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CAN 2012: Au Maroc, Soufian Idir se sent chez lui
CAN 2012: Au Maroc, Soufian Idir se sent chez lui
15 Janvier 2012 | International > CAN

Il vit un rêve éveillé. Du centre de formation d’Ivry qu’il a momentanément quitté fin décembre à l'équipe nationale du Maroc qui dispute la Coupe d'Afrique des Nations, le demi-centre Soufian Idir a véritablement changé de peau. Victorieux lors des trois premiers matches, les Marocains affrontent ce soir l'ogre tunisien.

Il y a un peu plus de six mois, Soufian Idir portait le maillot tricolore. Du moins, il participait à un rassemblement avec l’équipe de France juniors en vue du Mondial de la catégorie en Grèce. De la même génération que Kentin Mahé, Valentin Porte, Florent Joli ou Guillaume Marroux, le jeune demi-centre de l’US Ivry n’avait pas été retenu par Guy Petitgirard, le sélectionneur des moins de 21 ans. Quelques mois plus tard, le coup de téléphone de Philippe Carrara, pressenti pour diriger la sélection marocaine, a agi comme un véritable déclic même si l’intéressé lui-même, avoue avoir hésité à franchir le pas. « C’est vrai qu’à l’époque, j’ai tourné le problème dans tous les sens. Dans mon entourage, des personnes m’ont carrément déconseillé de choisir le Maroc. Le tableau qui était fait n’était pas reluisant. Quand je vois comment ça se passe aujourd’hui, je ne regrette pas une seule seconde d’avoir fait ce choix. » Depuis qu’il est arrivé à Rabat avec la sélection, le jeune ivryen vit un rêve éveillé. Il ne se doutait pas une seule seconde que ce public marocain, si fervent, si enjoué, si dur parfois dans ses critiques, lui rendrait au centuple, la parcelle de temps qu’il a bien voulu consacré à cette sélection naissante. A 21 ans, aux côtés de Seuf’ Sayad et de Yass’ Idrissi et des autres binationaux, Soufian Idir fait figure de cadre de l’équipe. « Il n’y a pas de pros ou d’amateurs dans ce groupe. Il y a une solidarité inouie entre nous, on a tous envie de briller ensemble. C’est vrai que ceux qui évoluent en France, on a un double rôle, apporter au plan du jeu mais aussi encadrer, conseiller ceux qui sont issus des clubs marocains. » Et depuis le début de la compétition, l’ensemble dirigé par Philippe Carrara fonctionne à l’unisson. Les Kelliman, Baybay, Aloui, Issimor et autres El Fil font tellement preuve d’application et de bonne volonté qu’ils apportent leur contribution au projet. « Sincèrement, confirme Soufian Idir, je n’ai rien à dire sur ces gars de l’équipe qui sont issus des clubs marocains. Ils s’investissent à 200%, même encore plus que nous car ils savent qu’ils ont un retard par rapport à nous, mais que ce soit en attaque, en défense, sur l’investissement dans le groupe, en dehors, ils sont en or et je suis fier d’avoir rencontré et côtoyé des mecs comme ça. » Le handball marocain démarre de rien et voudrait bien aller quelque part. Le début de l’histoire pourrait être écrit lors de cette 20ème CAN. Les succès contre les deux Congo et le Sénégal sont d’autant plus probants que cette équipe ne s’est retrouvée au complet qu’à peine quelques jours avant de prendre ses quartiers à Rabat.

 

Vendredi, à l’issue de la victoire contre le Sénégal, personne ne s’attendait à un tel délire dans les tribunes de la salle Ibn Yassine. Dans un pays où comme (presque) partout, le football est roi et où à Rabat, aucune affiche, aucun panneau, aucune banderole ne fait la promotion de la compétition africaine, on se demande d’où cette foule est sortie. Le bouche à oreille sans doute. Et si ça continue avec des résultats allant crescendo, le gymnase devrait très rapidement afficher complet. Ce qui au départ, apparaissait comme une gageure deviendrait un véritable succès populaire ! Soufian Idir a désormais un rituel, quand il inscrit un but ou que l’arbitre siffle la fin de la rencontre. Il communie totalement avec ces gens qui encore il y a quatre jours, ne le connaissaient même pas. L’Ivryen formé au handball à Gien (Loiret) comme ses frangins, vit des moments uniques. « Je ne sais pas comment expliquer ce qui se passe. Il n’y a qu’à voir cette ferveur. Tu es porté par quelque chose. A Ivry, on connait l’engouement des supporters mais là, c’est différent. La différence dans mon club, c’est que je n’ai pas autant de temps de jeu et le même rôle qu’ici où les gens comptent vraiment sur moi. J’ai envie d’aller le plus loin possible avec cette équipe et je pense qu’elle a le potentiel pour y parvenir » Le Maroc monte en puissance et devra encore un peu plus élever son niveau de jeu. En face, ce dimanche, c’est la Tunisie. Depuis 1974, date de création de la 1ère CAN, les Tunisiens ont toujours été sur le podium et à huit reprises sur la plus haute marche. « C’est une montagne pour nous, concède Soufian Idir mais bon, on ne va pas se dégonfler. On va y aller avec la même envie que celle qui nous caractérise depuis le début. C’est trop bon de se dire qu’il y a à chaque fois un challenge et qu’on peut le relever. » Depuis qu’il est arrivé à Rabat, le protégé de David Ruch au centre de formation d’Ivry, a du mal à trouver le sommeil. L’excitation prend le dessus. « Tu ne crois pas si bien dire, je dois dormir 3 à 4 heures par nuit. A peine les yeux fermés, je me refais tout le match avec l’ambiance, le regard des gens. Khalid, (ndlr : Imaghri, le pivot de Châteauneuf en N.2) mon colocataire de chambre essaie de m’apaiser, de me dire de me détendre mais la bonne pression, l’envie de bien faire prennent le dessus. » Le joueur ne veut rater aucune miette du gâteau sucré qu’il est en train de dévorer. « Sincèrement, je suis un privilégié de vivre cela et même après cette compétition, je sais que cela va continuer et que je vais attendre avec grande impatience d’y retourner. » En attendant et pour bien achever le boulot, c'est la Tunisie puis le Gabon qu'il faudra tenter de terrasser. Soufian Idir est peut-être né sous une bonne étoile. Une étoile verte sur fond rouge comme celle du drapeau marocain.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les deux "cousins" du Maghreb ne se sont que très rarement rencontrés en compétitions officielles. Deux oppositions ont cependant malgré les esprits. En 1999 tout d'abord, lors du Mondial égyptien où les deux équipes avaient fait match nul (23-23) puis 4 ans plus tard au Portugal, où la Tunisie s'était imposée (28-24). 

Le vainqueur de ce match prendra la tête du groupe A et aura toutes les chances de la garder jusqu'à la fin du tour préliminaire. Dans le groupe B, il faudra attendre ce lundi pour voir qui de l'Egypte ou de l'Algérie prendra les devants.

L'heure du verdict pour les filles

Chez les filles, les quatre premières équipes de chaque poule se retrouvent qualifiées pour les quarts de finale. L'Egypte  est en ballottage défavorable (P.A) et le Maroc (P.B) définitivement écarté. Dans la poule A, l'Angola grandissime favori de cette CAN mais qui a été accroché (écart de 2 buts) par la Côte d'Ivoire, devra se méfier d'un excès de supériorité face à la République démocratique du Congo en embuscade à la 2ème place. La Côte d'Ivoire et plus surprenant, le Cameroun se retrouvent quasi qualifiés pour les quarts. Dans la poule B, scénario identique ou presque. La Tunisie devra se débarrasser de la République du Congo pour prendre seule la tête du groupe. L'Algérie et le Sénégal sont qualifiés pour les quarts.

© Yves Michel
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