Le président est monté au créneau pour remotiver ses troupes. Pour Thierry Weizman, aucun doute :Metz remportera son quatorzième titre cette saison.
Président, trois défaites consécutives font désordre dans votre parcours. Inquiet ? « Je ne suis pas inquiet, mais déçu. Avant de débuter le championnat, on avait planifié trois défaites, mais pas d'affilée ! La fatigue générale, les équipes qui se sont renforcées, une certaine forme de lassitude : ce sont des contre-performances qui nous ont fait douter et qu'il nous faut rattraper. On a donc besoin d'un bon match pour se rassurer. »
• Vous avez parlé aux joueuses ? « Nous nous sommes vus et je les ai assurées de ma confiance. Certains ont parlé de notre jeu stéréotypé... qui ne nous a pas empêchés de gagner jusqu'à présent ! C'est vrai qu'en défense on recule plus qu'on n'avance et que notre engagement n'est plus ce qu'il était. Ça va revenir. Nos objectifs seront réalisés dans trois semaines. On a gaspillé deux jokers. Mais elles sont pros et sérieuses. Nous faisons bloc. On ne va pas faire la fine bouche à cause de trois revers. Nous sommes toujours leaders. »
• N'êtes-vous pas trop gourmand en visant aussi la Coupe de France ? « Non. Nous avons déjà la Ligue, nous sommes toujours bien placés pour le titre et on est à deux matches de la victoire en Coupe de France. Les vacances sont proches : ce sera mi-mai. Mais pas avant. On tombe sur Le Havre : j'espère une réaction d'orgueil et de fierté. »
• Reste, cependant, que l'attaque marque le pas. « Notre base arrière et nos avants ont connu de bons et de moins bons moments. Nos gardiennes également. Mais, globalement, tout le monde a fait son boulot. Regardez Horacek : elle touche cinq poteaux au Havre. Comment ne pas douter ? Les Tchèques (Kysucanova et Poznarova) ont aussi eu des hauts et des bas. La saison est longue, surtout quand on a des internationales dans ses rangs. Elles sont beaucoup sollicitées. Je ne vais pas m'en plaindre : elles acquièrent de l'expérience. Mais on se renforcera. »
• Justement, où en êtes-vous au niveau recrutement ? « Klara Zachova, une arrière droit gauchère tchèque a signé. Christine Vanparys veut revenir chez nous, et on la veut parmi nous. Les négociations sont en cours. Je souhaite encore une joueuse de niveau international j'ai plusieurs pistes et une troisième gardienne pour faire face aux 117 jours de stage en équipe nationale, pallier les blessures, la fatigue ou pour les entraînements quand les titulaires ne seront pas là. »
• Et l'entraîneur ? « Sandor Rac sera encore notre entraîneur la saison prochaine. Il nous a apporté un plus, de nouvelles bases. Mais on devra montrer des nouveautés, car notre jeu est épié. »
• Quand même, la motivation n'est-elle pas émoussée ? « Non, elle est intacte. Tout le monde a à cœur de remporter ce titre. Ce n'est pas, non plus, physique. Le doute est dans les têtes. Les filles se sont réunies et se sont remises en questions. Cela a été sain et utile. »
• Vous êtes donc confiant. « Oui. Les gens sont trop habitués à nos exploits. Mais le titre ne nous est jamais tombé comme ça dans les mains. Cette année, c'est serré. Il en aura d'autant plus de valeur. »

Crédit Photo: V.Esch