Avec ce dernier match à la « maison » ou plutôt dans la salle Charpy, l’USI savait que se présentait sans doute sa dernière chance de ne pas terminer avec 6 défaites dans ce tour principal de la Champion’s League, les deux derniers matches de cette poule I devant se dérouler dans la salle de Kiel et à Moscou, deux contrées bien inhospitalières pour les handballeurs de tout pays. Seulement pour arriver à cet objectif, il fallait dominer cette équipe d’Ademar Léon qui venait tout simplement de faire tomber le TWH Kiel la semaine passée et pas sur un coup de dès, de 4 buts excusez du peu. Du solide sur tous les postes, de la qualité de jeu et de l’esprit de combat, voilà ce qui était au menu des Rouges et Noirs dans ce dernier match à la maison mère.

Seulement voilà, comme au match aller, les Espagnols partaient sur le bon rythme, trouvant des relations parfaites entre son demi-centre Sarmiento et son pivot Castresana, il fallait un très bon Dragan Pocuca pour endiguer les assauts des Ibères dans un début de match qui ne sentait pas bon du tout pour les actions françaises. Car si Léon arrivait à produire son jeu fluide et simple, pour Ivry la chanson n’était pas du même tonneau. Avec une base arrière empêtrée dans la défense adverse, avec l’obligation de faire un exploit individuel pour marquer un but, l’USI ne donnait pas vraiment le sentiment de dominer son sujet dans ce début de match.

Avec le réveil des arrières, notamment par Teddy Poulin et Zoran Martinovic, Ivry équilibrait un peu la donne au bout d’un quart d’heure, profitant aussi des premières exclusions qui commençaient à tomber sur le collectif de Léon. Luc Abalo lui aussi faisait parler la foudre, et même si il fallait encore quelques exploits comme ce Kung-fu entre lui et Audray Tuzolana pour marquer des buts, le mieux était presque évident. Evident à condition de ne pas subir à son tour des exclusions multiples et dans le domaine la fin de premier acte pour les locaux allait tourner un peu au vinaigre. Martin Stranovsky faisait un gros numéro sur son aile gauche, Ivry se faisait sanctionner à son tour par des exclusions en essayant de compenser ses erreurs défensives par une suractivité aussitôt sanctionnée par la paire arbitrale et pour finir ce sombre tableau, Matteo Garralda oubliait ses 40 printemps et plantait banderilles sur banderilles dans les buts ivryens pour transformer la fin de première mi-temps en temps un tantinet noir pour les ambitions de victoires des champions de France.

Heureusement pour eux, la mi-temps allait être parfaitement mise à profit par Stéphane Imbratta pour remettre les pendules à l’heure du côté de la défense et cela payait d’entrée de jeu avec une division immédiate par deux du handicap concédé en fin de première période. Zoran Martinovic continuait à retrouver ses jambes de 20 ans, Luc Abalo rendait un peu fous les défenseurs et surtout Fabrice Guilbert montrait pourquoi il était un des joueurs les plus dynamique de France. A droite, à gauche, en pénétration, le demi-centre et capitaine d’Ivry faisait subir les derniers outrages à toute la base défensive de Léon. A tel point que ce bon Matteo Larumbe Garralda sortait ses bonnes vieilles armes et tentait de le décapiter proprement. Raté pour l’œuvre de destruction mais 2 minutes pour le ténébreux gaucher espagnol.
Comme Urdales lui emboîtait parfaitement le pas sur Teddy Poulin, Léon se retrouvait à 4 et Ivry en profitait immédiatement pour refaire le retard qui lui restait à combler. Mais pour finir parfaitement le travail il fallait encore ne mettre une couche défensive et c’est Dragan Pocuca qui s’en chargeait de façon quasi parfaite. En bloquant tout ce qui pouvait être arrêter et même plus, en étant déterminant dans les derniers instants, là ou Léon lançait toutes ses dernières forces dans la bataille, le portier Serbo-bosniaque d’Ivry donnait toutes les bonnes minutions à ses attaquants pour que la fête soit enfin là dans cette salle Charpy qui avait attendu si longtemps cette victoire.

Ivry n’aura pas la honte de finir sans victoire de ce tour final de Champion’s League, dans l’affaire il a enterré définitivement les espoirs de demi-finale de Léon à moins de bisser la performance la semaine prochaine dans le nord de l’Allemagne, dans cette salle de Kiel quais imprenable, mais cela est une autre affaire, pour le moment, Ivry peu et doit savourer sa belle victoire sur un des ténors de la Liga, après Montpellier tombeur de Ciudad Real, Ivry qui domine Léon, voilà un bon chemin à prendre pour les clubs français, à commencer par Chambéry qui va devoir à son tour gâter de l’Ibère en coupe d’Europe.
A Paris, Salle Charpy
Le 2 mars 2008 à 19h00
US Ivry – Ademar Léon : 36 – 33 (Mi-temps : 14-18)
1 200 spectateurs
Arbitres :
MM Nenad Krstic et Peter Ljubic (Slovénie)
Statistiques du match à suivre…
