
Photo J.P. Riboli
Quel bilan dressez-vous de cette première partie de saison ?
Décevant parce que tout d’abord on est très loin des premières places en championnat, et deuxièmement parce que sur 14 matchs joués, on a vécu 6 défaites, ce qui est très loin des objectifs fixés en début de compétition. Bien sûr, on s’est mis en difficulté dès le premier match en perdant à domicile, ce qui est d’ailleurs la seule défaite à ce jour à la maison. Et inversement à l’extérieur, on a ramené peu de points, même si ces déplacements ne sont faciles pour aucune équipe. Je vois surtout que dès le départ, la dynamique de la victoire n’étant pas là, il a été très difficile d’obtenir des résultats loin de nos bases. Pour exemple, je me souviens très bien que suite à la défaite contre Saint-Raphaël, on a enchaîné avec un match à Nîmes où psychologiquement on n’était pas dedans. Il ne faut pas oublier bien sûr que l’on avait cinq joueurs à intégrer, certains s’intègrent doucement, mais ce n’est pas une excuse car en gros l’ossature de l’équipe est restée la même que l’an passé, et notamment dans le secteur défensif. Hormis le changement de gardien croate par un jeune gardien français, on a la même équipe de défense avec Patrice Annonay dans les buts, et c’est dans ce secteur défensif où l’on a en fait le plus faibli. Au niveau statistique, on remarque que l’on a aujourd’hui une défense qui reste la deuxième du championnat mais qui encaisse deux buts de plus par match, ce qui est énorme. C’est dû en grande partie aux arrêts de gardien qui sont moins nombreux, mais également au fait que la défense aurait pu et aurait dû jouer parfois beaucoup plus resserrée. Et notre attaque reste toujours faible, 13ème du championnat bien qu’elle se soit améliorée de 2 buts par match, il y a encore beaucoup de joueurs qui ont besoin d’améliorer leur efficacité offensive. Mais le manque d’efficacité dans notre jeu vient du fait que la défense n’est pas aussi solide qu’elle ne l’était avant. Donc on s’est retrouvé à prendre certains risques en défense, on a aussi à un moment donné vendangé des ballons en attaque et on a pris des contres. Je crois que quelque part, si on n’a pas bien su voyager, c’est plutôt dans le domaine défensif où on est moins performant que lors de ces trois dernières années. Je crois également en rentrant un peu plus dans les détails que certains joueurs cadres ne sont pas au niveau auquel on les attendait, il ne faut pas se voiler la face, je suis extrêmement déçu à ce niveau là.
Que manque-t-il au PHB par rapport au duo de tête ?
Montpellier et Chambéry sont sur le papier au-dessus du lot. Mais sur le terrain, tout est possible, la preuve est que l’on est la seule équipe à avoir battu Montpellier. A Chambéry, très honnêtement, on n’était pas loin de remporter le match. Cela s’est joué dans les dernières minutes sur des décisions plutôt litigieuses. On n’a donc rien à envier aux autres équipes. Il nous manque simplement un peu de stabilité et de constance dans les résultats. Dans les temps faibles d’un match, on est dans l’incapacité à avoir une cohésion, cela s’éparpille beaucoup individuellement...

Photo J.P. Riboli
Est-ce que le niveau du championnat augmente ?
Si l’on regarde sur les dernières années le championnat, ce qui se passe aujourd’hui au classement est un peu trop évident, car on a deux équipes qui sont nettement détachées. Ensuite on a un peloton d’équipes où il y a très peu d’espace entre le 3ème et le 10ème, et deux équipes qui me semblent un peu à la peine. Cela montre bien l’état du handball en France, avec 2 clubs à vocation pour aller vers la ligue des Champions, qui ont des gros effectifs et des moyens supplémentaires par rapport aux autres. Et derrière, de Ivry le champion de France en titre à Toulouse, il n’y a pas énormément de différence. D’ailleurs, hormis ces deux équipes de tête qui ont réussi à passer au travers de pas mal de pièges, parfois de peu mais c’est tout à leur honneur, les autres équipes ont entre 4 et 7 défaites, ce qui était du jamais vu ces dernières années. Cela laisse donc la place à 5 équipes pour disputer la 3ème place...
Mais pour revenir au dernier match que l’on a joué face à St Raphaël et que l’on a perdu, bien que ce ne soit pas évident de se déplacer là-bas, on avait les moyens de s’y imposer et surtout on avait quelque chose à régler par rapport au match aller. On aurait pu alors virer à la mi-saison avec un seul point de retard par rapport à la 3ème place. Aujourd’hui, on en a 3, ce n’est pas si énorme que cela surtout que l’on n’a pas de complexe à avoir avec cette équipe d’Ivry, donc la 3ème place reste encore un objectif qu’il faut avoir.
Qu’attendez-vous de 2008 ?
Malheureusement notre objectif initial était de se qualifier pour la Ligue des Champions, mais aujourd’hui les deux premières places sont quasiment impossibles à aller chercher. Depuis la première journée, on a énormément raté, et que l’on ait 6 défaites après 14 matchs joués, c’est beaucoup trop. On devrait avoir 3 ou 4 défaites au maximum. Il nous reste à nous qualifier pour la coupe d’Europe, synonyme de la 3ème place en championnat, et essayer de conserver la Coupe de France, ce sont les deux seuls objectifs qui nous restent. Il faut continuer à croire jusqu’au bout que tout notre possible. Il est vrai que la dernière défaite m’a profondément déçue, surtout en première mi-temps. C’est cette incapacité à attaquer un match avec beaucoup de conviction, de sur-motivation qui me dérange. Je pense qu’il y a un manque de cohésion dans l’équipe à ce niveau-là, il faut continuer à travailler, certains secteurs s’améliorent un petit peu mais ce n’est pas assez solide, c’est ça le problème. Alors cela pose le problème suivant : est-ce que l’équipe est vraiment soudée ? Je pense que l’équipe n’est pas suffisamment motivée, investie vers un but commun, et ce dès le début du match. Cela s’est vu en Coupe d’Europe, avec un 2ème match ici extraordinaire, vraiment un très beau match, mais là-bas on a abordé le match avec un manque dans l’investissement, et plutôt au niveau mental. Mais dès l’instant où il y a moins d’investissement mental, il y a moins d’investissement physique. Ce problème de cohésion, cela fait un moment que j’essaie de le résoudre, je dirai presque depuis l’année dernière. Il n’y a pas réellement de leaders qui sont capables dans les temps faibles d’un match de rassembler donc il va falloir que chacun prenne ses responsabilités pour faire une deuxième partie de saison digne de ce nom.

Photo J.Y. Lhors
Quel est le programme jusqu’à la reprise ?
Les joueurs ont 15 jours de repos, on reprend le jeudi 3 janvier avec une préparation comprenant des matchs amicaux. On va essayer de ne pas trop en faire, 4 ou 5 au maximum, de façon à recommencer au mieux début février. Je suis condamné à obtenir de l’équipe une série de victoires, qui va la remettre dans une spirale positive car je n’ai pas l’impression que l’équipe elle-même ait les capacités à s’en sortir. On a connu une bonne série en championnat, mais la défaite à Créteil est venue au mauvais moment. Lors de chaque match perdu, on retrouve un peu le même comportement mais il n’arrive jamais au même moment, ni avec les mêmes personnes. A moi d’effectuer une analyse plus pointue des temps faibles pour essayer de voir s’il y a un facteur commun qui en ressort, afin de retrouver une constance à cette équipe.
Communiqué de presse du Paris HandBall