shirron et le président dijonnais Michel Amico ont défendu le point de vue bourguignon. Pour sa part, Metz était représenté par Thierry Weizman, l'entraîneur Sandor Rac, la capitaine Isabelle Wendling, le président délégué Philippe Grégoire et le délégué Bernard Guehl. Chacun s'est exprimé. Après avoir visionné la cassette du match et écouté le point de vue des deux parties, Michel Persiaux et cinq représentants de ligues différentes se sont retirés pour délibérer. En tout, quatre heures auront été nécessaires pour rendre ce verdict. « C'est une victoire pour Metz, bien sûr, mais aussi pour le handball français qui a reconnu son erreur et donne loyalement la rencontre à rejouer plutôt que d'enterriner un résultat faux, commente Weizman. A présent, c'est la vérité du terrain qui tranchera. » Ce jugement, l'entraîneur messin l'attendait avec impatience. Aujourd'hui, Rac est content : « Je n'ai jamais reconnu cette défaite. La décision nous rétablit dans notre bon droit et nous donne donc un joker supplémentaire, même si on joue tous les matches pour les gagner. » Isabelle Wendling est tout aussi heureuse. « C'est un soulagement. On était frustré car on savait toutes qu'il nous manquait un but. Si nous rejouons, le résultat final se décidera sur le terrain et non pas par quelqu'un à la table de marque. » Quant à Bernard Guehl, le délégué messin pris à tort dans la tourmente, il soupire : « Je suis également soulagé car la Fédération a reconnu que mon intervention était limitée. Je me sentais coupable. »
L'entraîneur dijonnais joint à Roman, en Roumanie, où son équipe dispute aujourd'hui le quart de finale aller de la Challenge Cup, Pierre Terzi se « refuse à tout commentaire. » Michel Amico, son président, lâche en revanche : « J'ai le sentiment que la commission a cherché tous les moyens pour rendre recevable la réclamation de Metz qui, à l'évidence, ne l'était pas. Nous avons quelques jours pour réfléchir et décider de faire appel ou pas. » Unique dans l'histoire de la Division 1 féminine, cette décision courageuse et honnête pourrait faire jurisprudence.
Crédit photo: V.Esch