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CAN 2012: La Tunisie pour un 3ème doublé historique
CAN 2012: La Tunisie pour un 3ème doublé historique
20 Janvier 2012 | International > CAN
Pour la 3ème fois dans l'histoire de la Coupe d'Afrique des nations, le handball tunisien va tenter de hisser sur la plus haute marche du podium ses équipes masculine et féminine. Si face à l'Algérie, l'objectif est largement à la portée des hommes d'Alain Portes, la tâche des partenaires de Mounah Chebbah face à l'ogre angolais est quasi irréalisable.

Le handball tunisien se porte bien, merci ! Comme il y a deux ans en Egypte, ses deux équipes se sont qualifiées pour la finale de la CAN. Mais c'est une autre histoire que voudrait écrire le meilleur représentant du handball africain: comme en 1974 et 1976, remporter la médaille d'or chez les hommes comme chez les dames. Pareil exploit serait à ce jour, inégalé.

Les hommes d'Alain Portes au rendez-vous

Mais combien étaient-ils dans cette salle construite à la base pour accueillir 5000 spectateurs ? Obnubilés par leur désir d'attirer le plus de monde possible et croyant que cela suffirait pour catapulter le Maroc en finale, les organisateurs marocains ont eu l'inconscience d'ouvrir grandes les portes sans canaliser cette foule désordonnée. C'est un miracle si aucun incident majeur n'est à déplorer et si la rencontre magistralement arbitrée par les françaises Charlotte et Julie Bonaventura (chapeau les filles !) n'a été arrêtée que quelques minutes, un rayon laser venu des gradins, aveuglant systématiquement le gardien de buts tunisien Marouene Maggaiez.

 

Dans ce contexte surchauffé et nullement impressionnés, les Tunisiens ont toujours eu la maîtrise de la rencontre. C'est l'équipe la plus expérimentée, la mieux préparée à ce type de rendez-vous qui au final, s'est largement imposée (16-28). Sans remettre en question leur parcours, les partenaires de Seufyan Sayad ont montré leurs limites et n’ont entretenu le doute qu’un gros quart d’heure (6-5 à la 16ème). « On était peut-être déjà en surrégime, avouait Philippe Carrara, le coach du Maroc. Dans le match de poule, ils nous avaient imposé leur loi avec des joueurs aguerris. J’ai des éléments qui ne sont que sur deux-trois entraînements par semaine qui ne connaissent pas cette ambiance et ce rythme de match et malgré le public, on s’est retrouvé face à nos lacunes. » Pendant tout le match, les Marocains vont accuser le coup, incapables de contourner ce bloc défensif autour duquel, Issam Tej, Wissem Hmam et Mosbah Sanai avaient installé du fil barbelé. La moindre perte de balle va se payer très cher et comme en contre-attaque et montée de balle, les Tunisiens tapaient juste, le score va rapidement enfler (12-5 à la 24ème). Les Marocains savaient dès lors qu'ils leur seraient impossible de rattraper un tel handicap. Pourtant, ils ne vont jamais baisser les bras. Mais face à un rouleau compresseur, l'impuissance prenait le dessus. Huit buts d'avance à la mi-temps (avec un Heykel Megannem - enfin - retrouvé), douze à la 45ème, treize à 4 minutes de la fin pour une équipe tunisienne qui avait fait tourner et préserver son jeune stratège Kamel Alouini, le scénario allait au-delà de tous les espérances. "J'ai beaucoup de chance, soupirait Alain Portes après le succès de son équipe. D'avoir des joueurs aussi motivés, qui ne laissent rien au hasard, qu'on me fasse pleinement confiance au niveau de la fédération tunisienne et que surtout tout un peuple vive pour le handball. Il y a la chance mais par dessus tout, le travail." Et insatiables, les Tunisiens en veulent encore plus. Pour eux, atteindre la finale est un moindre mal. La gagner est une impérieuse nécessité. "Je ne suis pas surpris de retrouver l'Algérie. Ce ne sera pas une opposition facile dans le sens où ils font déjouer tout le monde et je crois que finalement, j'aurais préféré l'Egypte parce que c'est un handball plus classique mais bon, on va essayer de s'adapter, notamment à leur défense 3-3. »  Et il a raison de se méfier Alain Portes, l'Algérie ayant réussi le petit exploit de terrasser son adversaire égyptien. 



Sassi Boultif veut déambuler sur Carnaby street

Un coup de massue, une révolution à l'envers. A l'image du jeune pivot Mohammed Mamdouh (22 ans), étalé sur le parquet, les yeux embués de larmes après l'ultime buzzer, l'Egypte n'ira pas en finale ! La faute à qui ? Aux Algériens qui y ont cru jusqu'au bout, le match basculant dans les dix dernières secondes. Auparavant, les deux équipes n'ont rien laché, encore une fois, comme pendant les quarts, l'arrière Messaoud Berkous (qui plairait bien à des entraîneurs français présents dans les tribunes nous a-t-on signalé) Riad Chehbour, le pivot et Samir Kerbouche, le gardien, étant les plus en vue côté algérien. 

Le chrono est presque arrivé à son terme, l'Egypte vient de passer  devant (25-24), les supporters algériens amassés dans les gradins n’y croient plus trop et voient défiler les images de la demi-finale perdue en 2010 contre ces mêmes Egyptiens. Et puis Zorro Bénali est arrivé. Excellemment servi par le Saintois Tahar Labane, l’ailier droit de Cherbourg (N1) obtient l’égalisation (25-25) Prolongations ? Non, il reste 15 secondes. Et c'est encore Bénali qui vient chiper le ballon à des Egyptiens médusés pour envoyer Riad Chehbour en terre promise. Sassi Boultif qui vient de participer à cet exploit, est hilare. « On s’est battu comme des morts de faim mais je dois reconnaître que la roue aurait pu tourner en leur faveur. Mais ce qui nous arrive est super. Cela fera taire les détracteurs de l’équipe nationale qui depuis l'Algérie, n’arrêtaient pas ces jours-ci de nous critiquer. » Avec un championnat arrêté depuis plusieurs semaines et une lutte d’influence au sein même de la fédération, le handball algérien a démontré qu'il savait se sortir des situations les plus délicates.


Mais la Tunisie se dresse sur son chemin. « J’ai des potes dans cette équipe, conçoit l'arrière istréen en esquissant un large sourire. Nous n’avons rien à perdre et en plus, un billet pour les Jeux à gagner. » A 29 ans depuis peu, le p'tit gars des montagnes d'El Milia savoure ce qui lui arrive. « la dernière fois que j’ai vécu un truc aussi fort, se souvient-il, c’est quand avec Istres, nous avons gagné la Coupe de la Ligue à Miami. Mais je pense que ce que je suis en train de vivre, dépasse tout. » Un seul bémol tout de même, la décision inepte des organisateurs de la CAN qui sans se soucier de la récupération des joueurs, programme une finale, vingt-quatre heures après les demies.  La Tunisie en sera le favori. Va-t-on assister à une partie de poker menteur entre les deux nations majeures du handball au Maghreb ou un jeu sans calcul ni arrière pensée. Quoi qu'il en soit, on a vraiment envie d'y être. 



Chez les filles, l'Angola attendait la Tunisie

On en a presque oublié qu'après le portugais, c'est la langue française que Marcelina Kiala (en photo ci-dessus) préfère à l'anglais. Cela commence  à faire un bail ! L'arrière gauche de la sélection angolaise n'oublie pas les trois saisons (2000-2003) qu'elle a passées à Dijon, alors aux côtés d'Ilda Bengué. Depuis tout le monde est rentré au pays dans ces clubs alimentés par les dollars du pétrole et l'Angola a continué à étendre sa main mise sur le hand féminin en Afrique. Lors des douze dernières éditions, les joueuses lusophones sont montées à dix reprises sur la plus haute marche du podium. Ce jeudi en demi-finale contre la République Démocratique du Congo, elles n'ont pas eu à forcer leur talent. Après un quart d'heure, elles menaient déjà 10-0 ! A la mi-temps, l'écart était encore plus conséquent (23-9), à la fin du match, ce n'était pas un fossé qu'elles avaient creusé pour les séparer des partenaires de la toulonnaise Christiane Mwasesa mais plutôt un canyon (39-19). Dans ces conditions et vue la facilité avec laquelle elles avalent toutes leurs adversaires, on ne voit pas qu'est-ce qui pourrait freiner leur course ? 


Les Tunisiennes n'auront rien à perdre

Mouna Chebbah (ici à l'attaque) est le baromètre de l'équipe tunisienne. C'est elle qui règle le jeu et quand la demi-centre de Viborg est en dedans, c'est presque toute l'équipe qui va de travers. Certes, dans ce tournoi, la Tunisie n'a concédé aucune défaite mais certains succès (contre le Sénégal par exemple) ont été obtenus dans la douleur. Contre l'Algérie en demie, les finalistes de la dernière CAN n'ont pris l'avantage qu'à la 22ème minute (9-8), avant de retomber dans leurs travers (pertes de balle, tirs mal cadrés, manque évident de concentration). A la mi-temps (à 10-10), le huis clos des vestiaires a permis à l'entraîneur tunisien Mohammed Sghir et à certaines anciennes de recadrer les esprits. Comme par miracle, à la reprise, c'est par Mouna Chebbah qu'est venu le salut (17-14 à la 40ème puis 24-17 à la 51ème). « On a abordé ce match un peu trop confiante face à des Algériennes qui n’avaient rien à perdre. Nous avons montré des signes de fébrilité en 1ère mi-temps et il a fallu se re-concentrer notamment en défense en 2ème période. » La joueuse qui est désormais peu utilisée dans son club de Viborg où elle semble traîner comme une âme en peine, n’est pas au meilleur de sa forme. Faut-il s’attendre à un somptueux réveil face aux Angolaises ? « J’étais malade en début de compétition et si je ne suis pas efficace au tir, j’essaie quand même de faire travailler l’équipe et faire des passes décisives. » Face à l’Angola, la Tunisie peut produire ses atouts, même si la tâche s’annonce insurmontable. « Ce n’est pas impossible ! Nous allons mettre notre cœur dans cette finale et nous la gagnerons ! » Avant de penser à son avenir en club puisqu’elle s’apprête à quitter Viborg mais désireuse de rester au Danemark, Mouna Chebbah aimerait elle aussi, valider son billet pour Londres. Cela passe par une revanche à prendre sur l’Angola. Il y a deux ans au  Caire, avec ses partenaires, elle ne s’était inclinée que d’un but (30-31). Cette fois-ci, il faudra en marquer deux de plus.
 

Des Français dans les tribunes

Nous vous l'avions annoncé, Joël Delplanque, le président de la FFHB mais également secrétaire général de la Fédération Internationale, ainsi qu'Olivier Krumbholz assistent sans perdre une miette aux rencontres de ces dernières journées de la CAN. Dans les tribunes, on a pu croiser Stéphane Imbratta, l'entraîneur de Tremblay aux côtés d'une délégation nantaise presque au grand complet conduite par Gaël Pelletier, le président du "H", le jovial Patrice Lignères, responsable du recrutement du club (tiens, tiens ! ) et l'incontournable Thierry Anti qui a été sollicité par la chaîne privée tunisienne Nessma TV (qui diffuse depuis le début de la CAN, 23h de programmes consacrés au hand dans tout le Maghreb !). Le coach nantais a pu apporter une expertise toujours aussi pointue sur les matches de la journée. Il n'a pas voulu dire à nos confrères quels nouveaux joueurs découverts sur la CAN l'avaient particulièrement intéressé. De là à imaginer que certains pourraient arriver sur les bords de l'Erdre, dès la saison prochaine est un raccourci que nous n'oserions pas faire ;-)


Le programme de la journée

Match pour la 3ème place (qualificative pour le Mondial espagnol)
à 13h30 Maroc - Egypte

Finale Dames  (le vainqueur est qualifié directement pour les J.O de Londres)
à 17h Tunisie - Angola  

Finale Hommes (le vainqueur est qualifié directement pour les J.O de Londres)
à 20h Tunisie - Algérie
  
© Yves Michel
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