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France-Tunisie… Retrouvailles entre amis
France-Tunisie… Retrouvailles entre amis
27 Octobre 2010 | International

Après l’Egypte en juin, la France est opposée à la Tunisie (jeudi à Chambéry et samedi à Nantes) afin d’entamer sa (courte) préparation au prochain championnat du Monde en Suède (du 14 au 30 janvier 2011). L’encadrement tricolore a du composer avec un certain nombre de blessés en appelant d’anciens locataires de la maison bleue et en faisant confiance à de nouvelles têtes.

Les Français se sont retrouvés comme s’ils ne s’étaient jamais quittés. Toujours avec le même plaisir, toujours avec la même complicité. Et comme à chaque rentrée des classes, il y a les chevronnés, ceux qui sont assurés de participer à la prochaine échéance, ceux qui sont là pour confirmer et les petits nouveaux qui ont tout à prouver et qui ont tout ou presque à apprendre.

En l’absence (depuis l’été et définitive pour le prochain Mondial en Suède) de Daniel Narcisse et (momentanée) de Michael Guigou, Samuel Honrubia et Nikola Karabatic, ce sont 19 joueurs qui sont à la disposition depuis lundi de Claude Onesta et de son staff. Une revue d’effectif bien utile à 78 jours, ce jeudi, de l’échéance mondiale et du premier match du Tour préliminaire contre….la Tunisie. Cela tombe bien puisque durant deux jours à guichets fermés à Chambéry et Nantes, Jérôme Fernandez et ses camarades se mesureront aux Aigles de Carthage dirigés depuis juin 2009 par le Français Alain Portes.  « Travailler bien plutôt que beaucoup en répartissant les temps de jeu et en faisant en sorte que dimanche, tous les joueurs rejoignent leur club en bonne condition », voilà le sens que Claude Onesta veut donner à ce rassemblement.

En ce début de semaine, les discussions sont allées bon train concernant notamment le nombre de joueurs blessés qui affectent actuellement, le rendement de certains clubs français. A tous les niveaux, les cadences imposées sont une nouvelle fois, au centre des débats. Et même s’il se refuse de parler d’hécatombe, le sélectionneur national préfère évoquer « des contraintes avec lesquelles il faut composer. »

Sensibilisation des arbitres, édulcorer les calendriers surchargés, réforme des compétitions comme ce sera le cas dès le Mondial 2015 (avec retour des 8èmes et des quarts et suppression des matches de classement qui dixit le DTN Philippe Bana « ne servent à rien ») sont autant de pistes suivies pour « protéger » la santé des internationaux.

Cette semaine, les Français ont d’ailleurs trouvé un allié de poids en la personne de Heiner Brand. Le sélectionneur allemand a tiré la sonnette d’alarme en demandant plus de respect envers l’équipe nationale amenée elle aussi, à préparer le Mondial. L’homme à l’imposante moustache a fustigé les cadences de la Bundesliga et notamment les trop nombreux matches programmés en décembre, à quelques jours du rendez-vous suédois.

Bref, pour le moment tout le monde dénonce mais rien n’avance…. Et chaque sélectionneur doit s’adapter. C’est ce que va tenter de faire Claude Onesta pour ses retrouvailles avec la Tunisie (les 20èmes depuis que le Toulousain a pris l’équipe nationale en mains). Deux joutes amicales qui le contentent pleinement.

Les cadences infernales, Thierry Omeyer pourrait aisément en parler. Ne l’oublions pas, le gardien de buts tricolore évolue à Kiel, dans le meilleur club du Monde, dans le championnat le plus exigeant qui soit, avec pas moins de 34 journées programmées chaque saison, sans compter la Ligue des Champions (16 confrontations lors du dernier exercice), les matches  de Coupe et  de préparation. « Titi » pourtant ne se plaint jamais, surtout lorsqu’il s’agit de retrouver ses potes de l’équipe de France.

Deux nouvelles têtes sont venues cette semaine agrandir la famille France. Du sang neuf, des joueurs prometteurs sur lesquels l’encadrement tricolore compte pour conduire l’après 2012. Depuis lundi qu’ils ont intégré la cour des grands, Kentin Mahé et Arnaud Bingo ne se quittent plus. Jusque là, ils ne s’étaient jamais rencontrés mais tout de suite, le courant est passé à tel point de partager tout naturellement la même chambre.   Pour le Tremblaysien Arnaud Bingo, cette semaine est une des plus importantes de sa jeune carrière.

Dans cette équipe de France, il y a aussi des retours sympathiques. Les Chambériens Bertrand Roiné et Cédric Paty ont repris goût au maillot tricolore. Cédric lui, a passé deux sales années. Sitôt l’euphorie des Jeux Olympiques retombée, la doublure d’alors de Luc Abalo, a été victime fin 2008, d’une rupture des ligaments croisés du genou. La galère ne s’est achevée que l’été dernier lorsque « Cécé » a pu retrouver des sensations avec ses potes savoyards. Et depuis, tout baigne et Claude Onesta qui au Trophée des Champions nous avait assuré que pour lui, « Cédric Paty, est redevenu un joueur sélectionnable en équipe de France » a rappelé le Bourguignon. Et la concurrence fait rage désormais derrière Luc Abalo avec « l’espagnol » Guillaume Joli.

Le groupe France :
Dumoulin, Barachet, Roiné, Detrez, Paty (Chambéry), Karaboué (Toulouse), Omeyer, Fernandez (Kiel All.), Dinart, Abalo (Ciudad Real Esp.), Gille Bertrand, Gille Guillaume (Hambourg All.), Joli (Valladolid Esp.), Accambray (Montpellier), Bosquet (Dunkerque), Ostertag, Bingo (Tremblay), Sorhaindo (Barcelone Esp.), Mahé (Dormagen All.).

Alain Portes ne connait pas de frontière
En février dernier, Alain Portes a réussi son coup. Gagner en tant que sélectionneur de l’équipe de Tunisie, la Coupe d’Afrique des Nations et décrocher un billet pour le prochain Mondial suédois. Mais voilà, le tirage au sort n’a pas été très favorable puisque Issam Tej et ses partenaires devront affronter la France, l’Allemagne, l’Espagne, l’Egypte et le Bahreïn dès le Tour Préliminaire. De plus, en Suède, le Nîmois ne pourra pas compter sur Wissem Hmam, une de ses gâchettes à la CAN.

Alain, pour faire votre sélection, vous êtes très dépendant du championnat français ?
Oui, puisque mon équipe est composée de joueurs évoluant en LNH, de joueurs du championnat tunisien et deux ou trois qui sont dans les pays du Golfe, mais c’est vrai que de l’ossature des pros, la génération qui a fini 4ème du Mondial 2005, les meilleurs sont en France. Donc, un affrontement entre la Tunisie et la France, c’est toujours un peu particulier.

Avec des soucis actuellement car certains cadres sont blessés…
Oui, surtout quand on pense à notre base arrière. Les Montpelliérains Aymen Hammed et Wissem Hmam, opérés de l’épaule, ne sont pas là, de même que Heykel Megannem de St Raphaël est blessé aux adducteurs. Donc forcément, on est un petit peu inquiet. Maintenant, l’équipe de France est confrontée au même problème puisque Narcisse, Karabatic et Guigou ne joueront pas. Le problème, c’est que le réservoir des Français est plus important que le nôtre. Mais ça fait partie de la vie des handballeurs professionnels. Il y a beaucoup de blessures. Mon travail ici, c’est aussi de détecter des joueurs qui vont relayer voire remplacer les absents du moment. Ces deux matches amicaux vont servir à montrer aux jeunes joueurs qui seront là, les exigences du haut niveau.

Ces matches amicaux iront au-delà car vous allez retrouver la France en Suède….
Oui, et l’Allemagne et l’Espagne vont avoir les mêmes caractéristiques que la France au niveau intensité physique et vitesse du jeu donc, pour nous, c’est très intéressant de rencontrer les Français. Même s’il s’agira d’un poker menteur car en plus, France-Tunisie, c’est aussi le match d’ouverture du Mondial. On ne va pas apprendre grand-chose mais c’est bien pour nous, de nous étalonner face à la meilleure formation du Monde. On a reçu cette invitation comme un honneur, on va essayer d’en être digne.

Un entraîneur français qui évolue à l’étranger et qui se retrouve face à la France, cela doit être particulier…
Oui, absolument. En ce qui me concerne, comme j’ai eu la chance de porter le maillot bleu pendant une dizaine d’années, c’est encore plus émouvant. Mais je pense que je vais me concentrer comme je le fais depuis le début. Mais c’est vrai que je vais avoir des frissons lorsque retentira la Marseillaise. Je l’ai entendue pas mal de fois. Cette fois-ci, je serai dans le camp d’en face et c’est particulier. Comme je suis quelqu’un d’assez émotif, cela risque un peu de me secouer.

On sait qu’en France, il y a un projet jusqu’au J.O de 2012. C’est la même chose pour la Tunisie ?
Oui, complètement. Les Jeux de Londres, la Tunisie voudrait y participer. Donc, il faut se qualifier. Ca serait l’aboutissement de la génération 2005. A Tunis, tout le monde a le souvenir de cette 4ème place lors du Mondial organisé dans le pays. Cela avait été un grand moment pour le sport tunisien. Les cadres vont bientôt arriver à un âge où il est peut-être temps d’arrêter. Mon travail va consister à amener cette génération aux Jeux mais aussi, détecter ceux qui prendront le relais.

Et à la CAN, il y a eu l’émergence de nouveaux talents…
Oui, vous parlez de Basem Mrabet et de Anis Gatfi. Ils se sont révélés à la CAN, ils évoluent à l’Espérance de Tunis, ils sont jeunes donc il faut qu’ils confirment et c’est sans doute, le plus dur qui leur est demandé. Ils ont beaucoup de qualité. Tout comme Kamel Alouini (qui après un passage à Istres, est rentré au pays) et d’autres de sa génération. On peut aussi appeler des joueurs qui ont fait 4ème au dernier Mondial cadets. Ils ont le profil pour être avec nous, en sélection mais à condition qu’ils mettent toute la rigueur, toute la volonté et tout le travail nécessaires. Il y a en Tunisie, un véritable potentiel. C’est un pays où le handball est roi. Pendant la Coupe d’Afrique des Nations, on était même devant le foot dans le cœur des gens ! Ici, les jeunes jouent au hand dans la rue. Je n’ai pas encore vu cela en France et les joueurs tunisiens ont un statut de grandes stars.

Dans un peu plus de deux mois et demi, c’est le Mondial en Suède. Pensez-vous pouvoir disposer de Hmam et d’Hammed ?
Je me prépare à faire le Mondial sans eux. Parce que c’est trop risqué de dire qu’ils seront opérationnels au mois de janvier. Je travaille donc, comme s’ils n’étaient pas là. Bien sûr, j’ai un œil attentif sur l’évolution de leur blessure et l’état de guérison. Je me réjouis qu’Aymen Hammed retrouve un peu de temps de jeu avec Montpellier. Wissem Hmam lui, n’a toujours pas repris. Lui donner le seul statut de défenseur et l’amener au Mondial, ne serait pas lui rendre service. Leur absence est embêtante pour l’équipe nationale, comme elle l’est d’ailleurs pour Montpellier mais il faut leur laisser le temps de se remettre tranquillement, les laisser gérer leur carrière intelligemment. Et puis si d’ici janvier, on a une surprise sur le rétablissement de l’un d’entre eux, ce sera tant mieux.

Le groupe de la Tunisie pour les deux matches contre la France :
Du groupe présent en Roumanie (la Tunisie y a remporté le Tournoi des Carpates, la semaine dernière), Alain Portes a conservé 10 éléments auxquels se rajoutent six joueurs évoluant habituellement en LNH. Il s’agit des Nantais Marouane  Maggaiez et Mahmoud Gharbi, du Dunkerquois Jalel Touati, du Toulousain Anouar Ayed, du Montpelliérain Issam Tej et du Cessonais Majed Ben Amor.

Dossier réalisé par Yves MICHEL (www.rtl-lequipe.fr)

© Yves Michel
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