Yutz veut rebondir
France/Division 1F
Plus que trois matches et le rideau tombera sur cette édition 2006-2007.Avant-dernières, les Yussoises semblent condamnées à la descente. Pourquoi ? Comment en est-on arrivé là ?
Tel un bateau ivre, Yutz dérive lentement vers la Division 2. Quinze défaites pour seulement quatre victoires : le navire prend l'eau de partout et tangue dangereusement. Francis Manneau a été débarqué. Sans ménagement. Pourtant, l'homme qui a fait monter le club de départemental en Elite ne méritait pas cette sortie. Une tentative de putsch avait avorté il y a un an. Cette fois, les joueuses ont eu gain de cause. Elles ne s'en sortent pas mieux pour autant.
Le capitaine Gérard Rothenmacher reste à la barre et tente de colmater les brèches. Des fêlures béantes, tant morales que physiques. « Nous avons vécu une crise d'adolescence, de croissance, dit le président. Francis nous a beaucoup apporté, mais il avait également des lacunes. Nous avons peut-être également accordé trop de crédit à des gens qui n'étaient pas sincères dans leurs démarches et qui nous ont poussés à des décisions qui n'étaient pas forcément les bonnes. » S'il revendique le « droit à l'erreur », il préfère parler d'avenir et pense déjà à reconstruire sur des bases saines.
Or, pour rebâtir, il faut tirer les enseignements de ses erreurs. D'où viennent-elles ? « On assume la responsabilité de la descente, concède Myriam Brûlé. Je ne veux pas entrer dans les détails, mais il y avait toujours conflit entre Francis et nous. Tout n'est pas de sa faute, mais on attendait plus au niveau relationnel. Je suis tranquille avec ma conscience. » Assis entre deux chaises, à la fois solidaire de son président mais contre l'éviction de Manneau, Gilles Becker va plus loin. « Si nous en sommes là, c'est de notre faute, à nous dirigeants. Nous avons été trop laxistes, confesse l'ancien président. Nous n'aurions pas dû laisser la situation se gangrener ainsi. Il aurait fallu épauler Francis avec un adjoint. Il ne pouvait pas tout assurer tout seul, comme le recrutement ou la supervision des adversaires » Et même si certains se refusent encore à nier l'évidence, force est de constater que les départs de joueuses cadre, comme Stéphanie Ludwig ou Rachida Hadj, n'ont pas été compensés. « Nous avons fait avec nos moyens », justifie Becker. « Il nous reste trois matches. J'ai un devoir de réserve vis-à-vis du club et des joueuses, ajoute Myriam Brûlé. N'envenimons pas les choses et concentrons-nous pour défendre nos chances jusqu'au bout. »
Car, malgré cette fâcheuse posture, Yutz peut encore espérer se sauver. Les deux prétendants à la montée de D2 ont-ils les reins assez solides ? La Commission nationale de contrôle et de gestion prendra-t-elle des mesures envers des clubs de D1 qui ne satisferaient pas aux règles ? « Nous nous devons de revenir au plus haut niveau, même par la petite porte », affirme Gilles Becker. « On continuera à travailler, même en D2, pour rebondir au plus vite », promet Gérard Rothenmacher. Quant à Manneau, discret comme toujours, il ne souhaite que le retour au calme : « Avec ou sans moi, il faut repartir sur de nouvelles bases. Mais j'attends que mes dirigeants me disent ce qu'ils comptent décider. » En attendant, l'ESCY se battra pour éviter le naufrage sportif vers lequel le club glisse inexorablement.
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