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Au revoir et merci, Isabelle !
Au revoir et merci, Isabelle !
17 Mai 2010 | France > LFH

Dimanche soir, Isabelle Wendling a dit adieu à son public. Metz lui a rendu un vibrant hommage.

Une légende a-t-elle une fin ? Une étoile peut-elle s’éteindre au firmament ? Hélas, oui. Dimanche, à 39 printemps, l’emblématique Isabelle Wendling a tiré un trait définitif sur vingt et une années de très bons et très loyaux services au plus haut niveau national et international devant son public messin. Il ne lui reste plus qu’un, voire deux matches de Coupe de France, ultime challenge à relever, mais loin des siens, avant de remiser ce célébrissime maillot n° 13 au rayon des souvenirs heureux et moins joyeux.

L’ovation – grandiose, à l’image de sa carrière exemplaire de fidélité et de dévouement au sein de ce seul club mosellan – a donc été à l’image de l’intense émotion qui avait gagné tous les gradins pour cette sortie que l’on ne croyait pas possible, qu’on se refusait même à envisager un jour, tant Isa a encore apporté cette saison.

Debout, les supporters ont longuement acclamé cette grande dame, cette ambassadrice du handball féminin dont l’intelligence, l’extrême modestie et la discrétion n’ont d’égal que sa générosité, sa sagesse et son talent. Le temps mort demandé par Dragan Majstorovic, à 2’30’’ du buzzer, a brusquement fait monter l’adrénaline dans les cœurs et les estomacs ont fait des nœuds. Seules au centre du terrain, longuement applaudies par les spectateurs et l’équipe de Mios – sympa ce geste des filles de Manu Mayonnade ! – Isabelle Wendling et Delphine Guehl, sa complice et amie, ont pu mesurer, s’il en était besoin, en quelle haute estime elles sont et resteront dans la mémoire du désormais ex-champion de France.

« Merci pour tout »
Retenant ses larmes et refoulant quelques sanglots que sa modestie lui interdit d’extérioriser, Isabelle se confie néanmoins avec sa pudeur habituelle : « J’ai connu quelques moments difficiles, mais celui-là est pas mal ! Merci pour votre soutien tout au long de ces années. J’ai eu la chance de jouer ici, devant vous qui nous avez souvent aidées à retourner des situations fortement compromises. Merci pour tout. » Les cordes vocales se font alors tremblantes quand vient l’instant de remercier toutes les personnes l’ayant accompagnée dans ses épopées. A commencer par Jeannine, sa maman, « ma supportrice n°1 », son frère et son neveu. Viennent ensuite le staff messin et de l’équipe de France, ses amies joueuses… Elle a tant à dire, mais a peur d’en oublier. L’émotion tourneboule les esprits. « Je veux souhaiter beaucoup de joies à celles qui vont évoluer sous de nouvelles couleurs. Mais, toutes et tous, vous allez me manquer. »

Isa reprend sa respiration, jette un ultime regard aux quatre tribunes copieusement garnies, comme pour mieux s’imprégner une ultime fois de cette chaleur, de cette communion, de cette complicité, de cet amour partagé. Le public scande son nom, tape dans les mains en mesure. Personne ne part. Tout le monde veut un autographe, une photo, un dernier mot, un ultime sourire… « Isa la fidèle » cède aux demandes. « C’est un soulagement, car j’ai tellement appréhendé ce moment-là, dit-elle sur le ton de la confidence. Il est encore trop tôt pour réaliser, mais il est vrai que je n’ai jamais autant regardé le chrono que ce soir ! »

« J’ai un regret »
Aujourd’hui, Metz a donc perdu cette « âme » qui savait se sacrifier au bénéfice du collectif. Joueuse la plus capée de l’histoire des Bleues (338 sélections et 543 buts), phare montrant la voie à ses partenaires, adversaire forçant le respect de ses rivales, Isabelle part donc la tête haute avec un palmarès incomparable : vice-championne du monde (1999) et championne du monde (2003), élue par ses pairs meilleur pivot de cette compétition, trois Jeux olympiques, deux médailles de bronze à l’Euro, quinze titres de champion de France, six Coupes de la Ligue, quatre Coupes de France (peut-être une cinquième le 5 juin à Coubertin). « J’ai quand même un regret, poursuit-elle : celui de ne pas avoir remporté de coupe d’Europe avec Metz. Cette saison, c’était l’année ou jamais. Et puis, la perte de notre titre m’attriste également. C’est pour cela que nous allons tout mettre en œuvre pour remporter la Coupe de France. Cette victoire atténuerait ce sentiment de frustration et revaloriserait notre parcours cette année. »

Voilà, la boucle est bouclée. Isabelle rejoindra bientôt le service des sports du Conseil régional de Lorraine pour débuter une autre vie.

« Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville
Quelle est cette langueur
Qui pénètre nos cœurs »

s’interrogeait le poète messin Paul Verlaine. Quelles jolies strophes aurait-il bien pu écrire pour chanter les louanges de celle qui aura ainsi marqué l’Histoire de ce sport ? On ne le saura jamais. Mais une chose est certaine : Isabelle Wendling restera un exemple de sportivité et de professionnalisme pour de nombreuses générations.

© Lionel Willems
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