Après les championnes du Monde Russes, place aux championnes d’Europe Norvégiennes ! Pour ce dernier match de tour principal à Metz, la France finissait de gravir son Himalaya en se heurtant aux Katya Nyberg, Gro Hammerseng, Karolyn Breivang, Kristin Riegelhuth et autre Katherine Lunde. Une vraie partie de plaisir mais aussi le risque de voir les Françaises replonger dans un non match comme face à la Russie. Certes la 4° place était acquise depuis la victoire face à la Macédoine et définitive après la défaite face aux Russes, mais voir lâcher de nouveau les Bleues devant le public messin n’était sûrement pas la meilleure chose à envisager. Partir jouer les quarts de finales face à l’Allemagne ou la Roumanie après deux lourdes défaites n’aurait pas été du meilleur goût au niveau de la confiance et du jeu. Et même si le niveau de jeu des Nordiques semble encore trop haut pour que la France vienne logiquement les titiller, et d’une la logique, le groupe d’Olivier Krumbholz n’en a jamais fait sa tasse de thé, et de deux même en cas de défaite il fallait qu’elle soit la « meilleure » possible.

Solides et déterminées
Et le début de match allait vraiment être dans cette ligne que se devait d’avoir les Bleues. Une 5-1 défensive avec Véronique Pecqueux Rolland devant très efficace devant une Valérie Nicolas qui faisait chauffer la marmite à arrêts d’entrée de jeu pour le domaine défensif et une attaque ou entre Camille Ayglon prenant ses responsabilités dès le début et une Sophie Herbrecht bien que prise en stricte qui faisait avec tout ce qu’elle avait pour faire enfler le score, la France s’offrait un départ de rêve menant rapidement 6-2, tellement rapidement que Marit Breivik était obligée de prendre son temps mort au bout de seulement 8 minutes de jeu, les Françaises bloquant parfaitement l’arme principale des Championnes d’Europe, la montée de balle avec un repli défensif très performant.

La Norvège reste la Norvège
Temps mort qui allait avoir plus qu’un effet positif sur les Nordiques. Replaçant leur jeu offensif, plus compactes en défense et donc récupérant enfin de bons ballons à jouer vite, les coéquipières de Gro Hammerseng recollaient au score à la vitesse de l’éclair avant de passer tel un TGV devant les Bleues médusées et qui venaient de prendre un 6-0 qui obligeait à son tour Olivier Krumbholz à prendre son temps mort devant l’inefficacité complète de son attaque à trouver des solutions et butant sur une Katrine Lunde en grande forme elle aussi. En 8 minutes de jeu, la Norvège avait fait complètement basculer le match en sa faveur alors que le début de match avait vu des Bleues convaincues qu’elles pouvaient et convaincantes pour le public qu’elles le feraient.

Tout repart enfin
Le trou noir n’allait heureusement pas durer aussi longtemps que face à la Russie, retrouvant une défense de haut rang avec une Valérie Nicolas aux quatre coins du terrain mais surtout impressionnante dans les buts, perdant moins de ballons offensivement et chargeant Véronique Pecqueux Rolland de jouer les magiciennes funambules sur les montées de balles, les Tricolores recollaient aux basques des Rouges à 10-10 avant que Gro Hammerseng envoie un missile chasser les mouches sur jet de 7 mètres et que Makaan Tounkara joue un coup parfait avec toujours la pivot de Dijon pour permettre aux Bleues de virer en tête d’un petit but à la pause.

En attendant, ce sera la Roumanie
La nouvelle du 1/4 de finale promis face à la Roumanie au lieu de celui attendu face à l’Allemagne venant à la mi-temps du match, tout était presque parfait pour que les Françaises puissent offrir un vrai feu d’artifice final au public messin. Restait à continuer sur le rythme de cette fin de première mi-temps emballée en emballante, tenir les promesses de jeu offensif et défensif faites. Tout cela allait devenir du ferme et du tangible à l’occasion des premières minutes de jeu, même réduites à une de moins, les Bleues arrivaient à répondre quasiment du tac au tac aux Norvégiennes, Sophie Herbrecht jouait son rôle de leader d’attaque, Makaan Tounkara les funambules sur son aile droite et Myriam Borg les costauds des halles. Restait à contenir les Riegelhuth, Hammerseng et autre Snorroeggen pour finir le travail au mieux.

Ayglon plane encore sur le match
Et comme face à la Macédoine, la jolie Nîmoise, la petite dernière du groupe allait être un des déclencheurs de la domination française dans le premier quart d’heure de jeu de cette mi-temps. Camille Ayglon allait faire un show grand siècle enchaînant buts, interceptions et courses pour propulser ses couleurs vers un +4 qui sonnait le temps immédiat de la pause pour les Norvégiennes. Marit Breivik ressortait sa stricte sur Sophie Herbrecht, Kristin Riegelhuth se multipliait sur son côté droit, Katrine Lunde paradait à tout va, mais la France restait bien campée sur son avance au point d’entamer les dix dernières minutes avec toujours ce très joli pactole de 4 buts d’avance sur les Championnes d’Europe.

Même la grande Norvège baisse pavillon
Il ne fallait s’attendre à ce que la Norvège accepte la défaite comme cela ! Resserrant les boulons en défense avec notamment Katrine Lunde toujours aussi performante dans les buts, les Rouges allaient entamer une course poursuite qui faisait passer plus qu’un frisson de trouille dans les Arènes de Metz. Ne trouvant plus les bonnes solutions, jouant parfois des coups un peu trop solitaires, les Bleues passaient à deux doigts de ne compter qu’un but d’avance à 3 minutes de la fin. Val Nicolas sortait « The » parade, enfin encore une de plus, Sophie Herbrecht livrait son corps à la défense pour arracher un jet de 7 mètres plus une exclusion et la France pouvait s’envoler vers cette victoire certes de prestige mais qui devrait donner tout ce que cherchait le clan tricolore : De la confiance et une assurance avant de partir pour Bercy pour jouer sans doute ce qui sera « LE MATCH » de ce Mondial. Cette porte ouverte vers les demi-finales face à la Roumanie, une Roumanie qui ne devrait pas pouvoir offrir plus de jeu que les Norvégiennes dans un Bercy en flamme. Et quand on voit ce qu’on fait les Françaises face à cette Norvège, l’optimisme, certes mesuré mais bien réel, peut-être enfin de mise pour cette fin de semaine « Mondialesque »
A Metz, Arènes
Le 11 décembre 2007 à 19h15
France – Norvège : 26 – 24 (Mi-temps: 11-10)
4 500 spectateurs
Arbitres :
MM GEIPEL L. et HELBIG M. (Allemagne)
Statistiques du match

France
Gardiennes
1 LEYNAUD Amandine 0/1 pen.
16 NICOLAS Valérie 60’ 15/38 dont 1/5 pen.
Joueuses
4 KANTO Nina
5 AYGLON Camille 4/7
8 PECQUEUX ROLLAND Véronique 3/3
10 HERBRECHT Sophie 6/17 dont 3/4 pen.
13 WENDLING Isabelle
14 BORG Myriam 4/6 dont 1/1 pen.
17 DEMBELE Siraba 2/4
18 GUEHL Delphine
20 TERVEL Rafaelle 0/1
21 TOUNKARA Maakan 5/7 dont 0/1 pen.
22 PIEJOS Katty 2/5
24 SIGNATE Mariama 0/3

Norvège
Gardiennes
12 PEDERSEN Terese 0/1 pen.
16 HARALDSEN Katrine Lunde 60’ 14/37 don’t 2/6 pen.
Joueuses
2 JOHANSEN Anette Hovind 0/1
3 NYBERG Katja 3/5
4 AAMODT Ragnhild 0/1
5 SNORROEGGEN Goril 6/11 dont 3/4 pen.
6 LYBEKK Else-Marthe Sorli
7 NOSTVOLD Tonje 1/3
8 BREIVANG Karoline Dyhre
10 HAMMERSENG Gro 4/5 dont 2/3 pen.
11 JOHANSEN Kari Mette 2/5
12 PEDERSEN Terese
13 FRAFJORD Marit Malm 2/4
17 SULLAND Linn 1/4
18 RIEGELHUTH Linn Kristin 5/10
Photos : Vincent Esch