Battu vendredi dernier à Cesson-Sévigné (28/20), Saint Marcel Vernon a perdu sa seconde place au général au détriment d’Aurillac. Des cantaliens justement prochains adversaires des normands dans l’une des affiches de la 19ème journée, qui va nous permettre d’y voir un peu plus clair… Enfin peut-être !
ON PEUT FAIRE DIRE à peu près tout ce que l’on veut aux chiffres… Mais il arrive parfois qu’ils parlent tout seuls. En effet, jamais Saint Marcel Vernon n’avait réussi à ramener autre chose qu’une défaite de la banlieue rennaise depuis qu’il fréquente la D2. Que ce soit lors de la saison 2004/2005 (sous Lathoud - 30/23) ou l’année suivante (avec Zovko - 28/26). Est-ce à dire que l’endroit est maudit ? Assurément. Puisque le résultat de vendredi dernier a confirmé la donne. Faisant par conséquent des irréductibles bretons, la véritable bête noire des protégés du président Mériel. D’autant qu’avec un moins huit (28/20) au final, l’addition est lourde et exactement aussi salée qu’à l’aller (19/27). De fait, Cesson-Sévigné aura pris six points (sur 6 possibles) face aux partenaires de Delaporte qui depuis cette fichue défaite à Besançon en décembre dernier semble considérablement marquer le pas (3 succès en 7 matchs) après un début d’exercice plutôt prometteur. On y reviendra plus tard…

Raphanel et Jukic montrent la voie
Bien sûr, avec un peu plus de réussite et malgré un effectif toujours réduit à onze unités, les normands auraient très bien pu s’imposer lors de cette 18ème journée. Surtout après cette entame de match où le SMV menait relativement bien sa barque (3/5, 9ème), bien calé derrière un Josko Jukic brillant sur sa ligne en 1ère période (11 arrêts) et une défense 5-1, tout en se reposant sur le bras de Stéphane Raphanel (auteur de 4 des 5 premiers buts de son équipe). Il ne restait plus qu’à tenir bon la barre. Etre suffisamment lucide et concentré malgré la débauche d’énergie que suscite l’absence de banc. D’autant que la formation de Dragan Zovko a déjà par le passé gagné des matchs en utilisant seulement huit ou neuf joueurs. On pense aux succès contre Aix en Provence du mois de novembre ou Billère plus récemment. Etre capable de tenir le cap en s’appuyant sur une certaine rigueur lors de chaque action, chaque tir, chaque duel (défensif ou offensif), chaque détail…

Avant que Potteau et Ternel ne répondent
Ce fut malheureusement tout le contraire lors de la seconde période ! Et on en revient à ces chiffres. Vingt buts inscrits sur cinquante deux tentatives (soit 38,46 % de réussite aux tirs) qui, ajoutés aux treize pertes de balle, donnent une explication plus rationnelle à cette cinquième défaite de la saison, la seconde de suite après celle face à Mulhouse. La faute également et surtout à Nicolas Potteau ainsi que Romain Ternel côté cessonnais. Le premier était tout simplement monstrueux dans ses cages. 23 arrêts à plus de 53 %. Inutile de faire un dessin… Le second quant à lui, n’a jamais cessé de peser sur la rencontre comme en témoigne ses stats personnelles faites d’un 8/11 aux tirs, d’une passe, de deux interceptions et d’un contre. Tant et si bien que les bretons allaient prendre rapidement les devants au tableau d’affichage (15/11, 34ème puis 21/16, 44ème et enfin 25/17, 51ème) pour s’imposer finalement 28/20 sans que personne ne puisse contester ce résultat.

Deux matchs pour savoir
Du coup, Saint Marcel Vernon a (de nouveau) glissé sous la ligne des futurs… prétendants à la LNH perdant une place au général (et quelques certitudes) au détriment d’Aurillac, vainqueur pour sa part des béarnais. Le SMV voit même le leader nantais prendre un peu plus le large (5 points d’avance désormais) et arriver à grand pas un autre larron, qui n’est autre que Dijon… Doit-on en déduire que les normands ont abandonné toute forme d’ambition lors des douze journées à venir ? Pas nécessairement. Il ne faut pas s’arrêter à la froideur des constats mathématiques et se projeter plus en avant. Il y a par la force des choses encore trente six points à prendre d’ici la fin mai et autant de possibilités de voir la donne s’inverser. D’ailleurs, on devrait être rapidement fixé. Et pour s’en convaincre, il n’y a qu’à se pencher sur le calendrier des coéquipiers de Miguel Gracia…

Une page se tourne ?
Un calendrier compliqué avec la venue samedi des cantaliens au Grévarin (19ème journée) qui sera suivie d’un déplacement à Nantes (20ème journée). Deux matchs qui nul doute devraient être décisifs dans la quête du graal et nous permettre d’y voir beaucoup plus clair sur les chances de chacun. Deux matchs pour se refaire la cerise et oublier cette foutue impression de gâchis qui ne cesse de s’accentuer au fil des défaites. Reste que sur les bords de Seine, on vous dira que l’objectif est avant tout de se maintenir tout en obtenant le meilleur classement possible. C’est vrai ! Et tant pis pour ceux qui pensent le contraire et qui vont en sourire… N’empêche l’occasion est belle pour Saint Marcel Vernon de faire mieux et de retrouver qui sait, un niveau qui était le sien l’an dernier. Sportivement parlant… Car le droit d’entrée chez les grands a un prix, le droit d’exister en a un autre. Les normands l’ont appris à leurs dépens. Tout ceci se chiffre. Pour ce faire, le président William Mériel et son équipe dirigeante semblent décidés à faire des choix, quitte à tourner une page à la veille de fêter les dix ans d’existence du club. Et on a coutume de dire que choisir… C’est se priver.
Sébastien Gibeau
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