Dimanche à 16h45, l’équipe de France féminine de handball retrouve Pau et son Palais des sports de 6500 places avec pour mission de battre l’Autriche afin d’obtenir une qualification pour le prochain Euro qui se déroulera à la fin de l’année au Danemark et en Norvège. Ce n’est pas gagné mais les Tricolores partiront favorites.
Depuis le 20 décembre 2009 et leur titre de vice-championnes du Monde, les joueuses d’Olivier Krumbholz ont changé de statut. Elles ont désormais une obligation de résultats et la prochaine échéance des championnats d’Europe prévus en décembre chez les Vikings sonnera comme un rendez-vous incontournable.
Avant d’en arriver là, elles devront brillamment passer la phase de qualification entamée en octobre 2009 avec un groupe très jeune (à peine 24 ans de moyenne d’âge) par deux succès face à l’Islande et en Grande Bretagne, et poursuivie, cette semaine, par une 3ème victoire en Autriche. Arrivent le rendez-vous de Pau et les retrouvailles avec les Autrichiennes qui pourraient définitivement les mettre à l’abri de toutes mauvaises surprises. Mais voilà, l’adversaire se dit coriace et l’a prouvé mercredi à Vienne. Ballotées en première période, les Françaises ont bien cru qu’elles ne s’en sortiraient pas. Mais cette équipe tricolore a mûri et ce qui aurait pu se transformer en naufrage, a pris des allures de résurrection grâce à une défense retrouvée et à une attaque incisive animée par une Cathy Piéjos en état de grâce (8 buts). Piquée au vif et frustrée d’avoir concédé un revers sur ses terres (24-27), l’Autriche s’est promise de réagir en conséquence en musclant sa défense, en trouvant des solutions pour contrer le jeu rapide de son vis-à-vis et en espérant que sa gardienne Petra Blazek, son pivot Simona Spiridon et sa meneuse Gorica Acimovic aient autant de réussite que mercredi, sinon plus.
Mais il est un élément inattendu qui pourrait perturber la sérénité des joueuses transalpines. A Pau, la France sera plus que jamais chez elle. La capitale du Béarn est un lieu porte-bonheur pour des filles en quête d’exploits. Les 6500 spectateurs-supporters sont un véritable atout. Le 8ème élément en quelque sorte. Demandez aux « anciennes » de 2007 (Ayglon, Dembélé, Herbrecht, Leynaud, Pineau ou Tervel), ce qu’elles en pensent. Toutes ont gardé un excellent souvenir de l’accueil de ce public durant les trois matches préliminaires du Mondial.
Cette rencontre dominicale sera aussi le 200ème match en bleu disputé par la capitaine Raphaëlle Tervel revenue en grande forme de Larvik en Norvège où elle a commencé une nouvelle expérience avant de rebondir à la fin de la présente saison, peut-être plus près de ses bases bisontines. Match particulier également pour l’arrière droite Alexandra Lacrabère et l’entraîneur-adjoint Eric Baradat qui officieront devant famille et amis puisqu’ils sont originaires de la cité paloise. Pour toutes ces raisons, il serait dommage de manquer ce rendez-vous crucial.

Camille Ayglon veut étoffer son palmarès
Elle est la joie de vivre personnifiée. Son accent chantant du pays des cigales n’y est pas étranger. Voilà (à peine) trois ans que Camille Ayglon traîne ses baskets en équipe de France. Celle qui a fêté mercredi dernier, sa 80ème sélection et qui depuis deux saisons, s’était exilée à Metz, retrouvera dès juillet prochain, son club formateur, le HBC Nîmes. « Bambi » comme l’appelle affectueusement son entourage, s’est prêtée avec plaisir à l’exercice du question-réponse.
C’est une bonne opération réalisée en Autriche avec ce succès qui vous place en très bonne position pour la qualif…
Nous sommes vraiment ravies d’avoir gagné, ce n’était pas la même équipe qu’on avait rencontrée au Mondial en Chine avec deux très bonnes joueuses en plus. C’était assez difficile. Après un début de match en demi-teinte, on a réussi à se retrouver et à gagner là-bas.
Le match retour sera plus facile ?
Attention car je pense qu’elles doivent être très déçues du résultat du match aller parce qu’elles ont été souvent devant. Par moments, elles sont parvenues à nous mettre vraiment en difficulté et en défense, nous n’avons pas su répondre présentes pendant 60 minutes donc je pense qu’elles viennent à Pau avec l’ambition de gagner. Mais il n’y a aucun risque que nous les prenions de haut.
Mais à Pau ? Vous serez dans votre jardin….
Oui, c’est vrai, il y a une belle histoire entre Pau et l’équipe de France. Au Mondial, le public nous avait beaucoup aidé donc ça va être un plus. Je crois que toutes les places ont été vendues et c’est encourageant. La salle de Pau fait partie de mes préférées et figure parmi mes plus beaux souvenirs au niveau des spectateurs et de leur ferveur.
A titre personnel, vous êtes dans le rythme. Le match en Autriche en témoigne
J’ai été assez satisfaite mais c’est une victoire collective même si certaines joueuses se sont illustrées comme Cathy Piéjos qui a inscrit huit buts. L’entraîneur a fait tourner l’effectif et chacune a apporté sa contribution. De la même manière en défense, si on n’a pas utilisé tous nos systèmes, il y a eu des rotations et c’est un point positif.
Vous êtes en équipe de France pour cette qualif à l’Euro 2010 et en club, avec Metz, vous êtes engagée sur tous les fronts donc, très sollicitée. La fatigue et le risque de blessures, cela se gère comment ?
C’est assez cohérent car par exemple, le staff de l’équipe de France ne nous a réunies que le mardi (soit la veille du match) donc nous avons eu un week-end pour nous reposer. De toute façon, les cadences infernales, on y est habitué depuis octobre avec le début de la Ligue des Champions. On sait qu’on a beaucoup de matches peut-être jusqu’au 12 juin. C’est la fin de la saison mais c’est aussi le meilleur. La période où on dispute les phases finales des compétitions.
Des phases finales que vous disputerez avec Metz. Un club que vous quitterez en juillet afin de revenir à Nîmes, votre club de toujours….
C’est un nouveau challenge après deux saisons vraiment intenses avec Metz et ce n’est pas encore terminé avec tout ce qui nous attend. Nîmes, c’est un besoin de retour aux sources avec l’ambition de faire de belles choses avec mon club formateur qui a progressé depuis ces dernières années. Je me sentais bien en Lorraine surtout au niveau handball mais c’est aussi la volonté de me rapprocher de la famille et de tous mes amis.
A ce sujet, il y aura un problème de timing puisque votre compagnon Guillaume Saurina va quitter l’USAM pour Chambéry…
C’est sûr que ce n’est pas évident mais les villes ne sont pas si éloignées. Et pour lui, c’est une belle opportunité de découvrir la Ligue des Champions donc il faut concilier le côté sportif pour tous les deux. Je le soutiens à 300% dans sa nouvelle aventure.
Concernant votre fin de saison avec Metz, vous êtes engagée en demi-finale de la Coupe des Coupes et de la Coupe de France, les play- offs du championnat et les quarts de la Coupe de la Ligue… vous voulez tout gagner ou alors, il y a des objectifs précis ?
J’avoue que d’entendre énumérer cette longue liste de compétitions encore à disputer, ça me fatigue (rires). Je crois que le championnat reste LA priorité car à Metz, personne n’envisage de terminer l’année sans le titre, il me semble que le club en a remporté 16 sur les vingt dernières années donc ça ferait désordre de ne pas l’avoir mais quelque part, la Coupe de la Ligue, on n’a pas l’intention de la lâcher non plus et la Coupe de France, ça ferait plaisir aussi car cela fait longtemps qu’elle n’a pas été gagnée. Allez, je dirais peut-être que les deux objectifs majeurs, c’est le championnat et la Coupe d’Europe. Mais on est preneur du quadruplé. Cela n’a jamais été réalisé. Ca serait sympa !
La page handball sur rtl-lequipe.fr, c’est tous les vendredis à partir de 10h05.
Dossier complet réalisé par Yves MICHEL (www.rtl-lequipe.fr)