Président de l’USAM depuis 2003, Yann Gallouédec a décidé de démissionner de son poste de président avant la fin de son mandat. Il justifie sa décision par le manque de soutien des collectivités territoriales. « Je suis depuis 5 ans le mécène, le sponsor, le banquier du club et pourquoi ? Je passe plusieurs heures par jour pour aider, trouver des solutions, démarcher et inviter des partenaires pour quel résultat ? », explique-t-il, amer, dans son communiqué.
Exaspéré par ce qu’il juge comme un manque d’investissement des partenaires publics, Yann Gallouédec a décidé de passer la main. Le club nîmois reçois 600 000 € de la ville de Nîmes, 190 000 € du Conseil Général du Gard et 35 000 € de la Région Languedoc-Roussillon.
La Municipalité nîmoise a de son côté tenu à réagir dans les colonnes du Midi Libre. « Nous n'avons pas assisté à l'assemblée générale parce que le maire, Jean-Paul Fournier, a voulu souligner le manque de correction de la démarche du président de l'USAM et de son conseil d'administration, explique Pascal Gourdel, adjoint aux sports. On sait le contacter pour venir demander de l'argent supplémentaire, comme l'an dernier pour régler le problème avec l'URSSAF, mais pas pour l'avertir d'une démission à la présidence. Nous rappelons que la ville de Nîmes a toujours montré son intérêt pour le handball en général et l'USAM en particulier qui reçoit une aide pas très éloignée de celle de Nîmes Olympique. […] D'autre part, je remarque une nouvelle fois que nous sommes toujours sollicités pour des problèmes de gestion et pas pour évoquer des dynamiques sportives. Il y a, à l'USAM, un problème financier à éponger qui est antérieur à cette saison et que le club n'a pas su résoudre. » L’été promet d’être chaud à Nîmes !
Le communiqué de Yann Gallouedec
Le 16 juin 2003, le Conseil d’administration de l’USAM Nîmes Gard m’a élu à l’unanimité président. La mission était périlleuse, délicate puisque le conseil d’administration précédent venait d’être démissionné sans ménagement. Le challenge était de réunir un pool de partenaires forts pour que le club en 4 mois à peine de compétition dégage un bénéfice de près de 200 000 € pour éponger les pertes et permettre à la Fédération française de handball d’autoriser le club à évoluer en D1. Le budget de l’époque était d’environ 600 000 €. Souvenons-nous que peu de personnes à l’époque, souhaitaient cette fonction. Ce challenge nous l’avons réussi et le club a continué sa course en D1.
Le handball véhicule une image de sport propre où l’on a plaisir à venir en famille voir les matchs. Toutes les personnes qui viennent au Parnasse repartent contentes et quel que soit le résultat. Jamais il n’y a eu une sécurité ostentatoire nécessaire pour notre public. Alors sans demander des sommes astronomiques, nous attendions des réponses claires pour savoir si les collectivités locales voulaient soutenir le sport de haut niveau dans notre région. La réponse est malheureusement non.
Notre club s’investit tout au long de l’année dans les quartiers difficiles, dans les écoles, dans les lycées, dans les communes de Nîmes Métropole, partout où l’on peut amener du bonheur. Le club a plus de 600 licenciés, possède la troisième plus grosse affluence de France à l’occasion des matchs de l’équipe première. Je suis depuis 5 ans le mécène, le sponsor, le banquier du club et pourquoi ? Je passe plusieurs heures par jour pour aider, trouver des solutions, démarcher et inviter des partenaires pour quel résultat ?
J’ai fait des choix pour l’USAM en effectuant pas mal de sacrifices. Moins de temps avec ma femme, mes enfants, ma famille, mes entreprises. Pourquoi ? Pour voir glisser doucement mais sûrement le club vers la D2… Je me suis investi personnellement à 300 % pour dynamiser, retrouver le lustre d’antan de ce formidable club. Il est constitué de gens tout aussi formidables, des licenciés aux bénévoles, des supporters aux parents. J’ai contacté plusieurs investisseurs pour créer une société qui permettrait de scinder l’équipe première des autres équipes, mais dans la mesure où nous n’avons pas un socle fait par les collectivités locales, comme dans toutes les villes de handball, comment les entraîner dans une galère ? Les collectivités sont sensibles à ce travail mais n’ont pas mesuré ou pas voulu constater le retard que nous avons pris vis-à-vis de tous les autres clubs ou les autres villes. Qui connaissait Guingamp avant que leur équipe de foot se révèle ? Qui connaissait la Paillade en France avant qu’un chef d’entreprise s’occupe du foot, hormis dans la rubrique des faits divers ?
Nous avons la chance d’avoir une équipe de 1ère division masculine dans un sport Olympique et nous passons à côté. Nous avons une équipe de foot en L2 (pour l’instant), une équipe de rugby en 4e division et une équipe de hand féminine performante certes, mais qui n’attire pas plus de 500 personnes par match. Nous avons des joueurs du Groupe France que j’ai rencontrés et qui viendraient à Nîmes pour la réputation de son équipe. Jackson Richardson a réellement failli venir à Nîmes comme il l’a écrit dans son livre. Il est fort dommage de ne pas s’en rendre compte…
Alors, lors de notre dernier Conseil d’Administration du 23 juin, j’ai informé les administrateurs de ma volonté de ne plus continuer à assurer la présidence de l’USAM. Je ne souhaite pas précipiter les choses et je ne changerai donc pas le calendrier que j’avais annoncé : je vais assurer jusqu’à la première semaine de juillet, les affaires courantes et convoquerai un nouveau CA pour entériner ma démission, voire celle du conseil d’administration. J’avais toujours dit que je n’étais attaché ni à la place, ni aux gros titres dans les journaux mais que j’étais très attaché au club et à l’aventure humaine de l’USAM. Les faits confirment ce que j’ai toujours dit. Les présidents se sont succédés à l’USAM. Personne n’est indispensable à l’USAM et je souhaite que l’investissement que j’ai pu donner sans retenue au club trouve sous peu le fruit de ce travail.
Sachez que je ne regrette rien et je garderai tous les matchs en tête, celui où plus de 4000 personnes pour le derby ont vibré, mais surtout ceux qui étaient précédés des présentations de toutes les équipes de jeunes. Nous avons créé du bonheur, fait vibrer les supporters et donner des yeux émerveillés à nos jeunes supporters devant les joueurs de l’équipe une. Pour toutes ces valeurs dans un monde compliqué où chacun a des préoccupations diverses, cela valait le coup ! Je resterai supporter de l’USAM, partenaire si on me le demande, que l’équipe participe aux joutes européennes ou évolue en D1 ou en D2.
J’étais simple abonné avec ma famille quand le club était en D2, je suis prêt à le redevenir si c’était le cas. Je n’en veux pas aux collectivités locales, mais c’est leur choix. Je vous remercie très sincèrement et vous demande d’être derrière la nouvelle équipe dirigeante.
Yann GALLOUEDEC