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Vernouillet-Dunkerque : la cerise sur le gâteau
France/Coupe de France

Coupe de France – 8èmes de finale.
 Le Club Omnisports de Vernouillet (nationale 2) affronte ce soir (20h30) Dunkerque en huitièmes de finale de la coupe de France avec humilité. Car le petit poucet de l’épreuve sait éperdument que ses chances de se qualifier sont infimes. Ce sera donc avant tout, une fête. Celle du handball dans l’Eure-et-Loir…

L’AMBITION N’EST PAS UN DEFAUT. Marcel Pagnol avait même coutume de dire que « l’ambition, c’est la richesse des pauvres… » Et il en faudra ce soir - et pas que cela d’ailleurs - pour que le petit poucet poursuive son aventure en coupe de France. Pour que le Club Omnisports de Vernouillet (N2) accroche à son tableau de chasse, aux côtés des trois pensionnaires de nationale 1 déjà suspendus, Dunkerque, un des plus gros budget du handball français (2,782 millions d’euros). Il faudra aux vernolitains de Pascal Decaux mis à part de l’ambition, de l’insouciance, de la foi, du courage, un cœur gros comme çà également. Un brin de réussite aussi. Que chaque joueur enfin soit capable de délivrer un match dense, intense. Le tout, dans une ambiance de folie. Car statistiquement, les probabilités sont minimes pour ne pas dire nulles. Les spécialistes des chiffres constateront d’ailleurs, sans peur d’être contredits, que jamais à ce stade de la compétition, une formation de l’élite ne s’est faite sortir par un club de niveau 4 dans la hiérarchie de la petite balle. Comment croire, en effet, à un tel scénario qui serait vécu au passage comme une catastrophe dans le Nord de la France. Peut-être n’est- ce qu’une sorte de pur fantasme entretenu par une bande de handballeur à l’esprit aventureux. Peut-être… Mais pourquoi ne pas y croire, la coupe est aussi faite pour cela. Le récent succès des footballeurs de Carquefou démontre que, dans le sport d’aujourd’hui, rien n’est impossible et que, de banales histoires peuvent parfois se transformer en véritables contes de fées.

Un match placé sous le signe de la fête
Quoiqu’il arrive ce soir, l’aventure du petit poucet de cette édition 2007/2008 restera dans les annales du club comme le souligne Marc Daguenet, le président de la section du COV : « Pour nous, ce match est historique ! L’apothéose après des moments difficiles… Une récompense pour l’équipe, l’entraîneur, le club et ses dirigeants, pour la municipalité et les partenaires… » Mais au-delà de l’enjeu, au-delà même de la perspective de se qualifier pour les quarts de finale et disputer ainsi, un huitième tour de coupe, il y a d’abord cette volonté à placer cette rencontre sous le signe de la fête. La venue de Dunkerque suscite évidemment une certaine effervescence qui va attirer à coup sûr le tout Vernouillet et vraisemblablement bien plus que cela. Pour ce faire donc, le club et la ville ont décidé d’abandonner le temps d’une soirée le petit gymnase Marcel Pagnol, lieu habituel des exploits des partenaires de Daouda Diarra. L’affiche se déroulera à Dreux, la commune voisine afin de bénéficier d’une enceinte digne de l’évènement (900 places assises au lieu des 200 à Pagnol) : « L’idée est de montrer que les petits clubs sont aussi capables de proposer un vrai spectacle ! » S’enthousiasme Marc Daguenet qui poursuit : «  Car outre le match, les jeunes du club vont être impliqués durant la soirée en accompagnant par exemple les joueurs lors de la présentation des équipes. Il y aura aussi un match de lever de rideau entre les féminines de Dreux et le pôle espoir de Chartres. Il va y avoir des animations entre les deux rencontres grâce aux jeunes des quartiers de la l’agglomération. Un pot d’après match suivi d’un dîner !».

Sylla : « Vernouillet est une bonne équipe »
On en oublierait presque ce huitième de finale, le premier de l’histoire du COV… Si la formation de Pascal Decaux a une chance sur cent, voire une sur mille de s’offrir un quart, l’opposition du côté de Dunkerque est prise très au sérieux. La maison nordiste après avoir sorti au tour précédent Rezé (N3) a fait de la coupe, un de ses objectifs de la fin de saison, elle qui court depuis toujours derrière un premier titre hexagonal. Cette compétition est par la même occasion, un moyen d’accrocher un billet européen, une donnée non négligeable : « On va éviter tout d’abord de penser que Vernouillet est en N2 » Nous lâchait mardi après-midi Yérime Sylla, le coach dunkerquois : « La coupe, on aimerait bien la gagner au même titre que d’autres. Alors c’est vrai que c’est un bon tirage pour nous, mais à condition de passer. Et cela passera par du respect dans un premier temps. De l’application ensuite et du jeu collectif. Car si l’on commence à tomber dans l’individualisme, nous allons nous mettre en danger. Avant d’aller samedi à Sélestat en championnat, ce qui m’importe c’est la manière… » Sylla sait en tout cas à quoi s’attendre : « Je les ai vu jouer contre notre équipe réserve il y a quinze jours, c’est une bonne équipe avec des joueurs intéressants ! ».

Decaux retrouve Dunkerque
Une équipe de Vernouillet qui surfe depuis plusieurs semaines – et même quelques mois – sur une insolente dynamique de succès. Seconds de N2, les vernolitains rêvent désormais de N1, eux qui n’ont plus perdu depuis le 17 novembre et un déplacement à Hazebrouck (le leader de la poule). Treize victoires consécutives (9 en championnat et 4 en coupe), l’ensemble a fière allure et incite du respect. Pour autant, les coéquipiers de Thibaud Hervieu n’ont rien changé à leurs habitudes comme nous le glisse Decaux : « Nous abordons cette rencontre tout a fait normalement, sans aucune pression… Pour se faire plaisir ». Avant d’ajouter : « J’ai même laissé mes joueurs au repos la semaine dernière avec seulement deux entraînements au programme. Je pense qu’ils avaient besoin de souffler ! » Un entraîneur qui pour l’anecdote va croiser pour la seconde fois de sa carrière le chemin des nordistes. Lui et Stéphane Rey, son bondissant ailier gauche. La première fois remonte en effet à la saison 2001/2002, lorsque Decaux était à la tête de Saint Marcel Vernon (alors en N2) : « Je me rappelle très bien de ce match (NDLR : Dunkerque s’était imposé 24/26 en 1/16ème de finale). Il m’évoque de très bons souvenirs et j’espère seulement que l’on sera capable d’opposer une aussi bonne prestation, cela suffirait à mon bonheur. Car, il faut être réaliste et même si j’ai tendance à dire qu’ils ont deux bras et deux jambes, ceux sont des pros qui s’entraînent tous les jours, le collectif, les moyens, les structures, tout est différent, et je vais juste demander à mon équipe de se lâcher, se lâcher, jouer avec nos moyens et prendre du plaisir car nous avons conscience de la valeur de notre adversaire… ».

L’œuvre d’Alain Sancet 
En attendant ce huitième de finale le plus déséquilibré du tableau, nul doute que beaucoup de pensées seront tournées ce soir vers Alain Sancet. L’ex-président du COV handball décédé il y a deux ans, qui quelque part doit être fier de voir son club de toujours, occuper le devant de la scène et qui aurait très certainement conclue ce papier par cet extrait pagnolesque tiré de Fanny : « Les folies… C’est toujours pareil, dès qu’on a ce qu’on voulait, on se demande un peu pourquoi on l’a voulu… » Pour rêver tout simplement.

© Sébastien Gibeau

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