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Martigues atteint enfin son rêve de N1 !
Martigues atteint enfin son rêve de N1 !
17 Juin 2009 | National > Nationale 1M

Tout simplement, énorme ! Au terme d'une double confrontation à suspense, Martigues Port de Bouc est parvenu à se hisser en N1. Un barrage d'accession gagné avec les tripes chez son adversaire, Asnières (32-31 à l'aller et 24-23 au retour). Vainqueur in-extremis à l'aller, Martigues se déplaçait sans filets de sécurité, en terre Parisienne samedi soir. Scénario angoissant tout au long du match : même menés à cinq minutes du gong 21-23, les Sangs et Or Provençaux ont accéléré dans le final pour assommer l'équipe locale. Alexandre Delwarde prend le relais de Rémy Stambouliyan dans les buts, Kevin Rasle-Cally égalise à 23 partout, Anthony Lejeune donne la victoire aux siens et c'est Martigues qui "prend la cagnotte et qui se tire", tels sont les mots de Jacques Delannoy, le coach Martégal.

Grosse désillusion pour des Asnièrois courageux mais manquant de réussite dans le money-time, scènes de liesse et d'ivresse pour des Martégaux au septième ciel : gros moments d'émotions pour Rémy Stambouliyan, Eric Spano mais aussi Sala Chenanef et consorts. "Marquer en lettres d'or leurs noms dans l'histoire du club", les Provençaux l'ont fait après une saison éprouvante, des matchs gagnés à l'arrachée dans une poule 4 de N2 systématiquement serrée jusqu'au coup de sifflet final.  Le Martigues Port de Bouc Handball aura vécu 15 ans de lutte pour accrocher finalement la N1 à la fin de cet exercice : Jacques Delannoy et son groupe peuvent désormais préparer leur avenir au troisième échelon national. Retour sur cette formidable saison avec l'ailier Kevin Rasle-Cally, ancien joueur de D1 à l'ACBB.

Kevin, vos impressions après cette formidable montée en N1 ?

Une joie indescriptible, un sentiment de travail bien fait. Je ne pensais pas que le handball pourrait nous procurer de telles émotions : pour preuve, Eric Spano et Rémi Stambouliyan (75 ans à eux deux!), entre autres, qui pleurent comme des gamins... Ce que l'on a vécu cette saison, avec cette apothéose dans les Hauts de Seine (sur mes terres puisque j'y ai joué pendant 17 ans !), personne ne pourra nous l'enlever. Nous sommes rentrés par la grande porte dans l'histoire de notre club, et le groupe est maintenant lié à vie grâce à ce succès. Nous n'oublierons jamais ce samedi 13 juin 2009.

Peu de monde aurait misé sur Martigues après le court succès de l'aller (32-31)?

C'est sûr que nous n'avions pris aucune marge de sécurité pendant le match aller. Malgré cela, nous étions confiants et sereins parce qu'Asnières ne nous avait pas fait une si forte impression que cela. On avait commis pas mal d'erreurs à Martigues et nous avons pu travailler la-dessus pendant la semaine. Il est évident qu'au vu du score du match aller, les observateurs pouvaient légitimement penser qu'Asnières était le favori, mais ce qu'ils ne savaient pas, c'est que nous croyions en nous et étions sûrs de nos forces.

Qu'est ce qui a fait la différence sur ce match face à Asnières?

Des détails bien entendu ! +1 à l'aller, +1 au retour, ces deux matches se sont joués à trois fois rien. Aussi bien à l'aller qu'au retour, la confrontation aurait pu basculer de n'importe quel côté. Elle a basculé du notre parce que nous en voulions certainement plus que l'adversaire. Même menés de 2 buts à 3 minutes de la fin, on y croyait encore, on savait qu'on pouvait le faire. On a bien fait d'y croire !

Ne rien lâcher, c'était le mot d'ordre de votre équipe tout au long du championnat ?

C'est clair ! Nos 5 victoires par le plus petit des écarts en attestent ! Surtout que nous avons à chaque fois construit ces succès dans le money-time. Par trois fois, nous avons marqué le but de la victoire à moins de 4 secondes de la fin ! Pire, contre Istres à la maison (19ème journée), nous étions encore à -2 à 1 minute 30 de la fin ! C'est d'ailleurs à partir de ce match là que nous avons pris conscience que plus rien ne nous arrêterait. Nous sommes devenus des miraculés du championnat. Des miraculés presque invincibles...

Est-ce un soulagement après tant d'années à tenter d'atteindre cet objectif ?

Un soulagement non, car il y a des choses beaucoup plus importantes dans la vie et que, comme nous le répétait souvent Jacques Delannoy, notre entraîneur, si nous avions échoué dans notre quête, nous n'en aurions pas été des hommes différents. Je dirais que c'est plus un sentiment d'accomplissement total : on nous avait donné une mission, nous l'avons acceptée, nous l'avons remplie...

Comment jugez-vous votre saison à titre individuel ?

Je ne m'étendrai pas sur mes performances individuelles pures, car ce n'est pas à moi de juger si j'ai été bon ou pas. Ce que je peux dire, c'est que ce fut une saison hyper éprouvante physiquement, parce qu'entre les matches de barrage qui nous ont amené jusqu'à mi-juin, et notre beau parcours en coupe de France (1/16 de finale), nous n'avons eu que très peu de récupération. Sans oublier que nous n'avons pas été épargnés par les blessures... Nous avons même joué un tiers de la saison à 8 ! Psychologiquement, toujours au point de vue personnel, cela n'a pas été toujours évident non plus, mais ce n'est ni le lieu ni le moment pour en parler, je préfère laver mon linge sale en "famille"... Mais au-delà de tout ça, j'ai fait face, n'en déplaise à certains, et je sais que j'ai largement apporté ma contribution à cette montée. J'ai eu la chance d'évoluer pendant plusieurs années dans l'Elite du handball français, et d'avoir par conséquent joué contre les plus grands, et pourtant j'affirme aujourd'hui avoir vécu en ce samedi 13 juin le plus beau moment de ma vie sportive... Le lendemain, quand j'ai commencé à réaliser ce que nous avions fait, quand la pression est retombée et la fatigue aidant, j'ai pleuré comme une madeleine, et je n'ai pas honte de le dire !

Serez-vous encore de l'aventure Martégale l'an prochain ?

Rien n'est moins sûr... Déjà, il faudrait que mes dirigeants veuillent encore de moi, mais comme je ne les ai pas encore rencontrés... Et puis j'ai surtout envie d'arrêter là-dessus. Je ne vois pas bien ce que le handball pourrait m'apporter de plus. Comme je l'ai dit plus haut, j'ai la chance d'avoir presque tout connu, la seule chose qui me manquait, à presque 31 ans, c'était une montée. Maintenant que c'est fait, j'ai envie d'aller voir ailleurs, me mettre au tennis ou au golf, j'en sais rien... Ce qui est certain, c'est que je ne prendrai pas ce genre de décision sur un coup de tête, je m'accorderai un temps de réflexion, car si je décide d'arrêter, il est évident que le hand et la compétition vont me manquer. On n'efface pas 23 ans de sa vie comme ça...

Martigues Port-de-Bouc a t'il les moyens de rester durablement en N1 ?

C'est tout ce que je lui souhaite, ainsi qu'à mes partenaires qui continueront l'aventure. La Mairie de Martigues semble très motivée pour que son club grandisse encore, et elle lui en donnera probablement les moyens. Et avec un entraîneur aussi ambitieux que Jacques Delannoy, c'est même peut-être la D2 qui deviendra un objectif à court ou moyen terme... Mais pour cela, il faudra aussi que le club continue son travail de formation des jeunes...

Le groupe de N2 :
Rémy STAMBOULIYAN, Alexandre DELWARDE, Romain BARBAS
Maklouf BELHAIDOUCHE, Eric SPANO, Kevin RASLE-CALLY, Serge SORO, Franck LAUX, Aurélien BOURGEOIS, Romain PARIANOS, Salahdine CHENANEF, Florent JOVER, Anthony LEJEUNE, Bastien PECCHI, Malik HOGGAS.
Entraîneur :
Jacques DELANNOY

Consultez l'actualité du club sur le site :
http://www.mpbhb.hand-provence.com

Propos recueillis par

© Davy Bodiguel
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