Interview de Stéphanie CANO à l'hôtel des Françaises le lundi 3 décembre.

HZ : Peux tu nous parler des sensations vécues hier soir ?
SC : La salle était pleine, certes on s’en doutait mais la prendre ainsi dans la figure !! Cela nous a pris à la gorge. Même moi, une habituée comme vous dites.
HZ : Parlez nous du match ?
SC : L’entrée en matière a été engagée.Il fallait libérer la pression emmagasinée depuis des semaines. Mais parfois contre ces équipes au jeu fluctuant, il est difficile de jouer car les réactions sont inhabituelles.
HZ : Vous avez joué tous les coups à fond, en montée de balle, même quand l’écart s’est creusé .Vous avez voulu marquer le coup ??
SC : Le but était de lâcher les chevaux, de se mettre en confiance sur cette phase de jeu qui doit être un point fort. On devait mettre du rythme. Alors autant se simplifier la tache tout de suite. Depuis quelques temps les entraînements se sont allégés. On en avait sous le pied et on souhaitait l’exprimer.
HZ : Comment abordez vous chaque rencontre ?
SC : On se centre sur notre jeu. On cherche l’équilibre entre motivation, sérieux et rythme. Notre niveau de jeu doit devenir supérieur et on doit engranger de la sérénité pour aborder la Croatie. On prend match par match mais on sait très bien que ce match est important.
HZ : Que pouvez vous nous dire de cette équipe ?
SC : Sur la Croatie on a des images. C’est une équipe plus structurée. On connaît, c’est du haut niveau. Depuis 2003 et leur rajeunissement, elles progressent. A l’Euro, ce fut difficile.
Elles jouent le pays organisateur et cela motive. Les deux groupes peuvent se transcender pour des raisons différentes. On sera respectées, analysées.
HZ : Olivier Krumbholz essaie de faire tourner son effectif sur ce premier tour.
SC : Donner du temps de jeu et économiser les filles, c’est un dilemme toujours difficile à gérer. Pour Mariana, par exemple, elle doit avoir envie de jouer. C’est toujours dur de s’inscrire dans l’événement quand on ne joue pas.
HZ : En tant que capitaine, avez vous un rôle à jouer dans la gestion de cette compétition ?
SC : Chacune gère ses émotions de manière différente. Certaines expriment, d’autres se renferment. Au niveau de la préparation mentale, j’ai demandé une intervention au staff.Avec l’apport d’une grille de choses concrètes sur lesquelles on peut s’appuyer. Il faut s’y attacher un peu plus.
HZ : Ce Mondial en France, qui débute dans votre région, sans doute le dernier : c’est différent de ceux vécus à l’étranger ?
SC : Oui mais cela amène à se surpasser. Mon espoir c’est d’aller au JO et ensuite me consacrer à mon futur métier de kiné. Et la différence avec un Mondial à l’étranger : c’est surtout vous et votre présence plus importante et les escortes de Police !! Mais c’est bien organisé. Et Olivier fait attention à tout cela. On est bien protégé. A l’intérieur de l’Hôtel on ne voit rien. Le changement : ce sont les journalistes.