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Table ronde avec Eric BARADAT, Patrice CANAYER, Arnaud VILLEDIEU
« Le jeu d’attaque autour de 4 thèmes :
- Le jeu direct et relationnel simple à 2 ou 3 autour du porteur
- Le jeu en mouvement déclenchement combiné
- Le jeu mixte
- Les situations particulières 6x5, 5x6 et les balles arrêtées

Le jeu direct :


Patrice CANAYER : Le jeu direct nécessite de créer un point de fixation à un endroit du terrain. Il faut avoir un joueur capable de le faire et c’est  donc à prendre en compte dans le recrutement et la composition de l’équipe.
La notion de poste est moins importante dans le jeu direct que dans  le jeu en percussion.
Par exemple sur le poste des ailiers, pour déséquilibrer la défense il faut créer les conditions pour que ce soit possible.  Si l’ARL se déplace secteur central avant de transmettre à son ailier, cela permettra à ce dernier de bénéficier d’un secteur de jeu plus important entre les deux défenseurs. Il faut créer de l’espace pour que le duel soit possible.
Le jeu en lecteur est une réminiscence de la formation que nous réalisions il y a 25 ans. Il faudrait mieux parler de « lecture du jeu ». Que ce soit en jeu direct ou jeu en mouvement, l’exploitation du jeu est technique, tactique mais aussi dans la compréhension de la situation.

Arnaud VILLEDIEU : Lorsqu’on entraîne à mon niveau, il faut s’adapter au niveau de jeu. Dès que l’on passe dans l’application des fondamentaux, les joueurs ont souvent l’impression qu’on leur enlève une liberté qui est souvent peu efficace.
9 fois sur 10 les joueurs enterrent la balle et l’avantage est souvent perdu. Dans les équipes ou on ne dispose pas de joueurs capables de faire la différence, il faut s’adapter aux joueurs dont on dispose.
Si on dispose d’un seul joueur capable de faire la différence en percussion, les autres doivent lui permettre de disposer de l’espace nécessaire. Ces joueurs à profil ne sont pas monnaie courante en D2.


Eric BARADAT : La spécificité d’une sélection est que nous n’avons pas les joueurs à longueur d’année. Il faut donc s’adapter aux capacités des joueuses dont on dispose.
Il faut que les joueurs de percussion aient la capacité à assurer la continuité du jeu et le duel s’il ne permet pas d’être efficace directement doit permettre de déstabiliser la défense pour permettre à d’autres d’en profiter. Les défenses analysent de façon détaillée les joueuses de percussion et il faut donc assurer la continuité.
L’objectif est souvent d’amener le défenseur d’un côté et le ballon de l’autre.

Arnaud VILLEDIEU : Si on ne dispose pas de joueur de percussion, il faut avoir une réflexion sur le profil de chaque joueur dans le cadre du recrutement

Patrice CANAYER : Le positionnement des joueurs sur le terrain est important. Parfois, il est suffisant de modifier le placement de certains joueurs sur le terrain pour modifier la façon de jouer. Il ne faut pas réciter le handball que l’on a appris mais s’adapter aux joueurs que l’on a en face.
Il n’y a pas de jeu collectif possible sans qualité de passe. Cela part dès le gardien de  but.
Le fait de vouloir éduquer les jeunes joueurs dans les fondamentaux ne limite-t-il pas la créativité des joueurs ?

Patrice CANAYER: Si on regarde un pianiste jouer un concert classique, on voit une maitrise technique parfaite. La répétition basique des gammes permet la créativité. Si Zidane est capable de voir la situation avant les autres, c’est que sa maîtrise gestuelle lui permet de ne pas s’occuper de l’aspect technique de la situation.
Je m’amuse souvent à demander au gardien de sortir du but pendant une situation. C’est surprenant de voir que beaucoup ne se rendent pas compte qu’il n’y a plus de gardien.
La créativité c’est la capacité à bien s’adapter à la situation.


Arnaud VILLEDIEU : Il faut que l’entraineur soit fort mentalement.  Plus on va dans le haut niveau, on n’est plus jugé dans la créativité mais dans la capacité à répéter des situations qui peuvent faire gagner.
Si on prend l’exemple de FEDERER c’est un joueur qui va refaire des gammes des milliers de fois pour maîtriser parfaitement les gestes fondamentaux.

Eric BARADAT : La répétition bien menée permet d’élever la créativité. Olivier (KRUMBHOLZ) emploie souvent une phrase « Plus l’art est travaillé, plus il est libre ». C’est un message qui est plus facile à faire passer à un joueur de haut niveau qu’à un joueur régional.

Olivier KRUMBOLZ : Il y a les fondamentaux de la technique individuelle et les fondamentaux de jeu. Il faut faire attention à ne pas être des «  imposteurs ». Dans l’art, on n’hésite pas à travailler des gammes alors que dans le handball qui est une activité complexe, on fait souvent un parallèle entre créativité et lecture du jeu.
Est-ce qu’un joueur qui fait un « chabala » le fait par ce qu’il voit que le gardien va s’affaisser ou parce qu’il veut induire le comportement du gardien.

Patrice CANAYER : Comment on peut régler un problème dans le match pendant qu’il se joue. Soit on ramène son équipe dans
les fondamentaux collectifs, soit on confie les clefs à une prise d’initiative collective. Barcelone s’est perdu dans les cinq dernières minutes en sortant les joueurs les plus meneurs en faisant rentrer Romero qui va rechercher des solutions individuelles.

Le jeu en mouvement :

Patrice CANAYER : L’avantage du jeu en mouvement c’est qu’il est un peu plus applicable pour tous les joueurs.
Dans le jeu direct, on s’approche des intervalles pour manœuvrer, dans le jeu en mouvement, il faut créer un couloir d’action donc il faut un jeu en profondeur.
Il faut parfois écouter ce que proposent les joueurs. L’important n’est pas le mouvement mais ce qui va être induit derrière. La notion de leurre est importante car il faut piéger l’adversaire. Il faut faire croire à la défense que l’on va être dangereux. Il faut arriver à donner les principes de la feinte et de la lecture du jeu.

Arnaud VILLEDIEU : Il faut regarder ce qu’il se fait ailleurs mais ne pas le prendre pour argent comptant. Cela dépend du profil de nos joueurs.
Avant de sanctionner un joueur il faut vérifier que l’on a été suffisamment clair dans nos explications et nos demandes.

Eric BARRADAT : Le jeu offensif se construit autour de rentrée, de bloc, de croisé.
La qualité de transmission et le jeu sans ballon sont souvent traités avec trop de liberté. Les joueuses n’ont pas suffisamment le souci que la passe mette la joueuse qui reçoit, dans la meilleure situation.
Méfiez-vous de la reproduction des enclenchements que vous avez vus. Il faut prendre en compte votre collectif et l’équipe adverse.
Dans le handball féminin, la tendance est au lancement en jeu enclenché mais en plusieurs phases, avec utilisation des blocs, croisé et rentrée de joueuses.
Il faut vérifier à chaque étape du jeu que l’on est en capacité de marquer, c’est du basique mais qu’il faut sans cesse répéter.
La compétence d’un entraîneur est d’utiliser des enclenchements simples avec, des consignes précises sur les mouvements, le jeu sans ballon, le timing de chaque mouvement.

Patrice CANAYER : L’idée importante reste d’amener les joueurs dans les bonnes zones d’évolution.
On aimerait que nos joueurs soient parfaits dans tous les secteurs du terrain mais ce n’est pas le cas.
L’idéal serait qu’on ait sur notre banc des joueurs capables de faire rentrer pour quelques situations uniquement. Il faut former nos joueurs à être beaucoup plus disponibles à nos consignes de managérat.

Eric BARADAT : Le pivot est un élément fondamental dans le jeu attaque. Ce qui compte c’est la performance collective et que le plaisir individuel passe par la réussite collective.
Je suis partisan de mettre l’accent sur l’organisation collective plutôt que le développement de l’individu car le handball est un sport collectif.

Patrice CANAYER : On passe beaucoup de temps à apprendre des savoirs faires au joueurs mais souvent pas assez de temps à l’utilisation de ces savoirs faires.
Ce qui m’intéresse, c’est l’exploitation de ce qu’on sait faire et donner du sens dans l’action concrète sur le terrain.
Arnaud VILLEDIEU : Il faut apprendre à utiliser la vidéo sur notre équipe car le « dire » suffit rarement. Il faut montrer à nos joueurs la réalité de notre jeu.

Particularités : Infériorité, supériorité et jet franc

Patrice CANAYER : A quel moment les rapports de force s’inversent et qu’est ce qui permet ce renversement. On peut noter la performance du gardien de but comme un outil qui permet aussi de renverser des situations.
Les situations d’infériorité numériques, les jets francs, les jets de 7M, les situations de refus de jeu prennent une importance fondamentale dans le jeu actuel.

La question qui se pose, c’est : est-ce que  la place qu’on apporte à  ces problématiques  dans les entraînements est en rapport avec l’importance qu’elles ont dans le match. Dans la dimension mentale, il est important de faire comprendre que ce sont des moments où on peut amener le doute chez l’adversaire. L’utilisation de la chasuble dans les situations d’infériorité nous permet de montrer clairement à nos joueurs qu’il s’agit d’une situation très particulière.
Dans les autres sports (football, rugby, basket), le jeu sur ballon arrêté est très travaillé, nous devons réfléchir à notre capacité de travailler ces situations très particulières.
Souvent la première chose que fait un porteur de balle lors d’un jet franc est de se tourner vers ses coéquipiers, donc dos au but adverse. C’est surprenant et il faut avoir une réflexion toute particulière sur ces situations de jeu.


 

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