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Lancés vers leur rêve
Lancés vers leur rêve
30 Janvier 2010 | International > Euro

Une défense intraitable et un coup d'accélérateur en début de seconde mi-temps ont suffi aux Bleus pour écœurer l'Islande (36-28) et s'offrir une nouvelle finale. Rendez-vous dimanche, pour la dernière marche vers un triplé inédit.

"Petite île, petite population", résumait hier Claude Onesta en parlant de l'Islande. Mais grosse envie, et grosse intensité physique. "C'est surtout une équipe que l'on ne doit pas laisser s'euphoriser", poursuivait le coach français. Un avertissement écouté par ses troupes, qui prennent rapidement la mesure du défi physique opposé par les Islandais. Solides en défense, ils montent sur les tireurs islandais, les empêchant de faire parler leurs bras à neuf mètres, leur point fort depuis le début de cet Euro.

Impériaux au centre, les Français obligent les Islandais à s'exiler sur les ailes, mais c'est alors Omeyer qui sévit, prenant rapidement le dessus sur Sigurdsson ou Petersson. Les ailes françaises en revanche vivent des folies d'Abalo, qui crée des espaces et ose tous les excès. Karabatic, impeccable en première mi-temps - 6/6 et 4 buts de rang en deux minutes, se charge du gros œuvre, et les Bleus sont devant à la pause (16-14).

La maîtrise est française, elle deviendra totale à la reprise. Karabatic, qui n'aime rien tant que les grands matchs, élève encore le tempo pour faire le jeu, provoquer des fautes - et livrer à la sortie une copie parfaite à 9/9. Guigou, se lâche comme il avait pu le faire contre la Slovénie, et claque 5 buts en moins de dix minutes. A 24-17 à la 39e minute, le trou est fait. Impuissants, fatigués, les Islandais abdiquent. Les Bleus jouent un niveau au-dessus et les hommes de Gudmundsson ne se sentent pas de taille à rivaliser.

Onesta, lui, coache dans les grandes longueurs : Junillon, Detrez et Barachet foulent le parquet viennois, les deuxièmes couteaux rentrent pour aiguiser leurs lames, pour rentrer dans l'ambiance si ils devaient dégainer demain. Et dans un match désormais en roue libre; c'est d'ailleurs Junillon qui inscrit les deux derniers buts français. Mais la finale est verrouillée depuis longtemps.

Après un premier tour chaotique et un tour principal en forme de montée en puissance, les Bleus ont maintenant retrouvé le tempo qui peut les rendre irrésistibles. Quel que soit l'adversaire qui leur sera proposé demain en finale, ils sont désormais en confiance, et plus personne ne peut douter de leur détermination à conclure ce fabuleux triplé Jeux Olympiques - Mondial - Euro.

"Le plaisir est la sensation d'un accroissement de puissance", aimait à penser Friedrich Nietzsche. Sûrs d'eux, sûrs de leur force, jamais dans cet Euro on n'a vu les Bleus prendre autant de plaisir. Et jamais on n'a senti qu'ils avaient autant envie d'en prendre. Vivement demain.

A Vienne, Wiener Stadthalle
Le 30 janvier 2010 à 14h00
France - Islande : 28 - 36 (Mi-temps : 16-14)
8 000 spectateurs
Arbitres :
MM OLESEN Per et PEDERSEN Lars Elby (Danemark)

Claude ONESTA : « Ce sera une vraie finale, face à nos meilleurs ennemis. Il est bien évidemment toujours intéressant de se confronter à ce qui se fait de mieux. Comme on l’a vu ce soir, l’équipe croate est brillante, a du génie et la défense est très solide pour n’avoir pris que 21 buts face à la Pologne. Ce sera un combat de jeux puissants et au premier qui lâchera prise. Nous avons l’avantage d’avoir gagné la dernière finale du Mondial face à eux et peut-être qu’ils sont encore marqués par ce dernier affrontement. L’essentiel sera de les pousser jusqu’aux derniers retranchements. Chaque erreur de notre part peut être fatale et il faudra ne pas rater notre début de match. »

Jérôme FERNANDEZ : « La Croatie possède des joueurs de talent avec de très bons attaquants comme bien évidemment, le célèbre Ivano Balic ou encore Domago Duvnjak qui évolue à Hambourg. On savait, dès le début de la compétition, que la Croatie figurerait parmi les favoris de l’Euro. Je dirai que c’est une finale assez ouverte, 50/50 … quoique plutôt 51/49 pour nous, car les Croates sont plus fatigués mais ils sont capables de nous battre même fatigués. De plus, ils sont revanchards d’avoir perdu la finale du dernier Mondial chez eux il y a un an. Il nous faudra continuer à être efficace en défense comme l’ont montré nos derniers matches encourageants et progresser en attaque. Il faudra faire très attention demain. »

La réaction d'Olafur Stefansson 
On est très déçu, on a tenu une mi temps, on a voulu défendre mais ils ont répondu et ils commencé à marquer des contre attaques. En défendant mieux, ils se sont mis à courir. On a mal joué en seconde période,  on a été passif. Maintenant il faut essayer d’oublier, se reconcentrer  pour demain pour essayer de bien finir l’Euro. Ce sera un match différent.

Statistiques du match

 

© Olivier Stephan
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