Le printemps arrive et comme chaque année, le tournoi de Bercy revient avec cette saison une formule plus compacte sur deux jours. Finis les matches du vendredi soir difficiles à vendre, le plus souvent avec l’annonce des chocs du tournoi pour le samedi et le dimanche après-midi. Là, la compétition commence le samedi avec des demi-finales pour se terminer le dimanche avec la finale pour la victoire et le match pour la 3° place. Bonne, mauvaise chose, la réussite finale du tournoi le dira ! Reste comme d’habitude le déroulement du tournoi, celui qui le plus souvent fait qu’il est une réussite ou non, celui qui met l’eau à la bouche de l’amoureux du handball francilien et autres.
Les autres, voilà ce qui souvent fait la différence dans la réussite populaire d’un Bercy. Ceux qui prennent le bus dès potron-minet pour s’enflammer dans cette salle devenue mythique par les résultats que l’équipe de France a pu y faire. Ceux qui soutiennent sans conditions des Bleus qu’ils n’ont que trop rarement l’occasion d’encourager de vive voix, ceux qui auront l’occasion de côtoyer leurs idoles. Ceux qui avaient pris il y a bien des années, l’habitude de remplir les travées de Bercy pour vibrer aux exploits d’un Jackson Richardson et toute une génération de joueurs « barjotant » au plus haut niveau mondial et déifiés dans cette enceinte. Ceux qui ne regardent pas forcément à l’affiche, la présence des Bleus étant largement suffisante à leurs yeux pour justifier du déplacement dans la capitale. Il semblerait que cette année, « les autres » ! Ces gens là ! En quelque sorte l’âme de Bercy aient décidé de remettre le couvert. Pour eux la Russie, le Portugal et la Grèce sont largement à même de motiver un voyage en goguette vers la Gare de Lyon, pour déclencher une envie de se peindre en bleu, blanc et rouge et hurler sa joie pendant 120 minutes à la journée, et plus si affinités.
Ces gens là, il faut leur tirer un grand coup de chapeau, il faut leur rendre un hommage à la mesure de l’amour qu’ils savent porter aux Tricolores, et même si ces colonnes n’ont et n’auront jamais force de loi, elles se doivent de participer à cette entreprise de réhabilitation de l’amoureux de la petite balle pégueuse du printemps parisien. Sans lui l’histoire n’aurait sans doute jamais été aussi belle qu’elle ne le fut et qu’elle promet de l’être.

Annoncés donc en nombre sur l’esplanade du POPB, ils pourront assister à un tournoi qui souffrira forcément un peu de la comparaison avec le Tournoi de Qualification Olympique du début juin mais qui servira forcément aussi à la construction d’un avenir olympique à cette occasion. Avec une équipe Russe qui a complètement dégoupillée en Norvège au point de se faire sortir par le Monténégro, mais qui a aussi prouvé en envoyant deux fois le champion de France au tapis, car l’équipe Russe c’est peu ou prou le Medvedei Checkhov, que son niveau était encore et toujours celui d’un top mondial. Avec une Grèce qui après s’être révélée au détriment de la France en Tunisie en a profité pour vendre du joueur à tour de bras à la surpuissante Bundesliga. Et dans le domaine, les joueurs du MAHB peuvent témoigner que le Grec à la gâchette facile et la vue acérée, ayant subit les foudres de Nicolas Alvanos, gaucher de feu du VFL Gummersbach. Enfin avec un Portugal en reconstruction, mais avec tous ses joueurs de la Liga et qui a devant lui sans doute un avenir aussi radieux que le passé affiché avec la bande à Carlos Resende, ce tournoi version 2008 de Bercy à de quoi donner beaucoup de plaisir aux spectateurs.