Héroïques 75 minutes durant, les tricolores s’inclinent les armes à la main au terme de deux prolongations haletantes.
Et pourtant qu’elle était belle cette équipe, valeureuse, impudente, à mi chemin entre folie et stéréotype, les bleues à domicile avaient tout pour nous épater.
Portées par 15000 supporters chauds bouillants, les tricolores, outsider dans l’âme entamaient la partie tambour battant. Avec brio, les bleues emmenées par leurs éternelles cadres (Cano, Tervel, Pecqueux Rolland et Borg) se délectaient des innombrables parades de Valerie Nicolas (53% de réussite en première période). Efficaces en attaque placée autant qu’en contre attaque, les locales laissaient la puissance de frappe d’Herbrecht s’exprimer. En difficulté, multipliant les pertes de balles, la Roumanie accusait rapidement son premier écart. Menée de 4 buts à la 10ème puis de 6 à la 20ème, la filles de Tadici prenaient l’eau de toute part. Contraintes à la faute, ces dernières accusaient même deux périodes en infériorité numérique (18ème et 25ème) malheureusement non exploitées.
Habiles dans les remontées de balles, les bleues se découvraient même écoeurantes lorsque Valerie Nicolas stoppant les tirs adverses excellait dans les relances directes. Fortes de six unités d’avance à la pause (8-14), dynamique et appliquées, les bleues semblaient alors tout droit se diriger vers la qualification promise.
Malheureusement, le début de seconde période s’avérait d’un tout autre acabit. Fautives balle en main, plus maladroites et vraisemblablement gênées par une défense roumaine beaucoup plus agressive, les bleues ne tardaient à rencontrer leurs premières difficultés. Moins en réussite face aux buts, les partenaires d’Ayglon redonnaient confiance à Dinu. Humiliées d’entrée, les françaises voyaient alors leur avance fondre comme neige au soleil. Et lorsque Borg mettait fin à 10 minutes infertiles (8-14 à la 30ème puis 13-15 à la 40ème), la Roumanie ne pointait plus qu’à deux longueurs.
Prisent à leur propre jeu, les françaises accusaient le coup, et lorsque la jeune Vadineanu révélait au grand public toute l’étendue de ses compétences, la défense française s’affolait. Rejointes pour la première fois de la rencontre à la 15ème, les deux formations se lançaient alors dans un palpitant chassé croisé. Et si Ayglon, Cano et Borg concrétisaient à nouveau les intentions françaises Neagu, Maier et Mairosu relevaient les défis et réussissaient à pousser les locales en prolongations. De moins en moins lucides, les bleues peinaient de plus en plus à endiguer les assauts répétés de Bese.
Inséparables, après 10 minutes de supplément, les bleues, usées cédaient finalement à la 75ème minute de jeu, lorsque Luca secondée par Maier profitaient de deux erreurs locales pour porter l’ecart à +3 (29-29 à la 75ème puis 32-29 à la 78ème). Pour ne pas l’avoir matérialisé, le rêve avait fini par s’envoler. Bercy ne laissant aux filles aux songes étoilés que les bleues à l’âme d’une équipe désabusée.
Roumanie bat France: 34-31 (27-27, 24-24, 8-14)