Au-delà de sa 300e sélection, objet hier d'un hommage mérité, Isabelle Wendling a fourni contre l'Allemagne la démonstration d'un talent indispensable aux Bleues. Inusable !
Empoignez vos mouchoirs, épongez vos mirettes. Amandine Leynaud, la gardienne messine des Bleues qui partage le quotidien de la grande dame à Metz, l'avouera plus tard : « J'ai versé une petite larme ».Il faut dire que la cérémonie mise sur pied à Bercy pour célébrer la 300e apparition internationale d'Isabelle Wendling a tout fait pour inciter aux fuites lacrymales. Des roses comme s'il en pleuvait, un bataillon de choristes endimanchés qui lui jouent la sérénade, les copines qui claquent la bise, sans oublier l'incursion surprise sur le parquet de maman Wendling, tailleur crème, joues empourprées. Avait-elle repéré le manège ? « Non, on ne m'avait rien dit, jure le pivot tricolore. Mais c'est vrai que je me suis doutée de quelque chose : j'ai téléphoné trois fois à ma mère dans la journée, elle n'a pas répondu... »A tout hommage son revers. La guimauve ayant été servie en amuse-gueule, il s'agissait ensuite d'éviter tout impair. Là-dessus, on a pu compter sur le métier d'Isabelle Wendling, en scène pour la première fois sous les lampions du POPB, elle qui, quatorze ans auparavant, a débuté dans l'indifférence de tournois de campagne où l'équipe de France jouait les (f) utilités. Après cinq minutes, la célèbre numéro 13 s'est faufilée seule à six mètres, idéalement servie par Van Parys, pour un but d'école, le seul de l'après-midi. Derrière, ce fut du Wendling pur jus, agrippée aux tâches défensives avec la ferveur d'une cadette, intransigeante, inusable. « C'est dingue, arrive à s'étonner Amandine Leynaud, elle a quinze ans de plus que certaines, et pourtant elle court plus vite que des filles de vingt ans. Elle m'impressionne. »
Dans le bus qui longeait les quais de Seine ensoleillés, la Messine avait du reste évacué d'une pichenette les vannes qui fusaient : « Hé les filles, c'est pas mon jubilé non plus ! » En zone mixte, Olivier Krumbholz, le sélectionneur français, rasséréné par la victoire, confirmera le propos : « Isabelle reste la patronne de la défense. Elle s'est affûtée et je crois que d'ici le championnat du monde (en décembre), elle atteindra un niveau encore supérieur. »
L'intéressée, mise dans la confidence, certifie : « Une bonne préparation physique va nous permettre d'être plus facile dans la gestion de l'événement, l'anticipation, la connaissance de l'adversaire. » Autrement formulé : vivement la suite.
Source: Le Républicain Lorrain
Crédit Photo: Stephane Lebègue