L'exploit Yonnais est authentique ! La Roche s/Yon remonte en N1 un an après l'avoir quitté. Une saison qui se termine par des barrages d'accession gagnés à l'arraché. St Malo qui pleure, La Roche qui chavire de bonheur : c'est la dernière image de cette saison de N2 riche en émotions. Handzone revient avec vous sur la montée en puissance du club Yonnais, véritable porte-drapeau du handball Vendéen.
21-19 : suspense total à 15 secondes de la fin de ce barrage d'accession. Battu à l'aller 23-20, La Roche s/Yon se doit de battre d'au-moins 3 buts son concurrent Malouin...
Et pourtant, c'est St Malo qui prend rapidement les devants grâce à l'intenable Erwan Caer, meilleur marqueur du match avec 8 buts. Arnaud Langevin et Christophe Gilbert butent sur l'impeccable portier Breton, Ladislas Kopec. Les Yonnais finissent par égaliser, sous l'impulsion d'Antoine Giraudeau, et appuyent petit-à-petit sur l'accélérateur : 15-11 à la mi-temps.

Anthony Hobbé
La Roche bénéficie de rotations plus importantes : Christophe Gilbert, précieux ce samedi soir, mène les débats. Thibault Larignon sort le grand jeu dans sa cage et Langevin, encore lui, enquille les buts. Plus homogène, la formation Yonnaise prend même 6 buts d'avance en début de seconde période (17-11). Mais, St Malo, qui a déjà raté l'accession pour pas grand chose l'an passé, ne s'en laisse pas compter. L'ambiance est étouffante, plus de 1.000 spectateurs se sont entassés dans la Salle Omisports Yonnaise. Supporters Yonnais et Malouins n'en finissent pas de pousser leur équipe à la victoire. Dominique Fressier et les frères Caer mènent à bout de bras une équipe Malouine qui retrouve des forces et grapille progressivement son retard. Kopec tient la baraque. Résultat : 21-19, St Malo est pour l'heure en N1.
Ultime minute, c'est le money-time. Dernières balles de match : Alan Caer seul face à Thibault Larignon voit son tir repoussé par le gardien des Rouges et Blancs. L'emblématique goal de La Roche, le point rageur, fait basculer le match. C'est du délire dans la salle ! Ultime attaque vendéenne : Khalid Zouhair tente un dernier coup de folie, le Marocain est stoppé irrégulièrement par un défenseur Breton. Jet de 7 mètres, l'incontournable Arnaud Langevin s'avance : balle de match dans les mains de l'ex-Falaisien. Ladislas Kopec s'emporte et prend deux minutes. Langevin face à Le Cam : à la rage, le goléador Yonnais marque son pénalty et c'est La Roche qui repasse en N1 : 22-19. 11 secondes à jouer : dernier temps-mort. St Malo a 11 secondes pour marquer, La Roche 11 secondes pour tenir. L'ultime possession Malouine : à l'abordage, les joueurs d'Ile et Vilaine verront leur dernière tentative annihilée par la défense Vendéenne.
Du délire dans la salle, les joueurs de Guillaume Sorin exultent et partagent cet exploit avec un public conquis par le spectacle. Effondrés, les Malouins de Michel Gourdel regardent les scènes de joie Vendéennes. Pourtant, tellement dignes face à une défaite injuste, ils auraient 1000 fois mérité de rejoindre la N1. Pour un seul petit but ! Eux qui ont scoré à 727 reprises en championnat. La liesse continuera jusqu'à tard dans la soirée : Laurent Sorin, l'ancien coach Angevin, congratule son frère. Dominique Soulard, le président, n'en finit plus de recevoir les félicitations des fidèles de La Roche.

Christophe Gilbert
Saison mémorable pour La Roche sur Yon : et pourtant, bien peu de monde aurait parié sur une remontée immédiate en N1. D'abord parce que le départ de nombreux titulaires a l'intersaison a réduit l'effectif. Lanterne rouge à la clôture du dernier exercice, La Roche aura vécu une saison noire l'an passé. Surprenant aussi parce que La Roche n'a pas recruté en nombre : les maigres recrues, venant de N2 ou d'excellence Régionale ont néanmoins apporté leur pierre à l'édifice. Le coach Sorin "nouveau sorcier" a eu le nez fin. A force d'avancer masqué (régulièrement 4 ou 5ème), la Roche s'est piqué au jeu. Outre une assise confortable à domicile (1 seule défaite), les Yonnais ont pris un grand nombre de points face à ses adversaires directs (Pau Nousty, Mainvilliers, Toulouse). Et ceci, jusqu'à cet ultime virage, La Roche bat à domicile Pau Nousty, alors second. Dernier match de la saison régulière à Lormont. Menés de 6 buts en seconde période, les Yonnais montrent une grosse solidité mentale pour l'emporter in-extrémis. Certains parlent de hold-up, d'autres parlent d'un collectif Vendéen courageux et accrocheur.
Et il faut l'avouer que l'équipe, réduite en nombre par obligation, s'est recentrée autour de joueurs clés. Thibault Larignon, seul joueur de l'effectif à avoir connu la première montée en N1 en 1995! Il est le gardien indispensable au sept Vendéen. Régulièrement à point nommé pour sauver la Roche en N1, force est de constater que Thibault Larignon n'est pas "le champion de sa rue". En pourparlers actuellement avec ses dirigeants, Larignon a continué l'aventure grâce à cette équipe, une "bande de copains" comme il aime à le rappeler. Et c'est vrai qu'à les voir tous ensemble, le constat est saisissant. Les anciens joueurs de Falaise (ex-N1) tiennent une part prépondérante dans le dispositif : Arnaud Langevin, meilleur buteur de N2 avec 260 buts, est le "Monsieur 10 buts par match", écoeurant bon nombre de gardiens adverses. Mais aussi, Anthony Hobbé, l'imposant pivot, est le capitaine, le fédérateur de l'équipe. La "Falaise Connection" s'agrandira l'an prochain puisque Bertrand Martin, ex-Conflanais, vient de signer.
Damien Marquis, second gardien, n'aura pas beaucoup joué mais certainement beaucoup appris. Khalid Zouhair, l'ailier de poche, est la mobylette de l'équipe, enfilant les contre-attaques vitesse grand V. Florian Hémard s'est imposé comme un solide défenseur. Ilias Nagnonhou, arrière imprévisible, c'est le risque-tout de la bande, parfois pour le pire, souvent pour le meilleur. Mamadou N'Doye traîne efficacement sa grande taille devant la défense. Demi-centre à tour de rôle, Christophe Gilbert et Hocine Rafai auront été précieux dans l'animation, bénéficiant d'un temps de jeu plus conséquent que par le passé. Antoine Giraudeau, mi-ailier mi-arrière, a souvent été précieux dans les moments clés. Moins souvent utilisés, Littré, Tenailleau et Morin auront néanmoins contribué à la montée Vendéenne. Grand organisateur du renouveau Yonnais, Guillaume Sorin a su redynamiser son groupe : La Roche en N1, une belle surprise cette année, nul doute qu'une confirmation est à attendre pour la saison prochaine.