De notre envoyé spécial à Londres, Yves Michel...
Ultime match de poule pour la France qui au-delà d’une qualification déjà acquise pour un quart de finale, a besoin d’une victoire référence face à un adversaire suédois très solide pour se rassurer et aborder la suite de la compétition dans d’excellentes conditions. Les camarades de Jérôme Fernandez restent avec le goût amer d’une (courte) défaite face à l’Islande.
Alors bien-sûr, la France a chuté. Non pas lourdement, seulement d’un petit but face au vice-champion olympique islandais et s’il n’y avait pas eu l’épisode douloureux de la Serbie et de l’Euro complètement raté, il n’y aurait pas lieu de s’inquiéter. Sous les yeux des envoyés des principales équipes du tournoi olympique, les joueurs de Claude Onesta ont (re)donné quelques espoirs à ces mêmes futurs adversaires. Faut-il considérer que cette défaite face à l’Islande annonce de nouveaux lendemains qui déchantent ou alors est-ce un simple accroc comme il peut y en avoir en phase de poule ? Chez les messieurs, à l’exception des Islandais et des Croates qui ont réalisé un carton plein (4 matches – 4 victoires), toutes les autres équipes ont laissé des plumes dans l’aventure. L’Espagne, un des favoris du tournoi, a failli d’un but face au Danemark qui lui-même a lourdement chuté contre la Croatie (11 buts). Chez les filles, le scénario est le même. La Norvège qui depuis une olympiade a tout gagné ou presque, est tombée face aux joueuses d’Olivier Krumbholz et face aux Espagnoles de la fleuryssoise Nely Alberto. Bref, s’ils veulent effacer les quelques doutes qui planent sur leur capacité à défendre leur titre, Jérôme Fernandez et consorts n’ont plus qu’à apporter un démenti cinglant en s’imposant tout d’abord face à la Suède et en préparant de la manière la plus minutieuse qui soit, leur quart de finale contre l’Espagne ou le Danemark.
La Suède… parlons-en ! Elle est en embuscade dans ce groupe A ex aequo en points avec la France et comme les Tricolores, elle a chuté d’un but face à l’Islande. Les compteurs sont donc remis à zéro pour cette ultime confrontation. Et de l’avis de Stefan Lovgren, véritable monument du handball suédois (en photo alors qu’il portait encore le maillot de Kiel en 2009), rien n’est joué d’avance. « Il faut se satisfaire de ce qu’on a, d’autant qu’en juin, notre équipe a loupé sa qualification pour le Mondial 2013. Ici, nous avons fait des matches sérieux et nous aurions pu gagner contre l’Islande. Dans l’ensemble, je suis vraiment satisfait du comportement de nos joueurs. » Le champion du monde 99 et quadruple champion d’Europe (de 1996 à 2002) a observé toutes les formations présentes sur ces Jeux. Pour lui, il n’y a pas de surprises. Les favoris seront au rendez-vous. « Tous ceux qu’on attendait sont là. La Croatie a fait une bonne impression mais vous savez, à partir des quarts, on peut dire que c’est un nouveau championnat qui débute. » Et la France, mon cher Stefan ? A vrai dire, lorsque nous avons rencontré le mythique meneur de jeu de la Suède des années 90-2000, l’équipe de Nikola Karabatic et Titi Omeyer (anciens coéquipiers de Lövgren à Kiel jusqu’en 2009) n’avait pas affronté l’Islande. « Bien-sûr que leur Euro a été catastrophique et je pense qu’ici ils vont vouloir prouver à tout le monde qu’il ne s’agit que d’un problème passager. Pour moi, la France est favorite pour la médaille d’or. C’est la force qu’a cette équipe, l’Euro a été mal préparé, les Jeux, certainement pas ! »
Dans le camp français, sans être euphorique, l’ambiance est recentrée sur les objectifs. Pas question que les certitudes cèdent la place aux doutes. « Il faudra faire un match très sérieux contre la Suède, martèle Jérôme Fernandez pour arriver bien en place sur le quart de finale. De toute façon, les Jeux, on le sait et on l’a vécu par le passé, ça ne commence qu’en quart. On a profité de la journée de dimanche pour bien se préparer. » Jérôme Fernandez qui samedi a été le joueur tricolore le plus efficace (9 buts à 90%) se veut à dessein, rassurant. Depuis qu’il est en équipe de France, le Toulousain a tout connu comme situations. Des plus grisantes où tout réussit, aux plus compliquées où rien ne va. Le capitaine tricolore marque, passe, joue à gauche, à droite, sans se poser de questions. « La position, je m’en fiche un peu. Moi, ce qui m’intéresse c’est gagner. Il y a des jours sans, des jours avec. Contre l’Islande, on a fait tomber beaucoup trop de balles pour espérer l’emporter. » Pour l’instant surtout, l’équipe de France se contente d’utiliser les moyens dont elle dispose et Claude Onesta donne la priorité aux joueurs qui lui paraissent les plus frais et surtout en confiance. L’entraîneur national souhaiterait que Xavier Barachet, Michael Guigou et Guillaume Joli puissent très vite retrouver la plénitude de leurs capacités. Dans le cas contraire, dès mercredi, il pourrait donner sa chance au 15ème homme, William Accambray. « Le plus important dans l’histoire, conclue Jérôme Fernandez, c’est que pour ce rendez-vous des quarts, on soit physiquement et mentalement prêt. » Pour accéder au dernier carré, les Tricolores n’ont plus trop le choix.
Stats défavorables mais...
En 57 ans, la France a rencontré la Suède à 49 reprises pour 31 défaites, 14 victoires et 4 nuls. Les trois dernières confrontations ont été favorables à la France...
Janvier 2008 Euro en Norvège (tour préliminaire) 28-24
Janvier 2009 Mondial en Croatie (tour principal) 28-21
Janvier 2011 Mondial en Suède (demi-finale) 29-26
A Malmö, les Français avaient maîtrisé la rencontre de bout en bout dans le sillage de Bertrand Gille et Michaël Guigou (8 buts chacun) et une défense intraitable mise en confiance par un Titi Omeyer en fusion qui avait contenu les assauts de l'ancien nantais Kim Ekdahl du Rietz (notre photo).