Engagés dans un match de prestige face au roi d’Espagne, la mythique équipe de Ciudad Real, Montpellier savait que non seulement la défaite lui était interdite mais qu’en plus la victoire devait se faire avec au moins 4 buts de plus que les champions d’Espagne. Un sacré challenge pour avoir le droit d’être encore en vie dans cette poule de la Champion’s League. Même si les espoirs n’étaient que très minimes, puisque même en cas de victoire il fallait que les leaders de la D1 aillent s’imposer dans la vieille salle de Gummersbach jeudi prochain. Mais avant de se projeter dans l’avenir il fallait tout simplement battre une équipe invaincue dans cette compétition, tout un programme…
Malgré un début de match un peu hésitant surtout de la part du leader de la cohorte bleue, Mladen Bojinovic, Montpellier faisait exactement ce qu’il fallait faire pour mettre le doute dans les têtes espagnoles. Défense de fer devant un Daouda Karaboué encore une fois phénoménal, activité de tous les instants et montées de balles à 100 à l’heure qui donnaient le tournis aux défenseurs de la Mancha. Passé le 3-1 initial pour eux, les Espagnols encaissaient un 6-0 qui obligeait Talant Dushebaev à prendre son temps mort au bout de seulement 12 minutes de jeu, signe qu’il y avait un tantinet le feu dans la maison ibère. Il faut dire que sur ce rythme avec un 7-3 en moins d’un quart d’heure, Ciudad risquait quand même de finir avec un grosse fessée au bout des 60 minutes de jeu.
Entre Issam Tej au four de l’attaque et au moulin de la défense, entre le duo de gauchers Tomas – Burdet et son pendant Honrubia – Hmam à gauche, il y avait de quoi faire perdre son flegme au plus endurci des sujets de sa majesté Elizabeth, alors les sujets de Juan Carlos… S’état un peu la panique dans les têtes. Même si les entrées de Alberto Entrerrios et Rolando Urios mettaient un peu de mieux dans les systèmes offensifs espagnols, la solidité défensive restait tout de même l’apanage des locaux et si les débats s’équilibraient, le patron du jeu était encore et toujours le MAHB dans ce match de rois.
L’initiateur de la révolte espagnole allait être le même que celui de la domination héraultaise. Le gardien ! Avec quelques arrêts assez somptueux, José Hombrados permettait à Ciudad Real de revenir complètement dans le match, l’attaque espagnole trouvait les bons intervalles pour enfin avoir des tirs faciles face à Daouda Karaboué et ainsi revenir complètement dans la partie même avec quelques unités de retard au tableau de marque. Sauf qu’entre le cauchemar de David Davis au tir, complètement dans le brouillard face à Doudou Karaboué et un Wissem Hmam en état de surpuissance, Montpellier arrivait a se remettre de son petit coup de moins bien et finissait en trombe la première période avec ces fameux 4 buts d’avance, il fallait seulement tenir encore 30 minutes sur ce rythme…
Heureusement pour les espoirs de Montpellier, même l’infériorité numérique subie en fin de première période et active en début de la seconde ne changeait rien à l’affaire. Les artilleurs espagnols continuaient leur cauchemar face à Daouda Karaboué, Issam Tej continuait à faire plier toute la défense espagnole et comme au début du match, Talant Dushebaev était obligé de prendre son temps mort au bout de 10 petites minutes de jeu tellement cela sentait le cramé pour ses joueurs. Sauf que cette fois ci, le temps mort ne changeait rien de rien. Issam Tej continuait le massacre des innocents, Wissem Hmam à planter des banderilles dans les échines espagnoles et bien sur Daouda Karaboué à faire tourner les tireurs adverses en bourricots de base, résultat +9 pour Montpellier.
Restait l’arme du défi physique à Ciudad Real pour essayer de renverser la vapeur de cette partie si mal engagée pour leurs couleurs, et les Espagnols l’utilisaient avec délices pour tenter de déstabiliser les esprits montpelliérains. Cela marchait un peu, pas énormément mais suffisamment pour faire revenir Ciudad Real à 6 buts mais avec seulement 10 minutes à jouer, pour espérer renverser la vapeur et gagner ce match, il fallait que les Espagnols se lancent dans une opération de folie avec en premier lieu arriver à battre ce diable de Doudou totalement « In the zone » depuis le début de ce match. Après il ne fallait plus prendre de buts pratiquement, seulement entre Alexandre Tomas, Issam Tej et Mladen Bojinovic, il y avait trop d’atouts au MAHB en attaque pour que Ciudad puisse renverser la tendance globale du match. Restait à essayer de conserver les 3 buts d’avance et dans ce domaine, avec l’aide de deux exclusions pour le moins sévères au vue des images, le champion d’Espagne va arriver à sauver ce qui devait l’être !
Montpellier a fait son exploit et dans cette semaine de folie ou ils vont devoir aller à Gummersbach pour un sacré choc et la finir avec le duel tant attendu face à Chambéry en Savoie. La première marche a été gravie avec brio, il manquait deux petits buts pour vraiment continuer à espérer, mais depuis la défaite en Slovénie les actions montpelliéraines en Champion’s League étaient proches de 0, alors autant se contenter de cette superbe victoire devant son public.
A Montpellier, Palais des Sports René Bougnol
Le 1 mars 2008 à 20h30
Montpellier AHB - BM Ciudad Real : 28 - 26 (Mi-temps : 15-11)
3 200 spectateurs
Arbitres :
MM Antonio Goulao et José Macau (Portugal)
Statistiques du match