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David Juricek, l'épicurien du handball
David Juricek, l'épicurien du handball
8 Novembre 2011 | France > LNH
Bougnol était devenu son jardin, les « Blue Fox », sa deuxième famille. Et puis l’été dernier, la mort dans l'âme, David Juricek a dû se résigner et quitter Montpellier. Après sept saisons passées au MAHB, le pivot tchèque s’est installé un peu plus à l’est, à St Raphaël. Jeudi, avec son nouveau club, il fait son grand retour dans l’Hérault.

David Juricek est un homme occupé. A peine arrivé de Hongrie où avec la sélection tchèque, il participait au Tournoi des 4 Nations (qui réunissait en outre la Hongrie, la Serbie et la Croatie), le pivot de Saint-Raphaël a repris le chemin de l’entraînement. Pour préparer une semaine assez particulière. Jeudi, devant les caméras de Canal+Sport, St Raphaël se déplace chez le champion, à Montpellier. David jubile à l’idée de retrouver ses anciens partenaires et surtout un environnement qui lui est forcément familier.

Mais ce Juricek-là n'en finit pas de nous épater. Alors qu'à 37 ans passés, il n'aurait pu s'intéresser qu'à son nouveau club et tourner le dos à la sélection, l'amour du maillot national, le plaisir de se retrouver entre compatriotes, l'ont fait replonger. Avec les Nocar, Sobol et autre Jicha, il compte bien jouer un rôle de premier plan au prochain Euro qui aura lieu en Serbie en janvier 2012. Insatiable, le bonhomme !

Le retour en sélection, l'avais-tu vraiment programmé ?
En fait, avec la sélection, je n’ai jamais vraiment arrêté. C’est vrai quand j’étais à Montpellier, il y a eu une période où je voulais plus me consacrer au club. Donc j’avais un accord avec l’entraîneur tchèque pour participer à tout ce qui concernait les qualifications mais faire l’impasse sur les tournois et les championnats. Depuis l’année dernière, j’ai à nouveau participé à tous les stages, etc… Pendant la pause que j’ai faite avec l’équipe nationale, j’ai compris que cela me manquait, l’ambiance du groupe notamment et puis de faire des aller-retour, vis-à-vis des autres, ce n’était pas correct. Donc au bout de deux ans, j’ai réfléchi en me disant, soit tu t’arrêtes complètement, soit tu t’engages à fond. Donc comme l’équipe nationale fait partie de mes envies, j’ai décidé de continuer en m’investissant à 100%.

L'été 2011 a été riche en rebondissements avec le départ de Montpellier et cet atterrissage presque sans bruit à St Raphaël.
Oui, j'ai signé deux saisons dans un club très ambitieux. Malheureusement, ma préparation a été perturbée par une déchirure aux ischio-jambiers mais je me suis bien intégré par la suite.

Au niveau des résultats, vous restez sur deux défaites à domicile, contre Tremblay et Chambéry.
La plus dommageable, c’est celle face à Tremblay. Contre Chambéry, si la victoire était concevable, on peut se dire que beaucoup d’équipes et notamment parmi nos concurrents directs vont perdre des points face à eux et ce n’est pas catastrophique. La défaite contre Tremblay reste pour moi, LA contreperformance. Ce type de matches, surtout à domicile, on n’a pas le droit de le perdre.

 

Le club est engagé sur tous les tableaux, la saison est longue et là, arrive Montpellier, ce qui n’est pas un cadeau.
C’est sûr que ce n’est pas un cadeau. Mais j’ai envie de dire la même chose que face à Chambéry. Montpellier, c’est même un cran au-dessus, qui plus est à Bougnol, donc pronostiquer une victoire là-bas n’est pas logique pour beaucoup de gens. Nous allons y aller sans pression, on a tout à gagner. Pour moi, ça reste un super match à disputer. Imaginez, si on l'emporte, ce sera une grosse surprise, si on perd, tout le monde va trouver ça normal. Ceci dit, on va prendre du plaisir et essayer de proposer quelque chose et on verra bien.

Pas de pression mais pour cinq d’entre vous (*), c’est particulier de revenir à Montpellier. Tu as quand même passé sept saisons là-bas.
Au niveau du jeu, c’est un match comme les autres mais c’est vrai qu’au niveau de l’émotion, ce sera très spécial. Pour moi en plus, c’est la 1ère confrontation face à eux, depuis que je suis parti. J’ai passé sept saisons à Montpellier, j’y ai laissé plein d’amis autant dans le club qu’à l’extérieur, de souvenirs, la relation avec les supporters « les Blue Fox » est intense. Emotionnellement, cela va être très riche. J’attends avec impatience ces retrouvailles car j’ai du mal à imaginer comment cela va se passer.

St Raphaël est engagé sur tous les tableaux, championnat, coupes et Europe, ce n’est pas un peu trop ?
Pour moi, jouer un match tous les trois jours, j’y suis habitué, cela ne me dérange pas. Il faut aussi remarquer qu’on compense. On joue plus et du coup, il y a moins d’entraînements. L’élément déterminant, ce sont les blessures. On n’est jamais à l’abri avec la répétition des matches et c’est vrai qu’avec l’effectif qui est le nôtre, c’est sans doute plus difficile à gérer. Nous l’avons vu avec la blessure de Jan Stehlik, c’est très handicapant. Mais on ne va pas faire d’impasse. On veut tout jouer, et on ne va pas se plaindre parce qu’il y a beaucoup de matches au programme. Si je suis venu à St Raphaël, c’est parce que le club a des ambitions élevées.



Tu as 37 ans passés, tu joues attaque-défense et qui plus est, pivot, quelle est la recette ?
Avoir avant tout, une bonne hygiène de vie, après, est-ce que c’est dans les gènes, par les parents, je n’en sais rien. Mon père qui était pivot comme moi, n’a pas joué aussi longtemps mais sincèrement, tu ne lui donnes pas son âge. Il a aujourd’hui 67 ans et il en parait beaucoup moins. C’est vrai que ça étonne encore de voir que je joue au plus haut niveau à l’âge que j’ai et que j’ai signé deux ans de contrat supplémentaires, ce que je peux dire, c’est que le plaisir et l’envie sont des moteurs.

Tu n’as jamais eu un coup de mou ?
Je dois très franchement reconnaître que lorsque Montpellier m’a annoncé qu’il ne me gardait pas, j’ai longtemps réfléchi et j’ai même envisagé d’arrêter ma carrière et finalement, j’ai décidé de continuer parce que j’avais encore envie. Je pense que ça se passe autant dans la tête que dans les jambes. On peut être bien physiquement mais si on n’est plus motivé, cela ne peut pas marcher. Je me sens aussi bien maintenant qu’il y a cinq ans et j’ai l’envie de continuer donc tout va bien !

Comment vois-tu ta fin de carrière ?
En club, je me vois terminer en France. Je ne suis pas prêt à revenir en République Tchèque pour jouer. La différence de niveau entre le championnat en France et en République Tchèque est très importante. Après ma carrière, je veux changer, couper avec le handball. Un poste d’entraîneur, ça ne m’intéresse pas. Mais j’ai encore le temps de penser à ma reconversion. Une fois que j’aurai arrêté le hand et même si je suis très bien en France, je pourrai rentrer au pays. Mais, ce n’est pas encore d’actualité. Je jouis de ce qui se présente à moi.

 
(*) David Juricek, Geoffroy Krantz, Heykel Megannem, Alexandre Tomas et Raphaël Caucheteux sont passés par le MAHB.
 
© Yves Michel
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