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Claude Onesta, le meneur d'hommes
Claude Onesta, le meneur d'hommes
27 Décembre 2010 | International

Avec un palmarès long comme le bras, le handball Français vit actuellement une période faste. L'occasion pour Handzone de vous dresser une série de portraits sur ceux qui font aujourd'hui le succès du handball tricolore... mais pas seulement. Un focus aussi sur ces hommes et ces femmes d'exception, ceux du siècle dernier, certes moins connus mais qui ont participé à leur niveau à l'avènement du handball. L'opportunité lors des prochains mois de connaître le parcours et de revenir ainsi sur la réussite de ces personnages incontournables dans le monde de la petite balle ronde.

Ce mois-ci, c'est évidemment l'entraîneur de la décennie 2000 qui est à l'honneur. Claude Onesta est aujourd'hui le sélectionneur le plus titré du sport Français. Seul coach au monde à cumuler successivement les trois titres majeurs (olympique, mondial et européen), le technicien Toulousain âgé aujourd'hui de 53 ans est unaniment reconnu par tous. Reste désormais à continuer la collection de médailles d'or jusqu'aux JO de Londres de 2012 où vraisemblablement il cédera son fauteuil de sélectionneur à un autre. Retour sur la vie d'un modeste entraîneur de club devenu, depuis deux ans, un symbole de réussite sportive.

Claude Onesta naît en 1957 dans une famille d'immigrés partie d'Italie au moment de l'avènement de Mussolini et arrivée avant-guerre dans la région d'Albi. Il passe son enfance à Toulouse où il débute étonnament son parcours sportif par le rugby et le football. Mais le jeune Claude délaisse très vite ces sports et adhère à la section hand du club Toulousain. "J'ai suivi mes copains au hand pour faire un essai, les éducateurs me trouvant quelques aptitudes m'ont convaincu de revenir et de rester".

Fidèle à sa ville de toujours, le Toulousain évolue, dans les années 70 et 80, le plus souvent au plus haut niveau avec quelques passages en deuxième division. Mais à cette époque-là, le handball n'est évidemment qu'amateur avec deux à trois entraînements par semaine. Claude Onesta a donc suivi en parrallèle des études pour devenir professeur de sports. Pendant six ans, il est enseignant d'EPS. Progressivement, le handballeur se sent à l'étroit au sein de l'éducation nationale et se tourne vers la Jeunesse et les Sports.

Sur un poste de conseiller technique régional de Midi-Pyrénées qui lui convient parfaitement, le Toulousain prend en charge pendant seize ans la formation des joueurs, entraîneurs et dirigeants. "Former et m'occuper du jeu était donc dans ma nature profonde". Claude Onesta était également à cette époque l'entraîneur des équipes jeunes du club.

FIN DES ANNÉES 90... UNE PÉRIODE FASTE

C'est en 1987 qu'il arrête sa carrière de joueur, à tout juste 30 ans. Et tout naturellement il reprend, en compagnie de son vieux compère Alain Raynal, le coaching de la formation Toulousaine. Avec peu de moyens financiers, le club de la ville rose prospère tout de même en D1 durant les années 90. Faute de pétrole, le technicien a des idées : en prenant également en charge l'équipe de france espoirs, le natif d'Albi recrute des jeunes joueurs à fort potentiel en provenance de sports-études.

Et petit à petit, Toulouse s'intercale dans les premières places du championnat. Viennent notamment des jeunes pousses comme Christophe Kempé ou Jérôme Fernandez. Encadrés par quelques joueurs d'expérience à l'image de l'International Stéphane Plantin qui y fera l'essentiel de sa carrière. "C'était une période assez exceptionnelle où en plus d'être efficace, personne ne pouvait nous arrêter". L'aventure est belle : Toulouse remporte en 1998 la Coupe de France devant Montpellier, termine 3ème du championnat et se hisse l'année suivante en demi-finale de Coupe d'Europe.

Au vu de ses résultats probants, Claude Onesta se fait petit à petit un nom parmi les probables successeurs de Daniel Costantini à la tête de la grande équipe de France. Certains annoncaient l'arrivée de Philippe Gardent mais l'année 2001 marquera les débuts du Toulousain sur la scène internationale. "Il y avait plusieurs candidats mais j'étais peut-être le plus ancré dans la maison fédérale". Une entrée en matière délicate au sein d'une équipe de France, fraîchement championne du monde chez elle à Paris-Bercy. Pour tous les observateurs, le comparatif était inéluctable avec un Costantini qui avait sorti depuis 1992 le hand Français de nulle part. "J'ai eu l'impression de m'installer dans les pantoufles de Daniel Costantini et je devais souffrir la comparaison constamment".

LE DÉCLIC EN 2006

Dans l'apprentissage d'une nouvelle génération après celles des barjots et des costauds, les premières années à la tête des Bleus sont marquées par les médailles de bronze aux Mondiaux de 2003 et 2005. Mais le petit monde du handball se demande toujours si le sympathique entraîneur du sud-ouest sera à la hauteur de la tâche qu'on lui a confiée. La réponse arrive en 2006 avec un titre Européen que la France n'avait jamais remporté jusqu'alors. Une consécration et un soulagement palpable qui donnent ainsi au sélectionneur une légitimité aux yeux de tous : "ce titre est le bienvenu car c'est celui qui a donné la dynamique, apaisé les conflits et les attaques extérieures".

La machine des "Experts" est lancée sur de bons rails et plus aucun adversaire ne pourra bientôt la stopper. Un temps freînés par une demi-finale pas très claire lors du mondial Allemand en 2007 et par un jeu à l'ancienne des Croates à l'Euro 2008, les Bleus d'Onesta frappent un grand coup lors des Jeux Olympiques de la même année. Maîtres absolus de l'Olympiade Pékinoise, les Tricolores enchaînent, six mois après lors du mondial 2009, par un exploit retentissant au coeur d'un fief de handball, la Croatie. Claude Onesta rafle au passage le titre de meilleur entraîneur de l'année 2009 de la part de l'IHF. Dans sa dynamique de victoires, la France devient l'ogre de la planète hand et réalise un triplé inédit avec une nouvelle couronne lors de l'Euro 2010 en Autriche.

Depuis 2008, la vague de sympathie autour du handball Français est également inédite et tranche singulièrement avec l'image désastreuse du foot Tricolore... A l'origine de ce succès, Claude Onesta reçoit ainsi les félicitations du public Français. "Ma mission a quelque peu changé depuis deux ans" : le Toulousain est assailli de sollicitations et est aujourd'hui dressé en exemple. Surfant sur la vague du succès, Onesta vit là un sommet dans sa carrière. Le Mondial 2011 est sa prochaine échéance avant probablement une dernière compétition à Londres en 2012 lors des Jeux Olympiques. Une opportunité pour Claude Onesta de tirer sa révérence après 11 années de bons et loyaux services.

Bien qu'admiratifs de son bilan, les connaisseurs lui demanderont, avant de s'en aller, de transmettre le témoin dans de bonnes conditions. Fidèle à un groupe restreint dans lequel les Karabatic, Omeyer, Fernandez et quelques autres, prennent une place prépondérante, il reste néanmoins à Claude Onesta à préparer l'avenir en incorporant au mieux les jeunes, et ce, pour éviter une période de vaches maigres post-olympique.

L'avenir d'Onesta après 2012 ? "certainement pas entraîneur de club ou président, plutôt revenir à un moment ou à un autre chef de projet au sein d'un club". Car l'aspect sportif fera toujours parti du personnage. Le sélectionneur Tricolore se voit bien continuer sa carrière en tant que manager général mais dans un club ambitieux avant tout. Un avenir aux contours encores flous "je vous avoue qu'aujourd'hui je n'ai pas une vision très précise de la suite" mais nul doute qu'au regard du palmarès du technicien Haut-Garonnais, les propositions afflueront de toutes parts.

© Davy Bodiguel
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