Metz marque son territoire
Les Messines n'ont pas fait de détail, hier devant Issy-les-Moulineaux : leur victoire par douze buts d'écart en dit long sur leur envie de ne rien lâcher. Le leader est féroce.
Laminé, lessivé, nettoyé... Issy n'a pas tenu la distance, hier à Saint-Symphorien. Douze buts d'écart en faveur des Lorraines : le compte est bon. Et le fauteuil de leader n'est pas prêt d'échapper aux protégées de Sandor Rac. « On a réalisé une première mi-temps pratiquement de rêve, sourit l'entraîneur serbe de Metz. Nous aurions pu gagner de vingt buts, mais l'important était également de donner du temps de jeu à celles qui en ont moins d'habitude. Là, tout le monde a eu sa chance. » Rachida Hadj, Aurélia Guillaut, Johanna Gomez, Pavla Poznarova et Sonia Cendier ont ainsi pris part au festin. Avec une belle gourmandise.
Car, H2ML ne badine pas en fermant la porte d'entrée. Issy-les-Moulineaux se casse alors les dents sur une époustouflante Linda Pradel (vingt arrêts, dont deux penaltys) et sa défense intraitable. Illustration de la détresse des banlieusardes parisiennes : au buzzer, Sophie Herbrecht rejoindra le vestiaire avec un 2/14 au tir. Ses coéquipières ne font guère mieux : 5/21, soit 23 % de réussite lors des trente minutes initiales. Enfin, il serait plus juste de parler de 77 % d'échec.
De son côté, Metz est sur un nuage. Avec une telle gardienne, les choses sont plus faciles. Encore faut-il ne pas manquer les occasions qui se présentent. A cet exercice, les championnes de France en titre sont impériales. Elles réalisent une de leurs meilleures prestations. Brillantissimes derrière, Isabelle Wendling et ses amies vont voler la balle aux quatre coins du terrain. Vesna Horacek (8/10) affole Leïla Hadi et ses camarades qui ne peuvent que constater les dégâts. 17/25 (68 %) en première période pour un très joli 30/52 (57 %) au total : quel carton des Messines !
Et encore, l'euphorie aidant, les partenaires de Lenka Kysucanova ratent des immanquables, forcent des tirs ou adressent quelques mauvaises passes. Cherchant leur second souffle, elles restent même dix minutes sans marquer et encaissent un 4-0. Qu'importe ! Ne viennent-elles pas de passer un 7-0 aux Parisiennes (de 9-4 à la 15e à 16-4 à la 27e). Le plus dur est fait. Personne n'en veut aux championnes de lever un peu le pied puisque l'issue de la rencontre n'a jamais fait l'ombre d'un doute. Seule la marge est une inconnue.
Et puis le principal, depuis la défaite du Havre à Dijon (23-22) mercredi, est de creuser l'écart sans jeter toutes ses forces dans la bagarre. Yutz, mercredi en Coupe, et Le Havre dimanche en championnat : les objectifs sont de ce côté. En tout cas, hier, Metz a impressionné tous les observateurs.
Crédit photo: Vincent Esch