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Les Juniors ont eux aussi le droit de rêver
International/Euro

Seconde étape dans cet Euro juniors 2010 avec un sérieux challenge pour les Français qui dimanche, n’ont pas réussi à battre le Danemark et empocher les fameux 2 points de bonus. L’Islande ce mardi, que cette tranche d’âge n’a encore jamais battue et le Portugal, mercredi, se dressent sur la route. Il faudra éliminer tour à tour ces deux équipes si Kentin Mahé et ses potes veulent se retrouver en demi-finale.

Ils auront le temps la semaine prochaine de penser à leur club respectif ou bien plus tard, de taper dans l’œil d’un sergent recruteur venu faire son marché pour les futures saisons. Pour le moment, les joueurs français sont investis d’une mission, d’un devoir même. Un devoir d’audace à jeter tout ce qu’ils ont dans les deux joutes qui leurs sont proposées. Les seniors « A » de Karabatic, Fernandez et compagnie, tiennent le haut du pavé aux quatre points cardinaux de la planète, et toute la France du handball s’en enorgueillit. Les juniors tricolores ont légitimement le droit de vouloir écrire leur propre histoire. Qui se souvient de ceux classés 10èmes à l’Euro autrichien de 2006 ou letton de 2004 ? En revanche, on reparle encore de la bande à Di Panda, qui en juillet 2008, alors que personne ne s’y attendait et même ne s’intéressait à elle, s’est hissée sur la 3ème marche du podium de l’Euro roumain. 

Pour la plupart de ces « gamins », cet Euro sera le dernier disputé. Il serait navrant de passer à côté.

Côté ambiance, le moral est comme le ciel slovaque, sans nuage et au beau fixe. Les 16 joueurs et leur staff ont profité de la journée de repos pour s’évader de leur hôtel, s’oxygéner la tête et visiter le centre historique de Bratislava (photo ci-dessus). Côté physique, Valentin Porte qui a fait d’ultimes essais sur son genou gauche, ce lundi matin sous le contrôle de doc’ Guégan, sera aligné sur la feuille de match. Thomas Capella et Tom Guillermin seront donc soulagés dans le couloir droit et pourront se consacrer à leur mission initiale. L’arrière de Chambéry pourra mieux se focaliser sur ses appuis défensifs, et l’ailier de St Raphaël, être un excellent appoint pour Valentin Porte. Ce lundi soir après le repas et une séance vidéo, le capitaine Pierre Andry a rameuté tout son monde. Tous ceux qui avaient quelque chose à dire ont pris la parole. Histoire de bien montrer que tout le monde était concerné.

Dans le même hôtel, les autres nations encore en lice, peaufinent leur stratégie. Oscar Guttierez Aguilar est l’entraîneur adjoint de la sélection espagnole. Son équipe est aussi mal embarquée dans ce tour principal que la France puisqu’elle n’a aucun point et pire, la plus mauvaise différence de buts de l’autre groupe. Cet homme a eu un pressentiment, ce lundi. Il pronostique désormais Allemagne-France et Espagne-Danemark en demi-finale, vendredi. On ne va pas aller jusqu’à lui demander comment en arriverait-on là, mais dans le camp français, on en accepte le présage. Mais avant, il faudra ni plus, ni moins inscrire l’Islande et le Portugal à son tableau de chasse.

L’énigme islandaise
Depuis la fin des années 90, le handball islandais interpelle la plupart des observateurs. Comment un si petit pays (103 000 Km² pour 314 000 âmes) d’à peine 5000 licenciés peut-il inscrire quasiment chaque année, son nom au palmarès des principales compétitions ? Autant d’ailleurs, chez les « A » que chez les jeunes avec un titre de vice champion du Monde des moins de 18 ans l’an passé en Tunisie. 

Les Juniors islandais figuraient d’une part parmi les favoris de cet Euro slovaque au même titre que les Allemands et les Espagnols et surtout tout le monde les voyait dominer de la tête et des épaules un groupe A très déséquilibré avec Israël, la Slovaquie et le Portugal. Mais voilà, les Portugais ont été plus malins et surtout plus forts en terminant 1ers du groupe.

Les hommes de « la terre de glace » comptent bien redresser la situation. Ils en ont assurément les moyens. « Il ne faut pas tirer trop rapidement de conclusions, affirmait hier Jacky Berthollet l’adjoint de Guy Petitgirard, qui a supervisé les nordiques contre le Portugal. «Ils sont peut-être en train d’affiner leur jeu même si contre les Portugais, ils ont été souvent absents en défense et ils ont pris beaucoup de buts. Et de poursuivre : « En revanche, ils ont enchaîné très vite en montée de balle avec une bonne transmission qui les a mis en très bonne situation pour tirer. Il faudra être très vigilant par rapport à leur jeu et peut-être utiliser leurs points faibles, c'est-à-dire, être capables de s’imposer en attaque sur cette défense qui semble un petit peu fragile. » 

Le métronome de cette équipe islandaise s’appelle Aron Palmarsson (notre photo).  Le demi centre évolue depuis deux saisons à Kiel où il est une doublure de luxe pour un certain Daniel Narcisse. Mais comme tout métronome, la mécanique peut se dérégler. Jacky Berthollet a son idée sur la question : « une star dans une équipe, c’est à double tranchant. On l’a vu contre le Portugal dans le quart d’heure où l’Islande revient au score, Palmarsson n’y est pas pour rien. Aussi bien en défense qu’en attaque. Ca peut être aussi un handicap dans le sens où si un joueur domine un peu trop au sein d’une équipe, les autres lui laissent les clés et se déchargent sur lui et si en plus, il n’est pas dans un bon jour, cela peut tourner mal. » Espérons que ce mardi, le blondinet soit dans un jour sans. Quoi qu’il en soit, Kentin Mahé qui sera son body-guard pour la circonstance, n’a aucunement l’intention de le laisser briller.

YM

Confidences d’avenir à un micro
La parole est aux joueurs. Avec Kentin Mahé, Valentin Porte, Guynel Pintor ou Pierre Andry, Mathieu Grébille et Benjamin Afgour font partie des cadres de cette équipe junior. Chacun a sa personnalité mais de nombreux points communs. Notamment celui, d’avoir bénéficié de la confiance de leur entraîneur en club pour intégrer épisodiquement l’équipe 1. A 24h d’un match crucial contre l’Islande, micro ouvert donc, pour les deux espoirs du hand français.

De Mathieu Grébille, Patrice Canayer dit qu’il est une pépite à protéger. A Montpellier, le Martiniquais a répondu présent lorsqu’en fin de saison, il fallu suppléer certains cadres blessés.  Dans cet Euro, vendredi dernier, le jeune arrière gauche a connu la frayeur de sa vie. Le choc d’un ballon pris en pleine tête l’a plongé dans un trou noir. Depuis, tout est rentré dans l’ordre.

Même plan de carrière pour Benjamin Afgour à Dunkerque. Lorsque l’infirmerie s’est copieusement garnie, que Mokrani et Grocaut ont manqué à l’appel, Yérime Sylla a compté sur le pivot de l’équipe réserve. Un véritable fonceur et un très mauvais perdant. Tant mieux, en espérant qu’Islandais et Portugais l’apprendront à leurs dépens.

 

L’Allemagne au dessus du lot
C’est donc ce mardi que s’ouvre à Bratislava, le second volet de ces championnats d’Europe. Parmi les huit équipes engagées dans ce Tour principal, quatre partiront avec un avantage de 2 points.

A l’heure au rendez-vous, faisant même figure d’épouvantail tant sa domination depuis jeudi est insolente : l’Allemagne.   Un jeu d’attaque très rapide bien animé par « l’ancien » Steffen Fäth, déjà champion du Monde juniors l’an passé en Egypte (photo ci-dessus), une défense de fer, un excellent gardien (Oliver Krechel), font des champions d’Europe des moins de 18 ans, LE prétendant au succès final.

La Slovénie ne devrait pas être très loin du podium. Son empressement à croquer chacun de ses adversaires dans le groupe D (Suède, Roumanie et Croatie), a marqué les esprits. Avec une défense 1/5 très mobile, un gardien en état de grâce (18 arrêts dimanche !) et une attaque au diapason, elle n’a fait qu’une bouchée dimanche, des champions du monde (U18) croates (32-21).

Egalement dans ce cercle très fermé des équipes à deux  points, le Danemark et le Portugal.  Si la présence ici, des vice champions d’Europe (U18) 2008, n’est pas anormale et ce, malgré une opposition française qui aurait pu changer le cours de l’histoire (on ne va pas retourner le couteau dans la plaie), retrouver les Lusitaniens à pareil niveau, peut être rangé au rayon des surprises.   Absents de tous les derniers Euro des moins de 18 ans, le Portugal apporte du sang neuf dans le concert handballistique européen.

Voilà pour les favoris,  restent les outsiders. Ceux qui devront tout gagner pour espérer entrevoir les demi-finales. La France, l’Espagne, l’Islande et la Suède nourrissent le même objectif. Les quatre grands d’Europe en seniors, ont connu des fortunes diverses. L’Espagnol Isidoro Martinez est de tous ses collègues entraîneurs, le plus inquiet. Son équipe a frisé la correctionnelle lors du second match contre l’inconstante Russie (victoire de +1) et n’a rien pu faire contre l’armada allemande (défaite de -5). Qui des quatre va se sortir de cette fâcheuse posture ? Les paris sont ouverts.

Reportage en direct de Bratislava réalisé par Yves MICHEL (www.rtl-lequipe.fr)

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