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Kentin Mahé veut aller au bout de ses rêves
International/Euro

Quand on s’appelle Mahé et que, gamin, on fréquente déjà les salles et que Pascal, le papa exilé en Allemagne, évolue toujours au plus haut niveau, on ne peut qu’être attiré par le handball. A 19 ans, Kentin Mahé le demi centre de l’équipe de France juniors vise l’excellence. Et même si avec la sélection, les résultats ne sont pas à la hauteur de ses ambitions, son avenir est prometteur. Avant d’aborder les deux matches de classement, le joueur qui intéresse désormais le prestigieux club de Hambourg, a répondu à nos questions.

Kentin, est-ce qu’on peut dire que l’équipe de France juniors est tombée de haut après trois revers consécutifs ? 
Ce n’est pas une question de jambes, de tactique ou une question de fatigue, contre les Islandais par exemple, on savait exactement ce que nous avions à faire. On avait étudié la vidéo. A l’entraînement, on avait mis au point des choses pour arriver à les contrer, rien n’a marché. Après, pour trouver une explication rationnelle, c’est très difficile. On a relâché trop vite. C’est d’abord dans la tête que cela s’est passé.

A titre personnel, vous vous êtes beaucoup dépensé, peut-être un peu trop….
Non, je ne pense pas. On a joué cinq matches, moi je me sens bien dans ma peau. C’est vrai que contre les Tchèques ou les Serbes qui étaient vraiment accrocheurs, on y a laissé des plumes. Maintenant, un tournoi cela dure 7 matches, donc faut tenir ! 

La France peut finir au mieux 5ème, au pire 8ème. Elle est finalement à sa place ?
On a mérité de passer le 1er tour car notre équipe a de la valeur. Si on gagne contre le Danemark, rien n’est pareil. Avec 2 points à l’amorce du tour principal, on aurait fait un championnat différent. L’état d’esprit n’aurait pas été le même. Maintenant, à nous de montrer que l’on vaut beaucoup mieux que la 8ème place.

L’Allemagne va gagner ce tournoi ?
C’est LA favorite. Elle met 6 buts aux Slovènes qui sont déjà très solides donc, l’Allemagne est un ton en dessus.

Vous vous retrouvez dans le Top 3 des meilleurs buteurs de cet Euro (actuellement en tête avec 35 buts, ex aequo avec l’Islandais Olafsson). C’est une satisfaction personnelle ?
Franchement, ce classement me laisse indifférent. Mon souci, c’est le rendement de l’équipe. Si je marque un but et qu’on gagne à la dernière seconde, ce sera parfait. Peu importe si c’est moi qui suis le meilleur buteur.

L’Euro se termine dimanche. Lundi, retour dans la famille à Dormagen. Un moment très attendu ?
Je pense que cela sera sympa de prendre trois-quatre jours de détente après la prépa à la Toussuire, après Dunkerque et ce championnat. En plus, en Bundesliga avec Dormagen, on a du passer par les barrages donc j’ai fini la saison très tardivement. Ca sera pas mal de pouvoir se poser un peu.

L’Allemagne, parlons-en. C’est un pays qui compte beaucoup pour vous. Vous y êtes né et c’est là que vous avez découvert le handball.
C’est qu’en fait mon père Pascal, a terminé sa carrière à Dormagen. J’ai choisi le handball et j’ai donc été formé là-bas avec une toute autre mentalité de jeu. Je pense que cela m’a apporté beaucoup.

Et dire que la détection française a failli vous louper !
Oui et non, disons que j’ai intégré le 1er stage France jeunes en 2007 au Tournoi Pierre Tiby et depuis, je suis passé par toutes les étapes et ça roule.

De toute façon, les Allemands étaient aux aguets et Petersen (le Sylvain Nouet allemand) vous aurait récupéré ?
Sincèrement, j’avais eu des conversations avec lui sur la question de savoir si je restais français ou si je prenais la double nationalité pour pouvoir intégrer la détection allemande. J’y ai réfléchi… mon père étant français, mon cœur aussi, cela tombait sous la logique que je reste français.

La Marseillaise, ça vous fait lever les poils ?
Oui, j’aime bien. C’est un moment obligatoire avant un match. J’ai vu furtivement des images de mon père avec le maillot tricolore et l’hymne national, ça donne des frissons. C’est le rêve de tout handballeur de pouvoir vivre ces moments.

Vous avez signé un an à Dormagen, à très court terme donc. Pour quelle raison ?
J’ai même été le dernier joueur à signer mon contrat ! Comme j’ai la dernière année scolaire, je vais passer le bac allemand et ensuite, on verra.

2011 risque d’être une année charnière ?
Quand un joueur entre dans sa 20-21ème année, c’est là qu’il faut faire ses preuves, qu’il s’impose dans une équipe. Maintenant, à moi de trouver l’équipe qui me conviendra.

Vous êtes un cachottier puisqu’on peut le révéler, le grand club d’Hambourg est très intéressé par votre venue, l’an prochain. L’offre parait ferme et elle a été faite par Christian Fitzek, le directeur sportif du club.
C’est vrai, depuis février 2010, on est en discussion mais bon, il peut encore se passer beaucoup de choses. C’est un grand honneur d’avoir des dialogues avec ce type de personne. Ne serait-ce que m’entraîner quotidiennement au contact des stars, ne peut que me faire progresser.

Pour jouer à quel poste ? Car on vous voit un peu partout : derrière dans le rôle de l’organisateur, devant sur l’aile gauche et même en 2ème pivot. Sans avoir une morphologie de déménageur, vous parvenez à combiner les trois postes.
D’être polyvalent, dans le proche avenir, ça sera quasiment indispensable. L’exemple type c’est Michael Guigou. Il sait mettre le feu dans la défense adverse en utilisant ce changement de position. A Dormagen, j’ai pu évoluer, cette année encore, en juniors où j’ai une grosse responsabilité, en équipe réserve (en N1), où c’est plus rustique mais idéal pour s’aguerrir et au final, je me suis retrouvé en D1. Je suis arrivé dans ce club à 9-10 ans et je n’ai connu que cet environnement de Dormagen. Ca compte beaucoup pour moi.

La notion de modèle, ça compte chez vous ?
J’essaie de regarder plusieurs joueurs, notamment parmi ceux de l’équipe de France. Mais également d’autres avec des styles différents comme les Danois, les Allemands ou les Espagnols. Quand je regarde jouer Balic, j’aimerais avoir son explosivité, sa vision du jeu !  Quand je regarde Narcisse, j’aimerais avoir sa détente. Même les pivots m’intéressent. Mais je ne veux pas les copier, simplement m’en inspirer et être moi-même.

Vous qui évoluez en Allemagne, qui connaissez certains jeunes de la Mannschaft, au plan mental, qu’est ce qu’ils ont de plus que les Français ?
Nous, c’est vrai, on est une équipe qui aime bien rigoler, avec en plus, un petit grain de folie. Les Allemands c’est pareil mais en plus discipliné. Dans les clubs allemands, il n’y a pas trop de place à la déconne.

Votre progression, vous la voyez comment ?
Mon rêve bien sur, c’est de pouvoir un jour être aux portes de l’équipe de France A. Mais ça, il faut le mériter, travailler pour. Je n’ai pas honte de la dire. J’ai envie d’aller en France A. Déjà, il faudra que je m’affirme en club, sur le plan physique notamment. De France juniors à France A, il y a un énorme fossé Des fois, il y a un décalage entre ce qu’on dit et ce qu’on fait mais moi j’ai envie d’aller de l’avant.

Propos recueillis par Yves Michel

La journée s’annonce somptueuse
Programme chargé ce vendredi avec notamment les matches de classement entre la 5ème et la 8ème place et surtout les demi-finales de cet Euro 2010.

La France reste dans le carré final, non pas des demis (hélas) mais de cette phase de classement. Et lorsqu’on fait le tour des équipes qui restent en lice à ce niveau, il n’y a que du beau monde. A commencer par l’Espagne, adversaire des Français ce vendredi à partir de 15h00. Les deux formations se connaissent très bien et leur dernière opposition remonte à janvier dernier au Tournoi des 4 Nations en Allemagne, où elles s’étaient quittées sur un score de parité (27-27). Reste à savoir comment les Espagnols auront digéré l’immense déception après leur « quart de finale »  perdu face aux Slovènes et surtout si les Français sont disposés à stopper une inquiétante spirale de défaites. Se placer le mieux possible dans cette phase de classement ne sera pas inutile. Surtout lorsqu’il faudra désigner les futurs chapeaux des groupes qualificatifs au prochain mondial 2011.  L’autre match de classement opposera dès 12h30, l’Islande à la Suède. Les deux équipes avaient terminé respectivement 2ème et 3ème du dernier Mondial 2009 des moins de 18.

Voilà deux affiches qui mettront en appétit. Mais n’en déplaise à ces quatre équipes, le morceau de choix de la journée restera à venir avec les demi-finales. Un inédit entre le Portugal et la Slovénie (17h30) et un classique entre l’Allemagne et le Danemark (20h).

Classique… puisque les deux formations se partagent la vedette chez les jeunes (U18 et U20) depuis déjà quelques temps. Dans cette catégorie d’âge, avantage aux Allemands champions d’Europe 2008. Ils seront grands favoris face aux Danois même s’ils ont été battus lors du dernier match du tour principal, par la Suède (26-29). Une « remontée de bretelles » s’est imposée le soir même. Face aux Nordiques, Steffen Fäth et ses coéquipiers auront donc le short bien accroché.  La clé du match : chaque défense bien sûr et la prestation des deux meilleurs gardiens du tournoi (Oliver Krechel pour les Allemands et Jonas Hansen pour le camp d’en face). 

A l’heure d’engager la partie, les deux équipes connaîtront le nom du premier qualifié pour la finale. Slovénie ou Portugal ? Les paris sont ouverts entre deux formations qui n’ont que très peu de points communs. Opposition de style entre la finesse des Portugais et la puissance athlétique des Slovènes. Autre duel à suivre dans cette rencontre : la prestation du buteur de chacune des deux équipes. Ce sont les deux arrières droits, deux purs gauchers. Sur nos photos de gauche à droite, le Lusitanien, Joao Ferraz (26 buts) et le Slovène Gasper Marguc (30 buts).  

Le Portugal investit sur l’avenir
Ils sont entrés dans la compétition à pas feutrés, sans trop faire de vagues. Les joueurs de la sélection portugaise sont allés crescendo. Israël, puis la Slovaquie, l’Islande, puis le Danemark et enfin la France ont été épinglés au tableau des trophées. Le Portugal dont la carte de visite est vierge de tout titre majeur, est la seule équipe invaincue du tournoi.  Ce vendredi à 17h30, elle ouvre le bal des demi-finales face à la Slovénie que l’on connaît plus, par la qualité de ses clubs (Celje, Gorenje). Rencontre avec Rolando Freitas, l’entraîneur de la sélection portugaise (notre photo)

Vous êtes la (bonne) surprise de cet Euro ?
Nous savions en venant ici qu’au moins huit nations étaient au dessus de notre niveau. Parmi ces huit nations, nous en avons écarté trois. Ce n’est pas mal. Nos débuts ont été difficiles mais l’équipe a trouvé toutes les ressources nécessaires pour s’imposer. Nous avons été souvent derrière au score. Notre groupe est homogène et les remplaçants se sont très bien intégrés. Avant d’arriver en Slovaquie, nous avions eu une bonne préparation physique mais peu de matches amicaux (deux seulement contre la Norvège B et le Portugal B) mais en maintenant une bonne dynamique et de la confiance, nous avons pu compenser.

Vous avez un match référence ?
Il y a bien sûr ceux contre l’Islande et le Danemark où nous gagnons d’un but mais je dois vous dire franchement que j’ai été étonné de la facilité avec laquelle nous avons pu battre la France. Nous étions qualifiés, j’avais mis quelques cadres au repos et je m’étais dit que la France piquée au vif la veille face à l’Islande, allait nous battre.   

Vous voilà en demis…
Si à notre arrivée ici, on nous avait dit cela, j’aurais signé tout de suite. Au Portugal, l’argent ne va pas au handball. Comme dans beaucoup de pays, c’est le football qui ramasse tout. Mais depuis quelques jours, je sens bien qu’il se passe quelque chose. Les radios m’appellent, les médias parlent de notre progression. Si ces résultats permettent d’attirer des sponsors, de séduire des jeunes et des spectateurs, la mission sera remplie. Je serais aussi satisfait que dans un très court terme, certains de nos joueurs (juniors ou seniors) puissent signer dans des clubs huppés. Le match contre la Slovénie sera très difficile mais on ne changera rien à notre façon de faire. Et si on peut passer, on ne s’en privera pas.

Consternation dans le camp espagnol
Un des joueurs de la sélection a fait les frais mercredi soir, du climat de passion (pour ne pas dire de terreur) qui entoure la rencontre de coupe d’Europe de football Slovan Bratislava - Belgrade programmée ce jeudi à 20h30. Une douzaine de hooligans apparemment serbes, désireux d’en découdre avec l’autochtone et l’étranger en général, s’en est prise aux joueurs espagnols qui effectuaient un léger décrassage autour d’un lac à proximité de l’hôtel. Parmi le plus touché, le demi centre Juan Castro Alvarez qui souffrant de plusieurs contusions, a du être conduit à l’hôpital. Il s’en tire avec une belle frayeur et plusieurs ecchymoses sur le côté droit du visage. Ce jeudi, toutes les délégations ont été invitées à limiter les sorties et à rester dans l’environnement de l’hôtel. Le quartier où se disputait le match, a été bouclé et les forces de police ont été renforcées dans la zone. Belle ambiance !

Reportage en direct de Bratislava réalisé par Yves MICHEL (www.rtl-lequipe.fr)

 

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