Déchu de son titre après un règne sans partage de 5 ans sur le très convoité championnat de France, le club de Montpellier se devait de réagir pour se maintenir au plus haut niveau. Un changement structurel à la fois obligatoire, étant donné le budget représenté, et nécessaire, pour que les objectifs et la motivation soient toujours présents.
Ainsi, quelques jours seulement avant le début de saison, pied au plancher avec la réception de l’USAM Nîmes en guise d’ouverture, le club héraultais annonce un nouveau nom et logo : le Montpellier Handball (MHB), connu à travers l’Europe, devient désormais le Montpellier Agglomération Handball (MAHB).
L’explication apportée par son président, Robert Molines, se tient en deux points. Tout d’abord, « stratégique », pour « se placer pour l’avenir ». En effet, basé sur le groupe "MHB Communication", créé il y a peu, le MAHB se place comme un organisme de gestion et de promotion spécialisé dans le secteur professionnel du club : c'est-à-dire l’équipe première et son centre de formation. « Cette société sera tenue à 100% par l’association existante "Montpellier Handball", d’où son statut juridique d’EUSRL (Entreprise Unipersonnelle Sportive à Responsabilité Limité) ». L’autre aspect est plus « technique ». Il s’agit d’être en conformité avec les lois françaises qui posent des limites aux associations au sujet de la masse salariale (800.000 euros net maxi.) et de ses ressources (plafond à 1,2 million d’euros). Le club, qui était déjà au-dessus, avait trois ans pour passer au statut de société, c’est désormais effectif.
La philosophie affichée pour cette opération est de « garder la dynamique initiale tout en pouvant intégrer davantage de moyens ».

Pourquoi changer de nom alors ?
Tout simplement parce que depuis déjà une dizaine d’années, le principal partenaire de ce club est l’agglomération montpelliéraine, et que cette année encore ce sont 2 millions d’euros qui proviennent de la communauté urbaine, soit 54% du budget. On comprend mieux pourquoi le mot « agglomération » fut rajouté dans le nom du club… De plus, cela semble très intéressant pour le club montpelliérain de, en quelque sorte, sceller dans le marbre ce partenariat privilégié avec un sponsor qui n’est pas prêt de se tarir…
Surtout qu’à l’heure actuelle l’entente entre les deux parties est au beau fixe. L’amitié nouée entre les hommes des deux bords, et plus particulièrement entre le manager général, P. Canayer, et le président de l’agglomération et de la région, G. Frêche, montre que l’appui fort et marqué de l’agglomération ne se relâchera pas d’un fil, au moins tant que Georges Frêche sera présent.
L’agglomération engagera également 407 000 euros pour la rénovation du Palais des Sports René Bougnol (dont 37.000 réalisés en 2006). Ceci afin de réaménager la tribune de presse, afin de gagner 100 places (soit 3352 suite aux précédents travaux). Mais aussi pour mettre en conformité l'infirmerie et agrandir nettement la salle de réception d’après match. L’intérêt économique de ces réceptions d’après match semble, d'ailleurs, de plus en plus présent...
Pendant longtemps il a été laissé miroiter un palais omnisports montpelliérain, qui permettrait d’accueillir, lors des grands rendez-vous, les protégés de Patrice Canayer. Selon le président de l’agglomération et de la région, Georges Frêche, le « financement est réglé pour une salle de 11 000 places, qui verra le jour en 2011 ». Quelque chose qui laisse rêveur tout amoureux du handball, à commencer par l’entraîneur du MAHB qui voit l’occasion de « pouvoir regarder les yeux dans les yeux les grands clubs allemands et espagnols ».
A noter que les coloris des maillots vont nettement changer pour ceux à l’extérieur, ils seront désormais en noir et orange (orange étant la couleur de l’agglo.). Les deux jeux de maillot ont désormais une coupe très proche du corps, pour espérer être moins facilement accrocher, comme on l’a déjà vu dans des sports comme le rugby ou le football…

Au niveau sportif ?
La stratégie sportive se portera cette année par un rétrécissement du nombre de joueurs professionnels (seulement 14 dont 3 gardiens). Il s’agit d’ « un choix voulu et assumé » indique Patrice Canayer. Le but étant de rehausser encore le niveau qualitatif de l’effectif en ne possédant que des joueurs confirmés. Tandis que la justesse d’une telle stratégie, en cas de blessure principalement, devra être compensée par le centre de formation, c'est-à-dire 7 joueurs en équipe de France Jeune. Aucun doute que cette stratégie fit suite à beaucoup de discussions en interne après le départs de plusieurs joueurs majeurs pour l’étranger (Omeyer, Karabatic, etc.).
Du côté de l’équipe en elle-même, cette nouvelle saison confortera le capitanat mis dans les mains de l’incontournable Michaël Guigou. Ce dernier, malgré son jeune âge, est, à juste titre, renforcé dans son rôle de joueur symbole par le club. Il sera suppléé au capitanat par rien de moins que les capitaines des équipes Serbie, de Tunisie et de France, soit respectivement : Bojinovic, Megannem et Abati.
Quels objectifs sportifs ?
Ils se placent dans la continuité des précédentes années, avec peut être quelques nuances, et se comptent au nombre de trois.
Tout d’abord économique : il est inutile de nier qu’un club de cette taille a absolument besoin pour se pérenniser d’une part se qualifier pour la ligue des champions, donc terminer 1er ou 2nd du championnat. Et, d’autre part, d’être présent pour la 2e phase de l’incontournable ligue des champions.
Puis deux objectifs plus sportifs : « essayer de conquérir cette première place avec de l’ambition et beaucoup d’humilité », indique le manager général du MAHB. « Il y a cinq-six équipes potentielles pour le titre », selon Patrice Canayer avant d’ajouter que Montpellier a assez endossé le statut de favoris pour « laisser le fardeau du favoris à Ivry ».
Enfin, sur un dernier point on retrouve de la maturité dans les propos de l’entraîneur, au sujet des ambitions européennes : « Pour un club tel que Montpellier, ce qui motive et fédère c’est l’ambition européenne ». Ce qui ne fait aucun doute aux vues des saisons précédentes. Même si, sur ce dernier objectif, Patrice Canayer reconnaît qu’il est « encore trop tôt pour se fixer des limites (…) et tant mieux ».
A noter, au sujet de la ligue des champions, qu’il existe désormais une phase supplémentaire. Après la traditionnelle phase de poule, il y aura une seconde phase avant de se qualifier directement pour les demi-finales… En somme l’avantage est que cela peut offrir 3 rencontres supplémentaires en cas de qualification.
Enfin, cette saison sera la première sans un géant du club, Greg Anquetil. Ce dernier sera cette année en formation en école de marketing à Montpellier, à mi-temps avec un stage au sein du MAHB. Au terme de sa formation, il rejoindra son frère, Fréd. Anquetil, comme salarié du club.
En somme, il est difficile de dire que cette saison n’a pas été bien préparé, autour des terrains, par le désormais MAHB. Reste maintenant à concrétiser sur les parquets, cela à commencer par ce jeudi, sur Eurosport, avec la venue du voisin Nîmois à Bougnol !
Patrice Canayer, à propos de …
Joël Abati
« C’est un honneur et un plaisir pour le MAHB : Autant en tant que joueur que pour ses qualités humaines, son capitanat en équipe de France le rappel ».
Heykel Megannem
« Après bien des misères les saisons précédentes, nous l’accueillons avec plaisir »
Mladen Bojinovic
« C’est quelqu’un de complètement identifié au club. Alors que ce n’était pas dans ses habitudes de rester à un club, cela fait déjà 5 ans qu’il est à Montpellier.
Un joueur sur lequel on peut compter à tout moment et qui n’est pas assez mis en valeur par la presse ».
Guigou
« C’est quelqu’un qui a été l’objet de beaucoup de discussion en interne, suite au départ de plusieurs joueurs majeurs. C’est un joueur symbole aujourd’hui pour le MAHB. »