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Hugo Descat, serial buteur
Hugo Descat, serial buteur
3 Novembre 2011 | France > LNH
A 19 ans, Hugo Descat affole les compteurs. Depuis qu'il est aligné en Division 1, l'ailier gauche de Créteil marque des buts, plein de buts et Benjamin Pavoni, son entraîneur, ne regrette pas la confiance qu'il lui accorde depuis le début de la saison. 


Cinq buts face à Tremblay, 9 à Nîmes, 12 contre Nantes, Hugo Descat est le petit jeune qui en ce moment, grimpe quatre à quatre les marches de la 1ère division. Au classement des buteurs, il rivalise même avec ses aînés. Le plus déconcertant c'est quand vous lui faites remarquer tout cela et qu'il vous répond avec la lucidité d'un vieux briscard. « Dès le moment où on compte sur moi, il est normal que je réponde présent, je compense toute l'attention qu'on me porte, en essayant de bien jouer et marquer des buts. Je ne me prends pas la tête, je suis encore jeune et voilà. » Le garçon originaire de Villiers sur Marne capitalise le travail accumulé depuis quatre ans à l'ombre du palais des sports Robert Oubron et au centre de formation de Créteil, même si la saison passée, en D.2, l'entraîneur de l'époque ne l'a pas souvent utilisé. A l'intersaison, Benjamin Pavoni a misé sur le jeune ailier gauche et le nouveau coach ne s'est pas trompé. « J'ai eu beaucoup de chance qu'on me fasse confiance, reconnaît Hugo, car c'est rare à mon âge. Mais il ne faut pas que je me repose sur mes lauriers. Faire deux ou trois bons matches, c'est possible mais être régulier sur toute une saison, c'est plus difficile. »L'expertise est cohérente mais pour qu'elle soit plus affinée, l'avis de Guéric Kervadec, le directeur sportif de Créteil, s'impose et surtout, ne souffre d'aucune contestation. « Je ne suis pas surpris par rapport à son niveau de jeu et à ses qualités de joueur. Il n'a pas eu trop de temps d'adaptation au groupe pro. Ce qui me surprend, c'est sa régularité depuis le début de la saison. » L'ancien pivot international, âme de l'USCH depuis de si longues années observe et surtout couve à distance son protégé. « Je ne me fais pas trop de soucis. Il est bien encadré, il sait ce qu'il veut et sur quoi se concentrer pour en faire son métier. C'est un des joueurs les plus matures de sa génération mais qui doit encore évoluer. » Hugo Descat ne bénéficiera d'aucun cadeau, surtout dans une équipe où se côtoient de fortes personnalités, à commencer par le capitaine Fabrice Guilbert. « Avec les anciens, je ne fais aucune différence mais c'est vrai que Fabrice, c'est quelqu'un de particulier et quand il te dit quelque chose sur le terrain, tu as intérêt à l'écouter. Ses conseils sont précieux. Dans la vie, c'est aussi un modèle.  » 


Le bonhomme détourne l'attention sur les autres afin de se faire oublier. Mais finalement, Hugo Descat, ce sont ses potes de club qui en parlent le mieux. «C’est un super bosseur, souligne Antoine Ferrandier, demi-centre au centre de formation de Créteil. Hugo est capable de rester une heure après la séance d'entraînement, pour faire du shoot. C'est un showman qui aime les grosses ambiances.» Un de ces compétiteurs qui n'acceptent pas de perdre au point de.... « tricher un peu sur les petits jeux qu'on fait à l'échauffement, avoue son camarade de promo, et pour ce qui est de m'épater ou pas par ce qu'il fait, c'est oui parce que c'est sa 1ère saison en D.1, et non parce qu'il a travaillé beaucoup et c'est une juste récompense. » L'intéressé fait apparemment l'unanimité autour de lui. Même quand il est hors du terrain et qu'il a remis sa tenue de ville ? « Je le connais depuis le début, on a presque tout partagé à Créteil et en sélections jeunes, témoigne Adrien Ballet, un autre "poto" du centre de formation, et c'est quelqu'un sur qui je peux compter sans hésiter. On a vécu de bons moments mais aussi des mauvais. La disparition de Maxime Candau (ndlr: capitaine de l'équipe de France jeunes et joueur de St Raphaël, décédé d'une crise cardiaque, le 30 mai 2009) , il y a deux ans nous a tous rapprochés, c'est toujours dans un coin de notre tête et c'est aussi une source de motivation » Hugo Descat est aussi attaché à ces valeurs de solidarité et d'amitié avec ses potes de Créteil mais également de l'équipe de France. Celle qui au Mondial jeunes en Argentine, a échoué à la plus mauvaise des places, la quatrième. Mais l'été dernier, le Cristolien a franchi un palier en se classant 2ème buteur et surtout meilleur ailier gauche de la compétition. « Là-bas, il a emmagasiné beaucoup de positif avant d'attaquer le championnat avec nous, reconnaît Guéric Kervadec. Il a les prémisses d'un grand joueur même s'il est encore loin d'être un joueur accompli. » Personne ne dira le contraire, Hugo Descat est perfectible. Il a le sens du but, l'envie, la vitesse mais il lui manque encore les ficelles du métier. « Il doit varier sa gamme de tirs, renchérit le directeur sportif. Plus il va avancer, plus ce sera dur car les gardiens vont commencer à le connaître. Défensivement, il faudra aussi qu'il s'améliore. » 


Hugo Descat est conscient de ce qui l'attend. Ses priorités sont identifiées.  « Il faut tout d'abord que j'obtienne mon bac ES après une 1ère tentative, l'année dernière. Ensuite, côté handball, il faut que j'apprenne encore et encore et que je progresse. Ce n'est qu'à ce prix que je pourrai obtenir plus. Et puis j'espère être encore sélectionné en équipe de France juniors.» Ne pas brûler les étapes tout en gardant un regard sur la ligne d'horizon, c'est un peu le programme que s'est fixé celui qui d'ici quelques semaines, devrait signer son premier contrat pro. S'inspirant de ses deux modèles que sont Lars Christiansen, l'ailier gauche danois de Kolding «pour sa technique» et Stefan Kretzschmar, l'ancienne icone de la Mannschaft «pour le show qu'il produit mais pas pour ses tattoos ni ses percings», le Francilien reste les pieds sur terre, même si de temps en temps, des rêves en tricolore pourquoi pas chez les A, accompagnent ses nuits. « Ouh là ! Il y a très peu d'élus à ce niveau, à peine un ou deux joueurs par génération. Mais c'est vrai que France A est dans la tête de tous les joueurs de D.1. Après, y parvenir est une autre affaire. Je n'aime pas trop en parler car ça fait trop prétentieux.» Et puis à 19 ans, Hugo a le temps de voir venir en entendant une douce voix lui suggérer: Passe ton bac d'abord !
© Yves Michel
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