Engagées dans une finale de World Cup face à la Russie Championne du Monde en titre, les Françaises savaient que leur participation à ce tournoi prestigieux se soldait déjà par du positif bien affirmé. En dominant successivement, la Roumanie, la Suède et le Danemark, les Tricolores avaient rempli leurs objectifs plus que minimum, restait à se heurter à cette équipe de Russie aux gabarits si impressionnants et au jeu parfois totalement incontrôlable pour la majorité des équipes nationales. Mais la porte restait tout de même entre-ouverte car si il y a bien une équipe que n'aime pas jouer la Russie, c'est bien la France. A de nombreuses reprises, les Tsarines se sont cassées les dents sur cette défense tricolore qui les fait déjouer et qui leur met le jeu la tête à l'envers.
Et cette défense faisait parfaitement son œuvre dès l'entame de la partie, empêchant les grandes arrières Russes de se lancer, de jouer collectivement, le bloc mis en place devant Amandine Leynaud, de retour dans les buts après son petit pépin physique, cantonnait l'attaque des Championnes du Monde à la plus simple expression : 4 buts en 10 minutes. Mais si défensivement tout roulait pour le mieux, il n'en était pas de même offensivement. Bloquées par les grands gabarits russes en 6-0, un peu en butte aux prouesses de Maria Sidorova dans les buts, les Françaises tardaient à trouver la bonne carburation surtout qu'elles avaient en plus tendance à perdre bêtement des ballons en montée de balle. Seules Isabelle Wendling en pivot et Makaan Tounkara trouvaient les bons espaces pour alimenter la marque pour les Bleues.

C'est la sortie de Camille Ayglon, rudement secouée par la grande Elena Polenova (2 mètres) qui allait jouer le rôle de déclencheur des bonnes intentions françaises en attaque. Plus vives, plus efficaces, sachant enfin profiter des ballons de jeu rapide par Siraba Dembele et Makaan Tounkara, la France recollait au score et prenait même les devant au quart d'heure de jeu. Seule Polina Vyakhireva trouvait régulièrement les bons espaces sur son aile gauche. Tous ces problèmes, malgré que les deux équipes soient au coude à coude, rendaient un peu Evgueny Trefilov rouge de colère qui posait son temps mort pour expliquer vertement à ses protégées qu'elles ne jouaient pas selon ses envies.
Les vertes explications du sémillant coach russe allaient faire leur œuvre. De bonnes relations avec le pivot, une défense encore une peu dense, plus de patience en attaque et malgré quelques bons tirs en appui de Sophie Herbrecht, la Russie prenait un peu d'avance profitant des ballons facilement lâchés en attaque par les Bleues pour aggraver le score en fin de mi-temps surtout par Emilia Turey sur son aile droite. La fin de première partie avait été plus que difficile pour les ambitions de victoire pour les Françaises.

Photo S. Lebègue
Et ce handicap de 5 buts, les Bleues vont courir après toute la seconde mi-temps. Sophie Herbrecht lancera bien l'attaque bleue sur de bonne base d'entrée de jeu, mais la Russie avait trouvé la clef de la forteresse adverse et par Elena Dmitrieva, Ekaterina Andryushina et Uskova. C’est d’ailleurs Yana Uskova qui creusait le trou pour le porter à 7 unités au bout de seulement 5 minutes de jeu. Il fallait absolument que les filles d'Olivier Krumbholz réagissent et trouvent les bonnes solutions offensives. Cela va être fait, mais jamais elles ne pourront réellement revenir sur les talons des Russes et ainsi jouer une fin de match au couteau comme elles les aiment tant.
La Russie, sure de son avantage et de sa force retrouvée, car le début de cette World Cup ne fut pas particulièrement brillant, allait dérouler en attaque, serrer les rangs en défense et malgré les beaux numéros de Delphine Guehl et Véronique Pecqueux Rolland, rien ne pourra remettre les Françaises à flot. La victoire allait aux championnes du Monde en titre, mais au final, cette défaite ne peut pas masquer le fait que les Françaises ont certainement trouvé quelques certitudes dans leur jeu. Beaucoup d'absences auront certainement pesé lourd en fin de compétition, mais aussi elles auront permis à certaines joueuses de prendre le temps de jeu offert par ces défections, et le plus souvent avec quelques belles réussites à la clef.

Photo J.Y. Lhors
Le Mondial commence dans 5 semaines, si toutes les blessées arrivent à réintégrer le groupe, alors l'avenir des Bleues pour leur Mondial à domicile pourrait bien devenir souriant au possible.
Au Danemark,
Le 21 octobre 2007 à 16h15
France - Russie : 24 - 30 (Mi-temps : 12-17)
Arbitres :
MM Henrik Mortensen et Claus Gramm Pedersen (Danemark)
La réaction d'Olivier Krumbholz
« Je suis satisfait même s’il y a une défaite de 6 buts au final. Les filles n’ont pas fléchi même s’il y a eu de la difficulté dans le jeu. Nous avons été pénalisé également par la sortie de Camille* (Ayglon). Les filles trouvent leur marque, concluait Olivier Krumbholz. Face à la Norvège, nous avons manqué un peu de rigueur ; puis nous avons haussé le niveau tout au long du tournoi malgré les absences et les blessures de joueuses-clés. Il y a du danger sur les ailes ; les « anciennes » telles que Valérie (Nicolas), Véronique (Pecqueux-Rolland) et Isabelle (Wendling) ont été efficaces tout en apportant au groupe et en le rassurant. Nous avons remarqué un leader en attaque en la personne de Sophie (Herbrecht) et des joueuses comme Allison (Pineau) et Camille (Ayglon) peuvent monter en charge. L’investissement des filles est positif ; on sait que toutes peuvent jouer ensemble dans un contexte international malgré des fautes et malgré des blessures problématiques. Par contre, l’équipe sait que nous n’avons rien stabilisé, qu’il faut continuer les efforts. Humilité, je le répète ! »
* Camille Ayglon est sortie, légèrement sonnée, lors de la première mi-temps et n’est donc pas revenue sur la deuxième période. Aucune blessure à signaler.
Statistiques du match :
Russie
Joueuses :
Viakhireva (5/8), Poltoratskaya, Romenskaya, Postnova (6/7), Kareeva (2/4), Andryushina (1/3), Uskova (3/3), Polenova (1/2), Turey (3/4 dt 1/1 pen.), Shipilova (3/3), Levina (3/4), Kochetova, Dmitrieva (2/3), Bliznova (1/6)
Gardiennes :
Sidorova (30 min., 9 arrêts), Suslina (30 min., 10 arrêts)
France :
Joueuses :
Lambert (0/3), Ayglon (0/1), Pineau (3/12), Pecqueux-Rolland (5/7), Herbrecht (8/17 dt 2/2 pen.), Cano (cap., 1/2), Wendling (2/3), Jacquinot (0/3), Dembélé (1/3), Guehl (1/5), Tounkara (3/5)
Gardiennes :
Leynaud (49 min. 9 arrêts), Pradel (11 min., 1 arrêt), Nicolas