Après les Danois et les Islandais, voilà qu’une autre équipe venue du Nord se dresse sur la route des Français. En jeu (maigre consolation pour une équipe de France qui avait les moyens de mieux faire), la 5ème place de cet Euro. L’occasion également de gommer le revers subi l’année passée en Tour préliminaire du Mondial tunisien des moins de 18 ans. Les Scandinaves s’étaient imposés 26-25 alors que la France menait de trois buts à la pause.
On ne va pas le ressasser trop longtemps mais depuis leur match contre l’Espagne et les résultats qui ont agrémenté la suite de la compétition (avec notamment la qualification de l’inattendu Portugal et du Danemark en finale), les joueurs français traînent d’énormes regrets. Ce dimanche, ils joueront certes, pour l’attribution de la 5ème place, ce qui en soit n’est pas déshonorant, mais ils ont le sentiment d’être vraiment passés à côté de quelque chose de beau. Désormais, cette équipe de France qui, n’en déplaise à quelques humeurs chagrines, est une vraie équipe avec de vraies personnalités, doit trouver une nouvelle force dans l’expérience qu’elle vient de vivre.
La Suède est toute aussi motivée. Présente dans le trio final de l’Euro 2008 et du Mondial 2009, elle ne peut pas se permettre de lâcher l’affaire. Pour preuve, le sursaut d’orgueil dont elle a fait preuve, vendredi, face à l’Islande, où menée de 3 buts à la pause, elle s’est finalement imposée 32 à 27. Pour les Suédois et notamment l’arrière droit Andreas Cederholm, l’objectif est clair, net et précis: « Même si nous ne nous battons pas pour un podium, il n’y a pas d’autres choix que de gagner face aux Français. Nous voulons terminer cinquièmes et nous en avons les moyens ».
Les Tricolores devront d’autant plus se méfier que la vedette et meilleur buteur de l’équipe, Mattias Zachrisson (28 buts), légèrement grippé et absent contre les Islandais, est totalement remis.
Côté tactique, les Suédois ne vont pas se métamorphoser en l’espace de 24h. Comme les Islandais et comme les Danois, ils aligneront leur traditionnelle 0/6 aplatie avec resserrement de l’espace latéral, bref, un verrou qu’il faudra bien faire sauter. Mais comme s’empresse de le faire remarquer Guy Petitgirard, « cette mise en place du jeu suédois et les nouvelles règles qui pénalisent plus notre système de défense d’homme à homme ne vont pas changer notre façon de jouer. Il y a quand même un paramètre important qui concerne d’ailleurs, toutes les équipes, c’est la fatigue accumulée. »
C’est la fin de la compétition et aucune formation n’échappe à l’usure physique. Ce samedi, l’encadrement de l’équipe de France a tenu compte de l’état des troupes. Les joueurs ont eu droit à un programme plus « allégé » que les autres jours : grasse matinée… jusqu’à 9h30. Ensuite, traditionnel débriefing où les plus diserts ont apporté leur analyse et leurs réflexions. L’après-midi a été consacrée à une séance vidéo autour du match Islande – Suède et à un décrassage à la carte de 45 minutes. Kentin Mahé (adducteurs douloureux), Valentin Porte (gêne au genou gauche) et Benjamin Afgour (douleur au niveau du sacrum) ont été préservés. Le staff médical très sollicité depuis plus d’une semaine, veille au grain.
A moyen terme, le fait de se classer 5ème peut avoir toute son importance. Notamment lorsqu’il va falloir déterminer les chapeaux pour la qualification en vue des championnats du Monde 2011 (du 17 au 31 juillet en Grèce). Cette phase de qualification aura lieu les 7,8 et 9 janvier. L’idéal serait que le tirage au sort désigne tout d’abord, la France comme pays organisateur de son groupe et ensuite, des adversaires « adaptés ». Guy Petitgirard voudrait par exemple éviter des équipes comme la Serbie, la Croatie ou la Russie et surtout, ne pas aller les jouer chez elles, dans un cadre « particulier ». Les Français devraient être fixés sur la question d’ici un mois.
Entre-temps, chacun aura regagné ses pénates et son club. Une autre aventure pourra commencer.
YM
Confidences à un micro
La dernière confrontation entre Français et Suédois remonte à l’an passé au Mondial tunisien. Meilleur buteur de l’équipe française sur ce match, Xavier Moreau avec six réalisations. Le demi centre tricolore connaît fort bien l’adversaire scandinave et sait comment le manœuvrer.

Les Conquistadores portugais
Pour peu, le Portugal serait presque gêné par ce qui lui arrive. En début d’Euro, personne n’aurait misé sur un pays qui ne compte que 40 000 handballeurs licenciés et dont l’histoire reste à écrire. Désormais décomplexés, les joueurs de la Seleçao ne veulent laisser à personne et certainement pas aux Danois, l’opportunité de monter sur la 1ère marche du podium.
Depuis quelques jours, les lignes ont bougé pour le handball portugais. Débarquée en Slovaquie sans grandes ambitions, si ce n’est une qualification (a maxima) pour le Tour Principal, la sélection juniors a apporté un vent de fraîcheur sur le hand européen.
Invaincue depuis son 1er match, elle a enchaîné les succès tout en gardant une forme de discrétion et de modestie. Il est vrai que le succès facilite bien des choses. Preuve de leur spontanéité, les Lusitaniens se sont même étonnés de pouvoir jouer des tours à des nations comme l’Islande, la France, le Danemark ou la Slovénie qu’ils considéraient comme étant d’un bien meilleur niveau que le leur. « A Bola » (l’équivalent de « L’Equipe ») vante depuis peu, les performances de la jeune seleçao. Au pays où le football est roi, où la moindre incartade concernant Cristiano Ronaldo met la foule en émoi, s’intéresser au handball est une révolution en marche. Ce samedi matin, une photo des juniors conquérants barre la une du site « desporto.pt » avec ce titre: « Historique : le Portugal en finale»
Vendredi soir, à l’issue du succès après prolongations sur la Slovénie et surtout lorsque ses coéquipiers lui sont tombés dessus, Nuno Silva, un des cadres de l’équipe n’a pas réalisé tout de suite ce qui lui arrivait. Le temps de rassembler ses esprits, et l’arrière gauche de la Seleçao avait retrouvé toute sa lucidité : « c’est vrai que c’est incroyable mais nous sommes en finale. Contre le Danemark que nous avons déjà battu dans cet Euro mais le contexte sera différent. C’est une finale et une finale, cela ne se joue pas. Cela se gagne ! » C’est dire le degré de motivation qui anime désormais cette formation atypique qui pratique un handball à la fois rigoureux et généreux, dans le pur style carioca. Contre le Danemark, il s’agira bien là d’un choc de cultures. Le style latin opposé au style nordique. Les Danois, poids lourds des palmarès chez les jeunes (2ème à l’Euro chez les U18 et 1er chez les U20 en 2008) face au Portugal à la carte de visite vierge de tout trophée. Et Rolando Freitas, l’entraîneur de la Seleçao n’a pas hésité à faire ce rapprochement : « pour nous, le Danemark au handball, c’est comme le Brésil au football ».
Les deux formations se sont donc déjà rencontrées dans ce championnat d’Europe et le Portugal s’est imposé d’un petit but à quelques secondes de la fin.
Mais les Danois ont l’habitude et l’expérience de ce type de rendez-vous. Chez les jeunes, le Danemark est le pays qui s’est qualifié le plus souvent possible à un carré final de championnat européen ou mondial. Ce qui peut constituer un atout, tant l’aspect psychologique d’une finale est si important. Eliminer une équipe d’Allemagne qui est véritablement tombée de haut, est un incomparable booster. Et puis, il y aura de la revanche dans l’air. C’est tout simplement contre le Portugal que les Nordiques ont enregistré leur seule défaite du tournoi.

La consolante pour la Mannschaft
Les Allemands ne se sont toujours pas remis de cette défaite sur le fil concédée à une équipe danoise plutôt chanceuse. Samedi, Martin Heuberger, leur coach (photo ci-dessus) a du faire appel à de multiples stratagèmes pour les remotiver. La culture de la gagne reste ancrée dans les gènes de la Mannschaft et remporter la médaille de bronze au détriment de la Slovénie relève presque d’un devoir. Aux Slovènes de se mobiliser et refaire le coup du Caire l’an passé où la génération 88-89, avait pris le meilleur sur la sélection égyptienne pour être sur la photo de famille aux côtés du Danemark et… des Allemands qui eux, étaient alors sur la plus haute marche.
Un dimanche de fête
Trois matches et trois belles affiches sont proposés aux amoureux de handball présents à Bratislava.
Dès 14h00, match pour la 5ème place entre la France et la Suède
A 16h30, match pour la médaille de bronze entre l’Allemagne et la Slovénie
A 19h00, la grande finale entre le Portugal et le Danemark
Reportage en direct de Bratislava réalisé par Yves MICHEL (www.rtl-lequipe.fr)