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CAN 2012: le Maghreb et l'Egypte en force chez les hommes
CAN 2012: le Maghreb et l'Egypte en force chez les hommes
18 Janvier 2012 | International > CAN
On a encore frôlé l’hystérie collective, hier à Rabat, lorsque le Maroc a éliminé l’Angola et s’est qualifié pour les demi-finales de la Coupe d’Afrique des Nations. Les hommes de Philippe Carrara qui ont vécu un scénario à rebondissements, seront opposés au « cousin » tunisien. Pour compléter le carré final, l’Algérie retrouvera l’Egypte, une vieille connaissance. Ces demi-finales paraissent très indécises même si la Tunisie a fait forte impression  depuis le début de la compétition. Mais le Maroc, porté par un public… royal pourrait causer la sensation. 

Soufiane Idir n’est pas prêt à trouver le sommeil. Lorsqu’à 27 secondes de la fin, l’un des deux arbitres slovaques a désigné (un peu généreusement) en faveur du Maroc, la limite des 7 mètres, le jeune demi-centre a tout de suite su que c’était pour lui et qu’en marquant, il envoyait définitivement son équipe, en demi-finales. Ce tir et ce but face à l’excellent gardien angolais, il s’en souviendra très longtemps : « A ce moment-là, je vais pour récupérer la balle et je me dis, combien de fois à l’entraînement à Ivry, je me suis amusé à m’imaginer à la dernière seconde d’un match éliminatoire et que le succès dépendait de mon but. » Sauf que la grande différence, c’est qu’à Ivry, au gymnase Delaune, Soufiane Idir n’a pas 5000 personnes derrière lui pour l’encourager. « Justement, c’est ce qui te pousse ! Franchement quand j’y vais, si les 5000 personnes étaient contre moi, l’histoire aurait été différente. Là, je ne pouvais pas le rater. J’ai fait le travail, je suis content mais c’est avant qu’on gagne grâce à toute une équipe. » Caché dans un recoin, Khalid Imaghri, son colocataire de chambre n’est pas plus rassuré que la semaine dernière. « Je pense que ce soir, confirme Soufiane, je ne vais pas dormir du tout, comme depuis qu’on est arrivé, j’ai du mal à trouver le sommeil. Khalid essaie de me calmer surtout quand je me lève et que je fais le tour du lit…. » Et il aura très certainement en mémoire cette liesse qui n'a pas embrasé la salle Ibn Yassine uniquement au moment de la délivrance mais... dès le coup d’envoi. Pourtant, tout va très mal commencer pour les joueurs locaux puisqu’au terme du 1er quart d’heure, les Angolais menaient déjà de six buts (4-10). Et puis leur jeu jusque là si bien huilé, va subitement se dérégler. Aidés par la doublure de Yassine Idrissi dans les buts, les Marocains ne vont jamais s'affoler et perdre le contact. L'handicap sera refait avant la pause (11-11). 


La seconde période sera plus équilibrée, les Marocains ne permettant jamais à leur adversaire de prendre un avantage conséquent, pire même pour l'Angola, passant devant (20-19) à 10 minutes de la fin. La crise cardiaque couvait, d’autant qu’à cinq reprises, les coéquipiers de Seufyann Sayad vont rater la balle du +2 ! C’est enfin le Nantais qui malgré une stricte, va trouver la faille à 6 minutes de la fin (21-19). L’épilogue, vous la connaissez. A 23-22, et alors qu’il restait moins de 30 secondes à jouer, les Marocains vont hériter de ce penalty bienveillant qu'un p’tit gars de Gien, va donc transformer avant de partir dans un danse de Saint Guy au coup de sifflet final. 


Le Maroc est donc qualifié pour les demi-finales de la Coupe d’Afrique des Nations comme en 2006 à Tunis, en 2002, ici même à Rabat ou en 2000 à Alger. Comme les arcanes de la Confédération Africaine de Handball n’ont rien de translucides, c’est la Tunisie déjà adversaire en phase de poule qui se dressera en demi-finale. Les joueurs d’Alain Portes se sont qualifiés sans être véritablement inquiétés en battant le Cameroun (26-17). Excepté à une reprise, les Tunisiens ont constamment fait la course en tête, leur matelas ne prenant de la consistance que dans les 20 dernières minutes de la rencontre. Cette équipe de Tunisie est source de jeunes talents et ce mardi, ces jeunes-là ont véritablement pris le pouvoir. Certes, les Alouini, Banour, Toumi et Boughamni devront encore et encore confirmer mais que ces quatre-là ont une prestance qui ne manquera pas de taper dans l’œil des sergents recruteurs des clubs de l’autre côté de la Méditerranée.  Kamel Alouini (notre photo de tête) qu'Istres a laissé échapper en 2010 pour un retour chez lui à Tunis, prend de plus en plus d’épaisseur au sein de cette sélection (4 passes décisives et 5/6 au tir face au Cameroun). Que dire également d’Amine Banour ?  (photo ci-dessous). Le lance-missile du couloir droit, a encore activé son phénoménal bras gauche (7/11). Et la prise de judo que lui a infligé le funeste Bertin Tabeth (disqualifié sur le champ), ne l’a même pas perturbé. 


Médaille de bronze au Mondial juniors, l’été dernier en Grèce, Banour tire vers le haut tous ses potes de la même génération. L’arrière gauche Sanaï, l’ailier droit Toumi et surtout Oussama Boughamni, sur le coté opposé ont dépassé le stade du simple faire-valoir. Le jeune ailier gauche de la sélection par exemple, monte véritablement en puissance (5/7 la veille contre le Congo, 4/4 ce mardi contre le Cameroun). « Je ne suis pas très loin de ma forme optimale. Au début du tournoi, j’ai eu du mal mais là, ça y est, je suis en confiance grâce à tous les internationaux qui sont autour de moi et l’entraîneur me motive aussi beaucoup. Il faut que je progresse encore, notamment sur le plan défensif et l’idée de venir jouer en France, est toujours dans ma tête. » Mosbah Sanaï, l'autre pépite de la base arrière tunisienne s'est montré plus discret sur ce quart de finale. Son talent est intact. La preuve, en phase de poules, il avait réussi à capitaliser contre le Sénégal (avec un 7/9) et surtout le Congo (7/7). Le sélectionneur Alain Portes a finalement des soucis de riches. Avec sa cohorte de pros évoluant en LNH qui encadrent tous ces jeunes prometteurs, la Tunisie est la grande favorite de la demi-finale contre le Maroc mais aussi, de la compétition !


Dans l’autre demi-finale, même ineptie du règlement cahbiste ! L’Algérie retrouvera l’Egypte, son adversaire le plus dangereux de la phase de poule et comme lors de la parodie de la dernière journée, lundi, les joueurs se sont quittés sur un match nul (à tous les sens du terme), bien malin qui pourra désigner le favori. Pour voyager vers les demies, les Egyptiens se sont débarrassés du Sénégal (31-19). Le score est lourd pour les hommes de Franck Bulleux qui ont trop perdu de balles et mis des tirs dans le décor, pour pouvoir prétendre à mieux. A plusieurs reprises, Ibrahima Sall, le capitaine tremblaysien a eu beau haranguer ses camarades, rien n’y a fait. Avec les quelques déboires extra-sportifs qui leur sont arrivés, les Sénégalais sortent tout de même de la compétition, la tête haute. 


L’Egypte qui a pu faire tourner son effectif, injectant sur le parquet, six de ses meilleurs juniors, affrontera donc l’Algérie. Les camarades de Tahar Labane ont non sans mal éliminé une atypique équipe de la République Démocratique du Congo (33-31). Atypique, eu égard aux nombreuses péripéties que Denis Tristant, l’entraîneur, a rencontrés pour composer son équipe. Certains joueurs ne sont arrivés qu’au compte-gouttes, perturbés par des tracas administratifs. Si le capitaine nantais Rock Feliho a fait le déplacement tardivement, c’est pour rester auprès de son épouse qui a mis au monde une adorable petite fille. En revanche, le gardien de buts Rémy Gervelas (photo du bas) est finalement venu…. pour rien. Parti dès potron-minet ce mardi de Paris vers Casablanca et rallié la capitale Rabat en taxi, le jeune cessonnais s’est vu signifier l’interdiction de participer à la rencontre, et ce, malgré les assurances prises auprès du président de la Fédération Congolaise de handball. Un temps hésitant à jouer par solidarité pour son « compatriote », Audray Tuzolana a finalement revêtu le maillot de la sélection et sous les yeux experts de Stéphane Imbratta, son ancien entraîneur au centre de formation d’Ivry, arrivé sur la CAN dans la matinée, l’arrière aujourd’hui sous contrat avec les Danois de Silkeborg a été le grand animateur de la RDC. 


Les Algériens n’ont fait la décision que dans le dernier quart d’heure grâce notamment à un excellent Samir Kerbouche (33 ans) dans les buts. « Tout le match, ils sont restés accrochés mais on a su les déborder, analysait le demi-centre de l’Algérie et de Nancy, Kader Rahim. Cette CAN, les locaux la préparent depuis juillet, ceux qui sont venus de France, on est entré en stage fin décembre. Maintenant, place à l’Egypte, même si on pensait jouer la Maroc. » Egypte-Algérie, dans toutes les têtes, sera le remake de la demi-finale perdue de deux buts par l’Algérie, lors de la CAN 2010. « On peut parler de revanche, oui. Nous n’aurons rien à perdre. Je pense que si on est plus rigoureux, si on perd moins de ballons et si on joue avec moins de pression, on peut passer. Il y a de la qualité et les joueurs pour cela. » 


Tunisie-Maroc, Egypte-Algérie, l’Afrique du Nord est omniprésente dans le carré final et omnipotente dans la gestion du handball sur ce continent. Il faut remonter à 2002, d’ailleurs lors de la CAN organisée…. au Maroc, pour retrouver pareil scénario. A l’époque, la Tunisie avait battu l’Algérie en finale et l’Egypte avait pris le meilleur sur le Maroc pour la médaille de bronze. Tiens, et si l’histoire se répétait ? Les paris sont ouverts ! 

Le programme des demi-finales masculines, ce jeudi 19 janvier 

17h00 Egypte - Algérie
20h00 Maroc - Tunisie


Les filles au quart de tour

Ce mercredi, les demi-finalistes masculins auront le droit de souffler, certains d'entre eux iront peut-être encourager les féminines qui disputent à leur tour les quarts de finale de leur compétition. Pour la 1ère fois depuis le début du Tournoi, elles auront la permission de toutes "descendre" dans le centre-ville de Rabat puisque les quatre rencontres auront lieu à la salle Ibn Yassine. Par rapport à la CAN d'il y a deux ans organisée au Caire, seule l'Egypte (pure coïncidence ?) manque à l'appel. Dernières de la poule A, les égyptiennes sont remplacées cette année, par les sénégalaises qui comme la Côte d'Ivoire, ont décroché le dernier billet pour ces quarts. Tout cela a un coût puisqu'elles devront affronter, pour les premières l'ogre angolais et pour les secondes, les non moins dangereuses tunisiennes.

Le programme des quarts de finale féminins, ce mercredi 18 janvier:

12h00 République Démocratique du Congo - Congo (Brazzaville)
14h30 Angola - Sénégal
17h00 Cameroun - Algérie
20h00 Tunisie - Côte d'Ivoire
© Yves Michel
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