Le SMEC est toujours reléguable, mais tout près du salut. Son président, Philippe Apelle, tire les enseignements de trop d'erreurs successives ayant conduit le club messin au bord du gouffre.
Président, comment en êtes-vous arrivé à ce stade ? « Nous avons commis des erreurs de recrutement dont je suis partiellement responsable. Et puis, nous sommes tombés dans la routine, avec un schéma tactique qui semblait cohérent. Mais le discours de l'entraîneur n'était plus entendu. Eric (Gérard) avait les compétences, mais j'aurais dû réagir plus tôt. On a également laissé partir trop de joueurs : onze départs pour quatre arrivées, même si notre potentiel jeunes est très intéressant pour l'avenir. L'annonce de mon départ a sans doute aussi déstabilisé le groupe. »
• Malheureusement, les erreurs de recrutement ne datent pas d'hier. A qui la faute ? « Tous nos entraîneurs, les délégués de l'équipe une et des joueurs, le trésorier et moi-même faisons partie de la commission. Ça fait effectivement quatre, cinq ans qu'on se plante alors qu'on avait le droit de penser pouvoir jouer les premiers rôles en D2. Aujourd'hui, nous avons un des effectifs les plus restreints et le plus jeune, avec notre classe biberon. Malgré ça, je suis persuadé de notre maintien. La semaine prochaine, nous allons nous réunir pour mettre un plan de redressement en place sur les trois ans à venir. Jean-Paul Davalis, notre partenaire principal, devrait me succéder à la présidence et je continuerais à siéger en tant que vice-président. Si le comité-directeur le veut. La saison prochaine, le SMEC fêtera ses quarante ans, dont plus de vingt en secteur Elite. Notre priorité sera de conserver nos meilleurs éléments en les entourant mieux. »
• C'est un constat d'échec que vous dressez ! « Oui, on s'est trop précipité. Mais on a fait avec nos moyens. Nous avions d'excellentes pistes qui se sont évanouies faute d'argent. On a alors paniqué. Voilà le résultat. »
• Votre seconde mesure a été d'écarter Stevan Obradovic. « Oui. Il est d'ailleurs reparti en Serbie aujourd'hui (hier mardi). Nous avons trouvé un accord à l'amiable. Nos jeunes ne comprenaient pas qu'un pro soit payé pour jouer en N3 parce qu'il n'a pas le niveau. Il nous avait pourtant été chaudement recommandé... C'est peut-être un mal pour un bien : Goemaere et Bettenfeld, nos moins de 21 ans, pourront progresser plus vite que prévu. »
• Et votre entraîneur, Stéphane Mina ? « Il nous donne entière satisfaction. Stéphane a réussi à inverser la tendance avec seulement dix joueurs de champ et deux gardiens. Nous allons donc nous voir la semaine prochaine. »
• Quel visage aura le SMEC, version 2007-2008 ? « Nous allons reconstruire un grand club, soyez-en sûr. Nous ne sommes pas dans l'impasse, mais dans une mauvaise passe. Mais on recrutera en adéquation avec nos finances. En cas de maintien, on pourrait donc voir revenir Chaouche et Versickas. Il faudra aussi redonner confiance à nos partenaires. Si on descend, nos pros (Benamor et Nielsen) partiront vraisemblablement. On se tournera alors vers les régionaux tout en continuant notre rôle formateur. Mais il sera difficile de garder des garçons comme Yvan (Gérard) qui est déjà très sollicité. Trois ans d'échecs permanents, c'est trop. Il faut reprendre les choses en main. Il nous reste cinq matches pour nous sauver. On va y arriver. »