C'est gagné ! Il aura fallu attendre la dernière journée de championnat et la victoire hier sur Mios pour voir les Messines décrocher un quatorzième titre national.
Superbe bouquet final de serpentins et de confettis pour un magnifique quatorzième titre de Metz, le troisième d'affilée. Ouf, mais que ce fut dur. Comme on pouvait le prévoir, et c'est tout à son honneur, Mios a donc poussé les protégées de Sandor Rac dans leurs derniers retranchements. Normal, les banlieusardes bordelaises ne sont pas troisièmes par le fruit du hasard.Dans la cohue, l'indescriptible joie ambiante et le brouhaha général, la délivrance de toute une saison longue et éprouvante est fêtée par un collectif à bout de force, mais terriblement heureux de ce dénouement sur le buzzer. « C'est un énorme soulagement, lâche un Rac ému aux larmes. Notre victoire est méritée, comme ce sacre qui récompense notre régularité. » Et même si son groupe a connu un coup de pompe phénoménal - quatre défaites en cinq matches - il a su réagir merveilleusement en allant s'imposer à Besançon il y a huit jours avant ce clap de fin somptueux, hier aux Arènes. « Nous voulions sans doute plus gagner que Mios, reconnaît le coach serbe de H2ML. Nous étions crispés face une formation qui, elle, était décontractée car elle était sûre de disputer une coupe d'Europe et de garder sa place sur le podium. »
Cette assurance a sans doute pesé lourd, dans la tête et les jambes des partenaires de Myriam Borg-Korfanty, radieuse malgré ce revers : « Nous sommes venues pour jouer et ne pas fausser le championnat. Je suis heureuse car c'est notre meilleure saison et nous disputerons la Coupe de l'EHF. Mais je suis également très contente pour Metz qui est un beau champion. » Joli hommage de l'ancienne capitaine des Bleues. Car cette couronne n'est pas tombée du ciel. Les filles du président Thierry Weizman sont allées la décrocher au talent, mais aussi au courage et grâce à un engagement de tous les instants. Inhibées à certains moments par cet extraordinaire enjeu, les Messines ont eu du mal à imposer leur jeu rapide, perdant beaucoup de balles (vingt) converties en autant de contres. Mais le cœur est toujours là dans les grandes occasions. Le bras de Lenka Kysucanova et de Vesna Horacek, les réflexes étonnants d'Amandine Leynaud, la combativité d'Isabelle Wendling et de Nina Kanto, les envolées de Delphine Guehl et de Katty Piejos, la vista d'Hélène François et de Rachida Hadj... tout cela s'est confondu hier dans un collectif insatiable.
Le Havre, qui espérait à distance un faux pas de son concurrent direct pour le sacre, en a donc été pour ses frais. Comme l'année dernière, d'ailleurs. Les Normandes échouent une nouvelle fois à un point de Metz. « Oui, nous avons eu peur, confesse Sandor Rac. Oui, nous avons peut-être douté parfois. Non, nous n'avons jamais baissé les bras. Physiquement et mentalement, on était prêt. » Prêt à écrire une nouvelle page glorieuse du grand livre de Metz.
