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Ivry ne peut pas encore lutter si haut
Europe/Champion's League

Face à l’Everest du handball européen, l’US Ivry savait que tout autre résultat qu’une défaite serait un bonus évident. Ce Kiel que Montpellier n’avait su maîtriser alors que le champion d’Allemagne et d’Europe s’était présenté sans Andersson, Lovgren, Jicha et autre Zeitz, il arrivait à Charpy pour le premier match de la phase principale de la Champion’s League avec cette fois ci tous ses atouts. Il fallait une bonne dose d’optimisme le tout saupoudré d’un zest de folie pour envisager faire vaciller de son trône cette équipe au jeu montré en exemple dans toute l’Europe. Celle qui possède certainement le plus beau 7 de toute la compétition emmené par un certain Nikola Karabatic, élu meilleur joueur de l’Euro et de la Bundesliga… Et comme le tout est protégé défensivement par un des, voir le meilleur gardien du Monde, un certain Thierry Omeyer, autant dire que l’USI avait de quoi se faire tout petit pour cette entrée dans le grand monde des 16 meilleures équipes du continent. Mais pour arriver à cet exploit, le champion de France devait se passer de 4 de ses meilleures armes avec les absences de Thomas Richard, Alexander Buchmann blessés de longue date, plus Teddy Poulin et Mohamed Mokrani eux aussi sur la liste des absents, Mohamed Mokrani s’étant de nouveau cassé le nez…

Titi m’a tuer !
Si Ivry envisageait de prendre le dessus, il fallait que d’entrée de jeu les Rouges et Noirs prennent le pas sur Thierry Omeyer ! Mais à contrario, c’est le portier français de Kiel qui mettait  le couvercle sur la marmite des espérances locales. Impitoyable, imperturbable, « Titi » enchaînait les arrêts au point de limiter une équipe d’Ivry qui pourtant faisait largement son match à 6 buts dans les 20 premières minutes. Comme côté attaque, malgré la 4-2 mise en place par Stéphane Imbratta et qui perturbait notoirement le jeu offensif allemand, Kiel trouvait les solutions par Nikola Karabatic et Filip Jicha, l’addition se corsait très rapidement, trop rapidement pour qu’Ivry nourrisse des espoirs dans cette première mi-temps.

Kiel plus fort, mais quand même
Si la supériorité du TWH était largement affichée au score, la performance du duo arbitral Danois compliquait largement la tâche des locaux. Stéphane Imbratta passait du rouge bien soutenu au carmin bouillant tant les coups de sifflets ressemblaient à une loterie dans laquelle le jeu ne pouvait surtout pas gagner. Car à l’évidence Kiel et Ivry avaient autre chose à offrir dans une partie ou le haut niveau était tiré vers le bas par messieurs Madsen et Gjeding. Ivry pouvait bien se démener dans le jeu, Thierry Omeyer continuait sur sa lancée en totalisant sa bonne vingtaine d’arrêts en seulement 30 minutes, les 8 buts d’écart à la fin de la première période sonnaient quand même le tocsin pour Ivry, le feu était dans la maison des champions de France !

Le rythme tombe mais Ivry refait surface…
Kiel repartait tranquillement sur la deuxième période, trop tranquillement, perdant un peu du rythme offensif nécessaire à une bonne domination, trouvant sur sa route défensive un Fabrice Guilbert étincelant, les champions d’Europe en titre perdait un peu de leur avance et surtout de leur superbe dans cette entame de seconde mi-temps. Il n’en fallait pas plus pour que la salle reprenne espoir, hurlant aux arrêts à répétition de François Xavier Chapon, tempêtant à chaque coup de fusil de Luc Abalo ou de Fabrice Guilbert, il transportait l’USI vers un retour de nulle part avec un rapproché à -5 presque inquiétant pour la puissance allemande. Un quart d’heure à jouer et 5 buts de retard, le challenge était énorme mais diablement enthousiasmant !

On ne chatouille pas le roi !
Piqués au vif, un peu marris de se voir remontés de la sorte, les joueurs de Kiel vont de nouveau appuyer là ou ça fait mal. Contrant les offensives d’Ivry, bâillonnant Fabrice Guilbert et Luc Abalo et dans le sillage d’un Nikola Karabatic roi de son équipe, les Allemands refaisaient un trou qui cette fois s’avérait ferme et définitif. Ivry avait sans doute laissé passer sa chance en tombant un peu physiquement après avoir tant donné dans cette folle remontée. Moins de jus en attaque, moins rapides en défense, Ivry acceptait définitivement la supériorité de Kiel dans ce match. Igor Anic pouvait montrer tous ses progrès en remplaçant Marcus Ahlm, Filip Jicha lui rassurait tout la Tchèquie sur la fait qu’il reste un arrière d’exception et Kiel filait vers sa première victoire sans trembler.

Ivry aura sans doute un peu moins de hauteur à gravir avec les prochaines rencontres face à Léon et à Moscou, pour une intronisation dans le grand monde des puissants, le baptême avait été un peu salé, mais que pouvaient-ils faire face à une telle armada de joueurs pratiquant un jeu si propre et fluide. Mais Ivry a encore prouvé, après Barcelone que son niveau n’est quand même pas si loin des très grands d’Europe. Il reste encore beaucoup à apprendre à la jeune troupe de Stéphane Imbratta, mais avec de tels matches, c’est de la formation accélérée qui payera cash très rapidement.

A Paris, Salle Charpy
Le 9 février 2008 à 18h00
US Ivry – TWH Kiel : 25 - 39 (Mi-temps : 9-17)
1 000 Spectateurs
Arbitres :
MM Gjeding et Madsen (Danemark)

Statistiques du match à suivre…

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