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CAN 2012: la Tunisie dévoile ses ambitions
CAN 2012: la Tunisie dévoile ses ambitions
16 Janvier 2012 | International > CAN
La Tunisie monte en puissance. Et ce dimanche soir, face au Maroc soutenu encore et toujours par un  public en délire, les partenaires d’Heykel Megannem se sont imposés (18-26) en véritables patrons. L’Egypte et l’Algérie qui ce lundi se retrouvent pour décider de la 1ère place de leur groupe, sont prévenues. Cette 2ème semaine de Coupe d’Afrique des Nations s’annonce passionnante.

La générosité, l’envie de bien faire, le soutien d’un public parfois trop exubérant poussant son chauvinisme hors des limites de l’acceptable (le gardien tunisien Marouene Maggaiez se souviendra longtemps de cette entame, aveuglé par un point de laser activé depuis les tribunes) n’ont pas suffi pour que le Maroc puisse enchaîner une 4ème victoire d’affilée. Les 5000 spectateurs de la salle Ibn Yassine y ont cru au moins toute une 1ère mi-temps. 

Avec un avantage de trois buts (4-1) à la 9ème minute puis de deux à la 23ème (10-8), tout un peuple s’est surpris à rêver. Rêver que d’un coup, le Maroc avait atteint la voûte céleste du handball mondial et que les tenants de la Coupe d’Afrique des Nations, huit fois récompensés depuis la création de l’épreuve allaient être avalés sans réagir. Lorsque l’orage s’est mis à gronder et que les assauts répétés des locaux produisaient leurs effets, les Tunisiens ont géré. Dans la difficulté, ils ont même trouvé de la ressource, les Montpelliérains Issam Tej, Wissem Hmam et le nantais Mahmoud Gharbi se chargeant de contenir le score et même de rentrer aux vestiaires, une longueur devant (12-13). « On se doutait que le Maroc emballerait le match et que le début serait difficile, reconnaissait le demi-centre Kamel Alouini. Les Marocains ont joué sur l’enthousiasme, avec le soutien du public. On a mis un peu de temps à s’organiser autant en attaque qu’en défense où on a pris des buts inhabituels. Ce qui est positif, c’est qu’on ne s’est pas affolé, on a remonté et ensuite on a bien géré le match. » De retour sur le parquet (qui à Rabat, ressemble plus à une dalle de béton), la Tunisie s’est montrée impitoyable. 


Malgré quelques sauvetages de leur gardien Yassine Idrissi, les Marocains vont payer comptant leur débauche d’énergie, en cinq minutes à peine, par un cinglant 1-5 (13-18 à la 38ème). Avec une telle avance, les hommes d’Alain Portes ne seront jamais rattrapés. « Sur la distance et même si physiquement, nous étions au niveau, concédait Ahmed Ahouari, arrière droit de Gien et de la sélection marocaine, on ne pouvait pas s’attendre à des miracles. On s’est trop précipité au tir, on s’est exposé à leurs contres et face à la Tunisie, c’est imparable. » Le repli défensif et l’engagement rapide déficients, il ne va donc pas falloir plus au Maroc pour prendre l’eau et empêcher le tableau d’affichage de s’emballer (16-26 à la 56ème) notamment grâce aux missiles expédiés par le jeune arrière tunisien Amine Bannour (21 ans à peine !). Rentré en cours de jeu, le joueur du Club Africain va démontrer l’étendue de son talent (6 buts et meilleur réalisateur de la rencontre) et surtout la puissance de son phénoménal bras gauche à la fois dans l’axe et sur le côté droit. 


Ce dimanche, la sélection tunisienne a marqué un grand coup, précisant s’il était besoin de le faire, qu’il faudrait compter sur elle pour l’emballage final. « Aujourd’hui, on rentre dans la compétition, précisait, un brin malicieux, le pivot Issam Tej. Sur les trois premiers matches, nous étions dans la continuité de la préparation. Je n’ai pas peur de le dire et avec tout le respect que j’ai pour toutes les autres équipes, nous sommes venus ici pour remporter un nouveau titre africain. Jusque là, on est arrivé à faire tourner l’effectif, ce qui fait que personne ne s’est épuisé et ça en vue des gros matches qui nous attendent, c’est très intéressant. » En effet, contre le Maroc et une fois que le score a été acquis, Alain Portes a fait tourner son effectif. Kamel Alouini par exemple, s'est révélé être plus qu'une doublure pour Heykel Megannem, Aymen Toumi, plus qu'un faire-valoir de Jalel Touati sur l'aile droite. 


Pour le Maroc, la défaite est certes douloureuse (18-26) mais la tenue de l’équipe de Philippe Carrara depuis le début de la compétition est exemplaire. Partie de presque rien, la sélection fait ses gammes au contact de nations plus expérimentées. « Je pense qu’on a montré une belle image du handball marocain, glissait Ahmed Ahouari. Grâce simplement au bouche à oreille, on vient de remplir une salle de 5000 places. Et ça, c’est une satisfaction. Maintenant, il ne faut pas se reposer là-dessus. Nous avons tenu une mi-temps, il faudrait désormais trouver tous les ingrédients nous permettant de durer une heure. ». La crainte désormais pour l'encadrement marocain est de tomber dans une certaine démobilisation des joueurs si d'aventure, les résultats ne devaient plus suivre. 


Aujourd’hui et en attendant les quarts de finale (prévus ce mardi), les deux équipes devront terminer le boulot. Contre le modeste Gabon pour le Maroc et la République Démocratique du Congo pour la Tunisie. Entre soucis de conformité de passeports ou défaut d’assurance pour certains de ses joueurs (le toulousain Damien Kabengélé par exemple), cette sélection congolaise, entraînée par le français Denis Tristant a récupéré depuis hier l’ex-nantais et ivryen (désormais à Silkeborg en D1 danoise) Audray Tuzolana. Le gardien Rémy Gervelas (Cesson) et le capitaine nantais Rock Feliho sont parait-il sur le chemin comme renforts. En Afrique, tout est possible !


Le choc de la poule B

L’Algérie n’a pas eu à suer sang et eau pour se débarrasser de la modeste équipe de Côte d’Ivoire. Salah Bouchekriou, avait d’ailleurs laissé le parisien Belgacem Filah au repos et lorsque le score a atteint des proportions conséquentes (19-9 à la pause), l’entraîneur algérien a fait tourner son effectif (succès 30-24). Tahar Labane, Sassi Boultif ont été ménagés en seconde période, histoire de mieux se préparer avant le rendez-vous programmé ce lundi face à l’Egypte de l'ex-parisien gardien de buts, Mohamed Nakib (photo du bas). « C’est vrai qu’il y avait l’Egypte dans toutes les têtes, convient Sassi Boultif et sans sous-estimer la Côte d’Ivoire, on s’était déjà projeté sur lundi. C’est le match pour la 1ère place et c’est important pour ne pas se rencontrer en demi. » Entre l’Algérie et l’Egypte (qui en s’imposant hier 14-23 face à l’Angola, n’a pas eu à gaspiller trop d’influx), ce sera les grandes retrouvailles, presque deux ans après la demi-finale de la dernière CAN au Caire où les Egyptiens s’étaient imposés de deux buts (26-24) après avoir été menés à la mi-temps (11-13). « Il y a toujours des histoires entre les deux équipes et en Algérie, reconnaissait l’arrière istréen, nos supporters veulent qu’on prenne notre revanche. Nous avons à montrer quel est notre niveau et notre détermination. Si nous parvenons à nous imposer, nous marquerons les esprits. Notre équipe a changé depuis deux ans, d’autres joueurs qui sont pros en France sont venus nous renforcer donc pour moi, l’équipe actuelle est plus forte que celle que nous avions en Egypte à la dernière CAN. Très sincèrement, je pense qu’on peut faire quelque chose de bien. » Mais comme ils disent tous la même chose, il risque d'y avoir embouteillage dans la dernière ligne droite qui conduit au podium. 


© Yves Michel
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