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Un Mondial de Handball sans HandZone (Jamais prophète en son pays)
Editos

Voilà le verdict des urnes organisatrices du Mondial est tombé, et ce qui se dessinait depuis quelques temps s'est matérialisé de façon définitive et brutale mardi après-midi. HandZone n'étant pas considéré comme un média digne d'être accrédité de façon normale, le comité d'organisation du Mondial a décidé de restreindre de façon plus que drastique le nombre de personnes de HandZone pouvant suivre le Mondial.

Impossible d'avoir une couverture complète sur les différentes poules, impossible d'avoir le moindre photographe sur le terrain et limitation de l'accès à la table de presse pour toute personne ne possédant pas de carte de presse professionnelle. Que l'USJSF (c'est à dire l'Union Syndicale des Journalistes Sportifs) fasse un tel choix, ce n'est que dans la normalité, ce serait presque "son rôle", que le comité d'organisation entérine cette décision, donnant par le fait quitus de la gestion des médias à cet organisme pour le Mondial, niant toute possibilité de faire ses propres choix est là beaucoup plus étonnant.

Depuis le Mondial 2001, HandZone n'a cessé de prouver que toute l'équipe avait de la suite dans les idées, essayant de faire toujours un peu mieux, toujours un peu plus, nous avons passé il y a quelques mois le cap des 15 000 visiteurs par jour, et cette fierté ce sont les aficionados de HandZone qui nous la procure, parler de ce que l'on aime le plus en sport : Le handball et ce, pour de plus en plus d'audience. Avec cette croissance, nous avons pu suivre le Mondial en Tunisie, l'Euro en Suisse et le Mondial Allemand, nous étions du voyage au Danemark, en Croatie pour le sacre des Bleues, du dernier Euro en Suède, etc... Aujourd'hui le nom de HandZone ouvre les portes de toutes les compétitions en Europe, que ce soit en Allemagne ou en Espagne, avec des photographes, des rédacteurs qui se déplacent à Barcelone, Kiel, Gummersbach, sans parler de Montpellier ou Chambéry, et cette reconnaissance n'est pas la moindre des récompenses. Et si dans le melting pot handzonien se mêlent aujourd’hui, journalistes professionnels (exerçant pour d’autres médias), correspondants nationaux, et amoureux du handball, unis sous la bannière du bénévolat, tous ont démontré années après années la qualité du travail et le sérieux mis à la tâche.

Cela n'a pas suffi pour que nous soyons pris en compte de façon cohérente ! Surtout que notre souci n'était que de couvrir toutes les poules, pas d'avoir 12 personnes en table de presse sur les phases finales. Nous avions prévu un rédacteur et un photographe sur toutes les poules du premier tour, pas plus... 2 rédacteurs et un photographe sur Metz pour les Bleues, et un rédacteur et un photographe sur Dijon. Tandis que pour les phases finales nous étions à 3 rédacteurs et 2 photographes pour couvrir Bercy, mais aussi Plaisir et Beauvais ! On est loin de demandes pharaoniques pour faire profiter de places gratuites pour les matches que certains pourraient imaginer. Et honnêtement, il vaut mieux payer et ne pas courir partout si on recherche la tranquillité.

Maintenant le fait est là, et si nous faisons directement les frais d’une politique aussi paradoxale tant la pratique handball peine à sortir de son anonymat en l’hexagone, le choix du Comité d'Organisation pose plus insidieusement la question de la gratuité d’une information sportive spécialisée. Ainsi, à l’heure où le handball français se prend à rêver d’un développement de la pratique et d’une reconnaissance populaire, le quidam, d'ores et déjà bien loin d’être alléché par les maigres spots publicitaires bazardés ici où là dans les villes hôtes, ne devrait découvrir le handball féminin qu’au bénéfice d’une incroyable volonté. L’envie d’acheter une PQR qui, si l’on excepte quelques titres, n’offre tout au long de l’année qu’un mince lignage comparé à celui réservé aux clubs de football de première division de district. Une presse nationale quotidienne aux paginations bien limitées, ou encore à cette télévision qui boudera une nouvelle fois l’évènement. Car avouons le, les chaines hertziennes, seules capables de promouvoir massivement une pratique sportive auprès d’un public non initié ne bougeront pas, pas avant l’hypothétique demi finale (au mieux). Autant de barrières, promptes à faire d’une chance (celle d’une organisation en France) le simple évènement temporel situé entre un tour de ligue des champions, Noël et deux journées de top 14.

Maintenant le fait est là, plutôt que de chercher à colmater les brèches faites par ces restrictions, nous avons fait le choix de ne pas couvrir le Mondial. Nous payons aujourd’hui le fait de ne pas vous avoir fait payer, et nous ne vous ferons pas l’affront d’une narration à distance, aussi indigne du lecteur que des acteurs (actrices). Vous pouvez nous en tenir grief bien évidemment, mais aussi penser que ce refus plus que partiel du comité d’organisation n'est pas d'une logique absolue. La peur de déplaire aux médias professionnels ? Le désistement d'une charge envers un organisme extérieur ? Ou tout simplement le fait de penser qu'HandZone est une quantité négligeable qui n'est là que pour couvrir les matches dont personne ne parle - dont bien sûr, les matches féminins - en temps normal ? Personnellement je n'ai pas fait mon choix dans les réponses à ces questions.

Le cœur balance entre tout cela au point de l'avoir un peu aux bords des lèvres... Il nous a été avancé des chiffres de demandes d’accréditations défiant l’entendement, plus que sur le mondial Allemand… Sauf qu’en Allemagne, il y avait des kakémonos de 20 mètres de haut tous les 500 mètres à Magdeburg, Dortmund ou Cologne et des affiches 4x3 à n’en plus finir pour ce que nous avons vu ! Sauf que pour se faire accréditer sur le Mondial Allemand, il fallait verser une caution de 150 € remboursée uniquement si vous veniez sur le lieu choisi et dans les temps choisis, sinon, par ici la monnaie… Point de système de ce genre en France, cela aurait-il eu pour effet de provoquer une inflation certaine sur les demandes ? Le nombre de chaises vides répondra sans doute à cette question, la couverture média du Mondial aussi…

Il nous restera quand même de belles aventures à vivre et que nous vous ferons partager au mieux de nos possibilités, à commencer par cet Ivry - Barcelone majestueux de dimanche soir précédé d’un Paris – Porto annoncé chaud bouillant et par quelques matches de D1, D2 et Coupe de France qui verront le jour pendant ces semaines pré et post Mondial. Nous aurons aussi le temps de nous pencher sur des sujets un peu plus délaissés en temps normal et vous préparer une petite surprise pour les semaines à venir. En vous remerciant d'avoir pris la peine de lire ces quelques lignes, nous vous souhaitons une visite des plus agréables dans HandZone. Ce n’est pas parce que le Mondial n’est pas sur HandZone que le Handball cesse d’exister dans ses pages et ailleurs !

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