Aidé par une défense (enfin !) retrouvée, Kévin Bonnefoi a grandement contribué au succès de l’équipe de France face à l’Espagne, 29 à 23 en match de classement de l’Euro juniors 2010. Le gardien de buts de St Raphaël a rendu une copie parfaite en sortant 21 tirs espagnols !! Dimanche, en ouverture de la petite et de la grande finale, la France jouera face à la Suède, le match pour la 5ème place.
Satisfaction, lucidité et regrets. Voilà les trois sentiments qui prévalaient à l’issue de cette rencontre remportée haut la main par la France contre une équipe d’Espagne sans doute un peu démobilisée par la claque prise 48 heures plus tôt contre la Slovénie, gâchant ainsi toutes ses chances de se qualifier pour les demi-finales.
Satisfaction donc, dans le camp français car ce succès met fin à une série de trois revers. Pierre Andry et ses coéquipiers s’étaient pris les pieds dans le tapis, ils avaient lourdement chuté et en plus, avaient dégringolé au fond du trou. Satisfaction aussi car la France n’a jamais donné l’impression que le match pouvait lui échapper.
Lucidité ensuite car certes pour la 1ère fois dans cette catégorie d’âge, les Tricolores venaient de battre les Espagnols mais ceux-ci ont-ils joué leur chance à fond ? Privés de leur stratège Juan Castro, les Ibères n’ont pas réussi à trouver toute la sérénité requise pour aborder ce type de rencontre. Et encore, heureusement pour eux, que leur 2ème gardien, le barcelonais Corralès Roldan ait évité un naufrage plus important.
Des regrets, l’équipe de France peut en avoir. Le match perdu face au Danemark en fin de Tour préliminaire restera en travers de toutes les gorges. Si l’équipe avait abordé l’Islande avec deux points en poche et en mettant la même envie que face à l’Espagne, son destin aurait été tout autre. Les Bleuets s’en mordent les doigts, tant pis pour eux, ça leur servira de leçon !
L’Espagne elle, n’a pas su trouver les solutions face une équipe de France qui va d’entrée, prendre la direction des opérations sans pour autant traduire cet avantage au tableau d’affichage. C’est au bon moment que Kéké est arrivé ! Après un but de Mathieu Grébille, permettant aux Bleus de passer devant (6-5 à la 9ème) le jeune gardien de St Raphaël va démarrer son festival. Kevin Bonnefoi ne savait d’ailleurs pas à cet instant qu’il allait passer les 60 minutes de la rencontre sur le parquet. Une défense sécurisée par un portier dans un grand jour, les attaquants n’avaient plus qu’à se faire plaisir. Et ils ne vont pas s’en priver !! A la seizième minute, ils étaient passés à +4. Isidoro Martinez, le sélectionneur espagnol, voyant que son équipe prenait l’eau abattait son temps mort.

Les Français étaient toujours concentrés et surtout solidaires. Une fois acquis, il était temps de faire fructifier le capital. C’est ce que vont faire pendant toute la rencontre, Benjamin Afgour (son meilleur match au poste de pivot avec 7 buts inscrits), Mathieu Grébille (5 buts et un moral en acier face à un pivot adverse de 120 kg !), Valentin Porte (4 buts et qui pour l’anecdote, pourra tranquillement visionner de retour à Toulouse, la passe à la Copperfield de Thomas Capella vers la 18ème minute) et enfin un Kentin Mahé totalement retrouvé (7 buts également). Et comme pendant ce temps, la force K veillait sur les cages françaises, les rares supporters bleu blanc rouge tant mis à mal ces derniers jours, pouvaient enfin apprécier le rendement des petits gars (14-9 à la 22ème puis 17-9, 6 minutes plus tard). Très intelligemment, Guy Petitgirard lançait de nouvelles forces, histoire de laisser reposer ceux qui jusque là, avaient fait la différence. Eymann, Zens puis Guillermin vont se mettre au diapason de leurs collègues. Les Français avaient tiré les premiers et ça payait ! (18-11 à la pause).

Au retour des vestiaires, les Tricolores accusaient le coup, peut-être grisés par la mi-temps qu’ils venaient de réaliser. Il faut reconnaître qu’en défense notamment sous la conduite d’un Guynel Pintor, lui aussi ressuscité, ils venaient de livrer 30 minutes viriles mais correctes. Les Espagnols tentaient de surnager sans pour autant réduire substantiellement leur retard (ils vont se rapprocher par moment à 3 buts d’écart sans dommage conséquent pour les Français). A cela, une raison très simple, il y avait ce vendredi après-midi, sur le parquet slovaque, des Gaulois morts de fin au large et devant leur zone et un p’tit gars, ancien du pôle espoirs de Nice qui prenait un pied dans ses six mètres, comme jamais à pareil niveau, il n’avait pris. Le banc espagnol ne réagissait plus, son 7 majeur non plus. Et comme il fallait que le succès des Français soit net et sans bavure, Aman par deux fois et Porte, vont achever le travail (29-23). Mission accomplie… il reste un match à disputer contre la Suède pour terminer à deux marches du podium.
YM
Le coin des stats
A Bratislava, Sibamac Arena, le 6 août 2010 à 15h00
France – Espagne: 29-23 (mi-temps : 18-11 )
400 spectateurs
Arbitres: Mrs Jurinovic & Mrvica (Cro)
France : Andry, Bonnefoi (21 arrêts) – Afgour (7), Mahé (7), Grébille (5), Porte (4), Eymann (2), Aman (2), Guillermin (1) Capella (1) Moreau (0) Zens (0), Gaillard (0) Pintor (0),
Espagne: Corrales, Perez de Vargas (gardiens) – Garcia Rubio (4) Humet (3) Miralles (3) Ruiz Sanchez (2) Paraja (2) Goni (2) Molina (2) Cabanas (2) Guedea (1) Alonso (1) Gonzales (1) Carillo (0)
Confidences à un micro
Si Kévin Bonnefoi (meilleur homme du match contre l’Espagne avec ses 21 arrêts) n’est pas le plus expressif de la bande, c’est un des plus attachants. Avec Pierre Andry et Tom Guillermin, copains de promo, « Kéké » a certainement gardé la nostalgie de ces années lycée au pôle espoir de Nice. Voilà deux années qu’il est entré dans cet apprentissage si difficile que peut être un centre de formation. Et pas dans n’importe quel club. Dans la région PACA, près de chez lui, au Saint Raphaël Var Handball. Et lorsqu’on sait que l’entraîneur de l’équipe 1, n’est autre qu’un certain Christian Gaudin, le natif de La Seyne sur Mer ne pourra que progresser. Kévin Bonnefoi a un long chemin à faire mais rien ne lui fait peur.
Les Sélestadiens montrent le bout de leur nez. L’Espagne les a inspirés. Guynel Pintor a retrouvé sa cohésion défensive, Quentin Eymann et Valentin Aman, eux, le chemin du but. Les trois « Alsaciens » du groupe se sont serrés les coudes quand tout marchait de travers. Même s’il aurait préféré disputer une toute autre compétition et viser bien plus haut, Valentin Aman se contente de ce qui lui est proposé.

Dimanche, la Suède pour finir en beauté
Pour cette ultime rencontre de l’Euro 2010, l’équipe de Suède retrouvera la France un an après l’avoir battue de justesse d’un but, lors des championnats du Monde des moins de 18 ans en Tunisie. Avant d’écarter les Islandais (32-27) dans cette phase de classement, les Suédois restaient sur un succès d’estime sans enjeu, face à une équipe allemande démobilisée (victoire de 4 buts). Troisième lors du dernier Euro des moins de 18, la Suède affiche un jeu vif, complet et technique avec un buteur hors pair, l’ailier droit Mattias Zachrisson (notre photo - 28 buts à son actif mais le joueur de IF Guif n’a pas joué ce vendredi), un pivot massif mais très mobile (Ysander) et une base arrière très athlétique (Olsson – Arnesson, meilleur buteur de l’équipe ce vendredi avec 7 réalisations – Persson). Bref, les Français devront trouver des solutions (peut-être de loin) face à une équipe dont le jeu, est toutefois, assez prévisible. La cinquième place est en jeu. Et comme les petits Bleus reviennent finalement de loin, ce serait bien de ne pas rater la marche.

Coup de tonnerre sur la Mannschaft
Contre toute attente, les Allemands, champions d’Europe 2008 chez les moins de 18 ans ont été éliminés de la course à la finale par d’incroyables danois qui comme les Français, ont eux aussi, bénéficié de la prestation d’excellence de leur gardien Jonas Hansen, celui-là même qui avait fait bien du mal aux couleurs françaises lors du dernier match du tour préliminaire. Jamais deux équipes n’ont été aussi proches l’une de l’autre. Si les Allemands étaient passés devant à la pause (15-14) il faudra attendre les ultimes minutes pour voir la situation se décanter A 180 secondes du coup de sirène, le portier junior de Skanderborg, arrêtait un tir allemand. Sur la remontée de balle, les Allemands allaient à la faute et provoquaient un jet à 7 mètres que l’ailier danois Patrick Wiesmach Larsen exécutait (28-27 pour les Nordiques). Le pivot Pekeler va avoir la balle d’égalisation au bout du bras mais son tir était détourné par l’inévitable Hansen. Il restait dès lors, une minute au compteur et le chaos imminent. Les supporters allemands vont retenir leur souffle lorsque l’ailier berlinois Johannes Sellin prêt à armer son tir, tout seul sur le côté droit, voyait son ballon mourir à gauche du but, Jonas Hansen ayant bien fermé l’angle. C’en était fini des espoirs de la Mannschaft. Elle ne disputera pas la finale qu’elle aurait espérée.

Le Portugal cause une plus grosse surprise !
Ce vendredi soir, le Douro, le fleuve qui arrose Porto a du déborder. Non pas à cause de la pluie mais d’une déferlante d’un tout autre genre. L’équipe Juniors du Portugal s’est qualifiée pour la finale du championnat d’Europe. Cet équipe qui n’était venue en Slovaquie que pour apprendre et au moins passer le Tour préliminaire, réalise un parcours sans faute et surtout mérité.
Les Lusitaniens ont battu et éliminé les Slovènes avec leur cœur, leurs jambes et leur cerveau. Les diamants bruts qui composent cette escouade, sont ciselés de jour en jour. L’Europe du handball commence à s’intéresser à ces curieux petits hommes au maillot vert et rouge. Il se murmure même que depuis trois jours, le téléphone des agents recruteurs ne cesse de sonner. Parmi les joueurs les plus convoités, le demi centre Pedro Marqués (10 buts ce vendredi) et le petit ailier droit Pedro Portela sur lequel un club français du sud de la France, plusieurs fois champion de France, se serait renseigné.
A la pause, les joueurs de Rolando Freitas menaient déjà de 5 buts (16-11). Et puis, les Slovènes sans doute plus expérimentés dans ce genre de combat, sont revenus à 2 puis à 1 point puis à égalité sans jamais pouvoir prendre les devants. Le tableau reste bloqué à 26-26 et à moins de 10 secondes de la fin, l’arrière gauche slovène Tine Poklar trouve la faille et donne l’avantage à son camp (26-27). Tout le monde croit que la cause est entendue et que la Slovénie va rejoindre le Danemark en finale. Mais côté portugais, le Zorro du handball est arrivé. Ricardo Pesqueira enfile la chasuble, entre à la place du gardien et s’évade vers le but. Deux secondes avant le gong, il crucifie l’infortuné gardien slovène. 27-27… Il faut jouer deux prolongations de 5 minutes. Sans doute plus frais et plus techniques, les Portugais ne vont jamais lâcher prise bien aidés pour la confiance, par un gardien déterminant (31-28 à la 64ème). Les Slovènes ne vont plus passer mais s’accrocher. Une tactique payante puisqu’ils reviennent à un but (31-30 à la 67ème). Les joueurs du Portugal vont vivre dès lors, les trois minutes les plus palpitantes de leur jeune carrière. Avec une victoire au bout du chemin (33-30) et surtout assurés de monter dimanche sur le podium. Reste maintenant à déterminer la couleur de la breloque !
Ils ne sont pas nombreux ceux qui auraient parié sur une finale Danemark – Portugal. Et sur les bords du Douro, ce vendredi, on a chanté tard dans la nuit, enivré par les vapeurs de porto.
Récapitulatif classement (1-8)
Place 5-6
Suède - Islande 32-27 (13-16)
France – Espagne 29-23 (18-11)
Demi-finale
Danemark – Allemagne 28-27 (14-15)
Portugal – Slovénie 33-30 AP (16-11 puis 27-27)
Samedi 7 août
Place 7-8 Espagne – Islande (20h)
Dimanche 8 août
Place 5-6 France – Suède (14h)
Place 3-4 Allemagne - Slovénie (16h30)
Finale Danemark - Portugal (19h)
Reportage en direct de Bratislava réalisé par Yves MICHEL (www.rtl-lequipe.fr)