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Claude Onesta a encore de l’appétit
Claude Onesta a encore de l’appétit
26 Octobre 2009 | International

 Il les avait quittés à Nice, le 17 juin dernier au soir d’une qualification pour l’Euro 2010 acquise face au Portugal. Claude Onesta, l’entraîneur national de l’équipe de France qui est en passe de rejoindre le grand Maximov au Panthéon des cadres les plus consacrés du handball international retrouve ses joueurs dès cette semaine pour entamer une courte préparation qui les conduira dans moins de trois mois, en Autriche à l’occasion de cet Euro tant convoité. Entretien avec un entraîneur qui est loin d’être complètement  rassasié.

Avec cet Euro autrichien, un nouveau défi se présente à l’équipe de France. Votre équipe sera encore attendue par tout le monde…
C’est sûr… par tout le monde et par moi également… j’espère qu’on sera capable de bien gérer cette attente et être à la hauteur.

En 2008, après les Jeux de Pékin et avant le Mondial en Croatie, vous estimiez que c’était une autre équipe dont vous disposiez… Ce sera la même chose pour l’Euro ?
Vous savez, on a l’impression d’être à chaque fois au démarrage d’une nouvelle aventure parce que, en ayant un peu l’habitude de ce type de compétitions, je pense qu’il n’y en a pas deux qui se ressemblent.  Même quand on les joue pratiquement avec les mêmes joueurs, les paramètres sont différents, les moments sont différents, les joueurs sont dans des états de forme différents et donc, ayant eu très peu de temps pour recomposer l’équipe, on doit trouver des équilibres qui sont souvent imparfaits. C’est toujours une nouvelle aventure qui démarre et on essaie à chaque fois de trouver les bons réglages afin que la performance soit encore au rendez-vous et qu’on arrive au moins à masquer nos limites et nos difficultés.

On le disait, la France sera attendue au tournant. Cette équipe est porteuse d’espoirs et c’est peut-être là, le danger : personne ne la voit échouer…
Oui… malheureusement pour moi, on va devoir gagner presque par fatalité, les gens ayant l’impression que les choses sont devenues plus simples. Alors, la difficulté pour nous est de ne pas tomber dans cette espèce de sérénité et peut-être même de tranquillité… Mais je ne me fais pas de souci, on a des joueurs très expérimentés, qui connaissent la valeur des adversaires donc je pense qu’on n’a pas beaucoup de crainte pour véritablement ne pas être à notre meilleur niveau. Les joueurs vont être très vigilants et l’encadrement va faire en sorte de participer à cet état de vigilance. Je pense qu’aussi, il faudra compter sur un peu de réussite. Alors c’est vrai qu’on a des joueurs de grand talent, que l’équipe est expérimentée mais encore une fois, il faut arriver à trouver ces petits réglages, cet état de forme, cet état de confiance, voire cette puissance que l’on peut dégager par moments quand on est bien. Si on arrive à retrouver tout ça, si on n’a pas de soucis de blessure majeurs, on peut espérer faire partie des équipes qui peuvent dominer cette compétition. Mais pas plus que d’autres qu’on a identifiés depuis longtemps et dont on sait qu’ils sont capables de nous mettre en grande difficulté.

Un Euro…. C’est ce qu’il y a de plus dur ?
Oui, incontestablement. C’est LA compétition la plus relevée en matière de handball donc ça veut dire qu’on ne gagne pas un championnat d’Europe sans que cela relève de l’exploit. Donc on sera à la recherche de notre meilleur niveau et des exploits nous permettant de l’emporter.

La préparation débute cette semaine avec deux matches à l’extérieur contre la Serbie (mercredi à Nis) et l’Espagne (dimanche à Madrid). Vous avez choisi deux adversaires de haut niveau qui seront aussi à l’Euro….
Oui… je crois qu’aujourd’hui, dans le contexte international, si on veut rentabiliser les moments de rencontres de l’équipe de France, il faut proposer aux joueurs des oppositions de valeur parce qu’ils ont certes plaisir à se retrouver mais aussi plaisir à être dans le vif du sujet. Ce n’est pas un service à leur rendre que de leur mettre des matches trop faciles dans lesquels ils risquent de ne rentrer qu’à moitié, où on risque plus de s’agacer que d’avoir le sentiment de vraiment avoir bien travailler, donc, là, on n’a pas choisi facile puisqu’on va jouer deux matches à l’extérieur face à des équipes que l’on recevra par la suite : les espagnols seront au tournoi de Bercy en janvier et les serbes, nous aurons l’opportunité de les jouer deux fois également en janvier.  La Serbie, c’est toujours dur dans un contexte qui ne nous est pas tout le temps favorable avec beaucoup de pression et l’Espagne, on la connait, ça reste une valeur sûre du handball international et chez elle, elle voudra faire un match référence contre l’équipe championne olympique et championne du Monde. Partout où on va, c’est un peu le match de l’année pour les équipes que l’on rencontre donc quand en plus, elles font partie du gotha de ce sport, ça veut dire que l’on ne peut pas prendre les choses à la légère et on devra s’investir sur ces matches-là.

Vous avez sélectionné 18 joueurs pour ces deux confrontations. Il y a 14 champions du Monde dans cette liste et comme vous l’aviez fait pour Xavier Barachet, avant le Mondial, vous avez invité Cyril Dumoulin, Igor Anic et Damien Waeghe à venir vous rejoindre. Du sang neuf indispensable ?
On a sûrement réussi depuis une quinzaine d’années avec l’équipe de France à faire qu’il n’y ait pas de rupture dans les résultats mais également qu’il n’y ait pas de cassure dans les équipes et les générations. La réussite du projet passe aussi par cette constante : faire durer les meilleurs et installer progressivement des jeunes joueurs qui vont peu à peu réussir à devenir des joueurs-cadres de cette équipe. Donc, on pense que ces trois-là (Dumoulin, Anic et Waeghe) sont des joueurs d’avenir. Ils n’auront pas un rôle majeur à jouer immédiatement mais ils vont progressivement prendre leurs marques, voir un peu comment les choses s’organisent, ils pourront avoir un peu de temps de jeu sans grande pression. Notre rôle sera de les faire grandir en espérant qu’à court terme, ils deviennent des joueurs majeurs de cette équipe. Mais je dois reconnaître qu’un joueur qui a des responsabilités en équipe de France, il est quand même là depuis deux-trois saisons. Alors, après, il y a bien-sûr des opportunités à saisir. Les blessures par exemple, peuvent amener certains à gravir les échelons plus rapidement. Et puis, l’arrivée des jeunes, ça met aussi un peu de pression sur les épaules de ceux qui sont aujourd’hui titulaires.

Parmi ces 18 joueurs, trois d’entre eux sont amenés à suppléer Bertrand Gille qui avait fait un break après Pékin mais qui de toute façon est blessé. Il y a Igor Anic, Grégoire Detrez et surtout Cédric Sorhaindo. Cédric pouvait prétendre à une place de n°1 mais il se morfond en D2 avec Paris. C’est un réel handicap pour vous ?
Je ne dis pas que c’est un handicap majeur, je dis tout simplement que c’est une contrainte. C’est vrai qu’on a trois joueurs assez jeunes sur ce poste, des joueurs à fort potentiel, encore loin du calibre de Bertrand Gille mais c’est difficile de jouer à son niveau, donc on essaie de trouver l’équilibre le moins précaire pour être capable de pallier cette absence. C’est vrai que Cédric Sorhaindo, au travers notamment du dernier championnat du Monde, avait vraiment franchi un pallier. Dans les contraintes qui sont pour le moment les siennes, à savoir un niveau de jeu inférieur et sans doute, un état d’esprit tourmenté et une force psychologique un peu défaillante, ce qu’il faut, c’est l’aider à gérer tout cela, lui permettre de vivre l’équipe de France comme une bouffée d’oxygène, comme quelque chose dans laquelle il va pouvoir s’investir de manière totale. Après, il nous faudra voir si son état lui permet d’être opérant au plus haut niveau international. 

Cette liste de 18 peut-elle bouger ? Des joueurs que vous aviez déjà sélectionnés comme Olivier Marroux ou William Accambray ont-ils encore leurs chances ?
Oui, je pense qu’on pourrait démarrer la préparation à l’Euro, le 2 janvier (ndlr : par un stage à Capbreton), avec un groupe de 20 joueurs. Alors, est-ce que les deux supplémentaires seront les deux précédemment cités ? (ndlr : Marroux et Accambray)… ils font partie effectivement des joueurs qui font un bon début de championnat et sur lesquels, nous avons un œil bienveillant mais il y en a d’autres comme Rémi Calvel par exemple qui en fin de saison dernière, nous avaient montré leurs possibilités. Nous ferons la part des choses pour constituer avec les meilleurs éléments disponibles, la meilleure équipe possible. Vingt joueurs donc, en début d’année puis nous réduirons ce groupe à 16 joueurs dans un 2ème temps de préparation pour n’amener à l’Euro que ceux qui paraissent les plus aptes à réaliser la performance.
 
Au dernier championnat du Monde, la Croatie et la France étaient données super-favorites et le pronostic n’a pas été contrarié. A l’Euro, vous pensez que la compétition sera plus ouverte ?
La difficulté d’un Euro, c’est qu’effectivement la densité des équipes de haut niveau est encore supérieure. Je dis souvent que toutes les équipes, parmi les 16 qui sont réunies, ne peuvent pas gagner l’Euro mais toutes peuvent vous le faire perdre. C'est-à-dire que véritablement, il y a peu d’équipes qui soient battues d’emblée et vous pouvez perdre des points et de l’espoir, sur n’importe quel des adversaires. C’est la différence avec un championnat du Monde où par le biais des qualifications continentales, on retrouve des équipes de niveau moindre. Ca veut dire qu’à l’Euro, il faut être aussi très fort dans la durée. Il n’y a pas de match qui soit vraiment tranquille donc les équipes qui vont jouer par à-coups et qui ne sont pas capables d’avoir une régularité dans la performance, vont au devant d’une amère déconvenue. Donc je pense que les équipes dominantes restent celles que l’on connait et puis il y a des équipes, comme la Pologne, la Serbie ou à la Suède, qui peuvent s’affirmer dans cette compétition. C’est sûr que les croates seront encore là, même chose pour les espagnols et pour les danois, donc on va être dans un lot de prétendants au podium très relevé. Mais bien malin celui qui pourrait dire aujourd’hui, qui sera sur le podium à l’arrivée. Donc, je vais d’abord me concentrer sur mon équipe et faire en sorte qu’elle soit sur ce podium avant de me préoccuper des adversaires. Mais sachez-le, c’est la plus haute marche qui nous intéresse le plus.  

Propos recueillis par Yves MICHEL

La page Handball, c’est tous les vendredi à partir de 10h05

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