Depuis sa création en 2004, la Ligue Nationale de Handball (LNH) gère et organise les compétitions professionnelles de handball : le Championnat de France de Division 1 Masculine et la Coupe de la Ligue.
Sous l’impulsion de la LNH, la notoriété du handball s’est développée, les clubs poursuivent leur professionnalisation et les budgets sont en constante augmentation. Le handball possède tous les atouts pour conquérir le grand public et les médias : des règles faciles à comprendre, un jeu spectaculaire avec près de 10 000 buts par saison, des gestes techniques rares, des matchs au dénouement incertain avec de fréquents renversements de situation. Des études montrent d’ailleurs l’intérêt croissant des Français pour le handball.
La LNH souhaite, via les droits de diffusion liés à cet appel d’offres, porter le handball professionnel vers une nouvelle dimension médiatique et ainsi continuer son développement.
Un appel d’offres en trois lots
Cet appel d’offres, qui concerne exclusivement les droits audiovisuels du Championnat de France pour les trois prochaines saisons sportives (2008/2009, 2009/2010, 2010/2011), est décomposé en trois lots :
L’appel d’offres concernant les droits audiovisuels de la Coupe de la Ligue sera lancé ultérieurement.
Des droits de diffusion au service du développement du spectacle sportif
Convaincue du potentiel médiatique du handball, la LNH pourrait, en s’appuyant sur des droits de diffusion accrus, proposer un produit télévisé d’une qualité inédite mettant en avant les attraits du handball professionnel. Une dimension encore plus spectaculaire des rencontres, associée à une présence médiatique élargie, drainerait alors un public, des téléspectateurs et des partenaires toujours plus nombreux.
Priorité à la visibilité
Un maximum de matchs vers un maximum de public, élargir la fenêtre médiatique du handball, telles sont les ambitions de la LNH. Les audiences actuelles et potentielles des médias candidats, ainsi que les supports et modes de diffusion des produits (hertzien, satellite, câble, ADSL, Internet, téléphonie mobile) constituent donc des critères importants dans le choix de la LNH.
La LNH pose également des modalités précises d’exploitation des différents lots. Le titulaire du lot n°1 (le “choc”) devra diffuser 26 rencontres de championnat, soit une rencontre par journée de championnat. Pour le lot n°2, si la LNH envisage qu’à terme l’ensemble des rencontres soient diffusées, elle souhaite vivement qu’au minimum 1 rencontre par journée de championnat soit retransmise.
La LNH ouverte à des droits de diffusion non exclusifs et à la co-diffusion
Convaincue que la diffusion des images par un opérateur tiers valorisera le produit détenu par le titulaire des droits de diffusion, la LNH demande aux candidats à l’appel d’offres de s’ouvrir à la possibilité de la diffusion d’images par d’autres opérateurs, notamment locaux, et à envisager la co-diffusion. L’ouverture et les intentions des candidats sur ces points auront leur importance dans les choix de la LNH.
Vers une circulation accrue des images
La LNH souhaite être propriétaire des images et en maîtriser le flux afin d’en optimiser la diffusion, notamment dans le cadre du droit à l’information.
La LNH attentive à la promotion du handball pro et de ses acteurs
Au-delà de la puissance médiatique des candidats, la LNH sera très attentive à leurs intentions dans les domaines de la promotion de la LNH, de ses compétitions et plus largement du handball professionnel. Le succès des audiences est lié à la promotion du handball. En conséquence, la LNH vise des engagements précis notamment sur la diffusion de bandes annonces, de clips institutionnels mettant en valeur la LNH, ses compétitions et acteurs.
La LNH souhaite également que les diffuseurs mettent en scène les matchs afin de créer une histoire autour de chaque rencontre et du championnat pour capter et fidéliser toujours plus d’audience.
Un dispositif technique inédit dans le handball …
Pour faire entrer le handball dans une nouvelle ère médiatique, les moyens techniques et de production doivent fortement évoluer. La LNH souhaite imposer des plans de production ambitieux afin de mettre en avant le côté spectaculaire du handball et la puissance physique dégagée par les joueurs.
… et une production déléguée
Afin d’obtenir la qualité de production souhaitée, la LNH souhaiterait être propriétaire des images diffusées. La production déléguée assurerait une qualité et une uniformité de production des images siglées LNH. La production déléguée souhaitée par la LNH donnerait un accès d’égale qualité à tous les diffuseurs quels que soient leurs objectifs et optimiserait la livraison des images aux diffuseurs potentiels.
Interview d’Alain Smadja, Président de la LNH
Sur quelle période va courir la procédure d’appel d’offres des droits de diffusion du handball professionnel ?
« Les réponses sont attendues le 4 avril. Des négociations s’ouvriront alors avec un ou plusieurs candidats dont les propositions nous aurons séduites tant économiquement que qualitativement … »
Pourquoi un contrat sur 3 années ?
« L’appel d’offres court sur les 3 prochaines saisons. Ce choix d’une période relativement courte (4 ans au football ou au rugby) répond aux perspectives de développement du handball professionnel. Nous pensons en effet être en mesure de développer ce produit au minimum au même rythme qu’au cours des 3 saisons qui viennent de s’écouler. À l’issue des trois prochaines années, nous devrions donc pouvoir nourrir d’autres ambitions. Il sera préférable de ne pas attendre une ou deux saisons de plus pour concrétiser ces ambitions. »
À quel rythme s’est développé le handball ces trois dernières années ?
« Ces trois dernières années, 5 salles ont été construites ou rénovées et il existe 6 projets de nouvelles enceintes d’ici 2011. La concurrence entre les équipes de Division 1 est de plus en plus intense du point de vue sportif avec des clubs qui émergent aux côtés des valeurs sûres. Cette concurrence renforce le spectacle et l’intérêt sportif du handball. Par ailleurs des études menées dernièrement montrent que le handball possède des valeurs très bien perçues par le public et que l’intérêt des français pour le handball a augmenté de 25 % ces trois dernières années. »
Quand communiquerez-vous les résultats de votre appel d’offres ?
« Dès que nous aurons clos les négociations, c’est-à-dire potentiellement le 8 ou 9 avril. Mais il se pourrait que les négociations se prolongent jusqu’au 20 avril, l’important étant que nous aboutissions à un dispositif dans lequel chacune des parties soit satisfaite et sorte gagnante. Il nous faudra donc prendre en compte tous les éléments d’un tel dossier : le montant des droits en est un mais nous accordons aussi beaucoup d’importance à la production, la visibilité offerte, la promotion ou encore la mise en scène de notre feuilleton … »
Quel bilan tirez-vous de votre collaboration avec Eurosport ?
« Je vous rappelle qu’il reste 7 journées toutes aussi passionnantes les unes que les autres avant le dénouement du championnat. Le bilan est globalement très positif sur la chaîne toujours leader du câble et du satellite. Eurosport diffuse un match à chaque journée et notre relation est saine et franche. Nous souhaitons néanmoins avoir une juste valorisation économique de notre discipline en plein essor et passer un cap notamment en matière de production ou de promotion, points sur lesquels nous demanderons des engagements précis de la part des candidats. »
À l’issue d’une première phase de consultation du marché, quels sont les candidats potentiels selon vous ?
« Cette première phase nous a permis de rencontrer des candidats potentiels, d’échanger sur nos envies et besoins mutuels afin de présenter un projet abouti. De nombreux médias ont montré leur intérêt pour nos produits. Sans préjuger d’une proposition de leur part, des opérateurs comme Eurosport, Sport+, Orange, Numéricable, DailyMotion, lequipe.fr ou France Télévision ont été rencontrés. Rien ne dit par ailleurs que d’autres, comme les chaînes de la TNT avec lesquels nous avons entretenus des contacts, ne se manifesteront pas avant le 4 avril, une fois leur stratégie définitivement arrêtée. »
La piste Internet vous intéresse-t-elle ?
« Nous ne sommes fermés à aucune option. La diffusion via Internet nous intéresse bien évidemment. Elle peut s’envisager en tant que mode de diffusion complémentaire à la télévision, mais aussi comme un support exclusif, pour le lot magazine par exemple. Internet constitue également un excellent support pour la rediffusion, via la VOD, des rencontres avec l’accord du titulaire des droits. Il ne faut pas oublier que la majorité des opérateurs TV donnent la possibilité de visionner leurs programmes en simultané sur leur site web ou en VOD afin d’élargir leur audience. Nous devons tenir compte de l’ensemble de ces paramètres afin que l’exposition du handball professionnel soit maximum en respectant les intérêts de l’ensemble de nos diffuseurs. »
Quel montant souhaitez-vous tirer des droits de diffusion du handball pro ?
« Je ne peux donner un chiffre. Je peux vous dire que nous sommes ambitieux. Nos ambitions se fondent sur le développement du handball professionnel au cours de ces dernières saisons et de ses perspectives. Il est temps que cesse la sous-valorisation d’un produit comme le nôtre. Le montant des droits de diffusion de ces prochaines années doit correspondre au projet que nous avons pour le handball professionnel, en phase avec le potentiel médiatique actuellement sous exploité du handball. »
« Le potentiel médiatique du handball est actuellement sous exploité »
Avez-vous défini un montant minimum, un montant réserve ?
« Non, notamment car ce n’est pas uniquement une question de montant de droits. Mais nous n’hésiterons pas à déclarer cet appel d’offres infructueux si le montant des offres et leur qualité ne répondent pas à nos ambitions, à notre souhait de développement du handball professionnel, de lui offrir l’aura qu’il mérite. »
Quels sont vos critères déterminants dans le choix des diffuseurs ?
« S’il n’est pas le critère unique, le montant des droits reste tout de même le critère prioritaire ! J’insiste sur le fait que de ce montant dépendra notre capacité à développer le handball et notamment le spectacle télé. C’est une voie dans laquelle nous nous sommes clairement engagés : user des droits télés afin de faire de chaque rencontre un événement de sport spectacle. Les autres éléments qui auront une grande importance pour guider notre choix portent sur la qualité de production, l’exposition et la promotion du handball. Le choix de la LNH ne peut clairement pas reposer uniquement sur un seul critère. La proposition retenue devra allier tous les éléments qui font du produit télé un produit réussi. »
Le choix d’une production déléguée ne risque-t-elle pas de créer des réticences de candidats potentiels ?
« Je ne le pense pas dès lors que nous justifions ce choix par notre volonté d’assurer au diffuseur une qualité de production jamais atteinte jusqu’ici, avec une préparation optimum des diffusions avec les clubs, la livraison d’un produit qui répond à ses attentes tout en respectant les nôtres. Par ailleurs, nous soulignons auprès des opérateurs que leur ligne éditoriale ne sera en rien perturbée par la production déléguée, que nous n’imposerons pas nos choix mais travaillerons en concertation avec le ou les diffuseurs. »
Pourriez-vous illustrer par un exemple précis la co-diffusion ?
« Sur le championnat, j’en donnerai deux : on peut imaginer des diffusions à la fois sur les supports d’un diffuseur national et, ponctuellement sur France3 Région (à l’instar de la ProD2 de rugby). On peut également songer à diffuser certaines rencontres sur les antennes d’un diffuseur national et, en direct ou en différé, sur une chaîne locale. L’important est que le diffuseur principal, qui diffuse l’intégralité de notre feuilleton, y trouve son intérêt et comprenne que plutôt que de parasiter son offre, ces co-diffusions ponctuelles viennent le servir et lui apporter un nouveau public. »
Quel est l’intérêt d’un média de diffuser un match déjà retransmis par un concurrent ?
« Il “touche” un autre public qui n’a peut-être pas vu la première diffusion mais y pensera la fois suivante ! Mais au-delà de la co-diffusion, nous insistons beaucoup sur la possibilité pour des opérateurs locaux de diffuser des rencontres non exploitées par l’opérateur principal, avec le souci d’une large médiatisation et de constitution d’un patrimoine vidéo de qualité, exploitable d’ailleurs par le diffuseur principal. »
Pourquoi différer l’appel d’offres de la Coupe de la Ligue ?
« Nous considérons qu’il s’agit d’un tout autre produit qui doit être différencié du championnat. La Coupe de la Ligue doit avoir sa propre identité. Elle répond à des besoins et à des attentes différentes de la part du public, des partenaires, des opérateurs. En outre, nous avons des projets d’envergure sur cette compétition. Si ces projets se concrétisent, la compétition prendra une tout autre dimension. Il convient de concrétiser ces projets avant de lancer l’appel d’offres. »
Quand l’appel d’offres de la Coupe de la Ligue sera-t-il lancé ?
« Je pense que d’ici le mois de mai, nous pourrons apporter les précisions nécessaires à la valorisation de cet événement et lancer ainsi l’appel d’offres pour la Coupe de la Ligue. »
Communiqué de presse de la LNH