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Arnaud Ponroy : bâtir Nantes au féminin
Arnaud Ponroy : bâtir Nantes au féminin
29 Mars 2012 | France > Division 2F

Les aficionados du hand féminin français ne le connaissent pas. Mais c'est pourtant un projet ambitieux qui apparait sans faire de bruit dans le petit monde de la balle qui colle. Ambitieux et surtout cohérent... Car à l'heure où bon nombre de clubs Féminins, D1 comme D2, peinent à trouver les ressources financières pour nourrir leurs ambitions de haut niveau, Nantes s'appuie lui sur son président, Arnaud Ponroy, acteur impliqué et mécène providentiel, pour construire sereinement une arrivée en LFH prévue au plus tard en 2015. Avec quelques sujets déjà brûlants comme les infrastructures et la subvention publique.

Juin 2010, c'est le branle-bas de combat au NLA. Au sein d'un club sportivement à bout de souffle avec un déficit latent, l'assemblée générale du club voit l'avènement d'une nouvelle équipe dirigeante autour d'Arnaud Ponroy et de Philippe Aubry. Et çà ne chôme pas avec immédiatement la nomination de Stéphane Moualek à la tête de l'équipe fanion et de l'expérimentée Maria Bals en meneuse de jeu. Une véritable aubaine que cet Arnaud Ponroy, mécène pour le moins généreux : en prévision, un million d'euros en 5 ans et un budget qui passe de 250.000 à 450.000€.

Pari sacrément gonflé qui fonctionne illico-presto. Le club monte dès la première année en D2 et voit déjà très grand : devenir un bastion du hand féminin national. "Etre en 2015 en LFH : on bâtit le club pour pouvoir faire partie des 10 équipes de LFH demain. On a une équipe de haut niveau qu'on veut emmener le plus loin possible". L'après-2015 est encore flou mais évidemment pas dénué d'intérêt : "Avec pourquoi une seconde étape jusqu'en 2020, faire une Coupe d'Europe et se situer dans le haut de tableau de la LFH" indique le président du NLA.

Mais la folie des grandeurs ne semble pas atteindre ce chef d'entreprise, patron des laboratoires pharmaceutiques du même nom. "On vient de N1. Petit acteur, on est pas encore reconnu sur la place de Nantes. Ici, on connaît le "H", c'est tout. Alors imaginez bien qu'au niveau Français... On est encore loin du compte". Le patron du NLA aime d'ailleurs à rappeler son exemple sportif favori, le Stade Toulousain Rugby : "un centre de formation puissant, les meilleurs internationaux Français et il construit sur la durée avec des carrières exemplaires." Une stabilité qui plaît à ce Nantais de 47 ans : "De toute façon ce n'est pas un investissement. Le retour sur investissement, y'en a pas. Sinon que de faire plaisir au public".

"Faire un coup, cela ne m'intéresse pas"

L'homme est un passionné de sport. Malgré un emploi du temps surchargé, on le voit souvent dans les travées de Beaulieu. Et présent quand il s'agit de faire passer un message fort, comme après un début de saison totalement ratée (6 revers en 7 matchs). Sa parole utile rassure les joueuses : "on vous fait confiance, vous avez votre destin entre vos mains. Et puis on a une année d'avance sur le projet. D'abord, faîtes vous plaisir". Présent certes mais Arnaud Ponroy fait avant tout confiance aux sportifs en place : "je suis pas un président que s'y connaît suffisamment en handball pour pouvoir faire un commentaire, le spécialiste c'est le coach. Dès qu'on est arrivé, la chose importante c'était de faire confiance au staff technique".

Un projet lancé sur de bons rails qui fait la part belle à l'épanouissement de chacun, avec un accent tout particulier sur la formation : "Je suis venu dans ce club essentiellement pour çà". Rappelons que les deux filles du président sont licenciées au NLA. De la formation handball bien sûr pour les jeunes, mais aussi de la formation scolaire et professionnelle : "je suis toujours choqué de voir des filles de 20 ans, auxquelles les clubs promettent des salaires tout à fait corrects mais... sans formation professionnelle à côté". Un président soucieux du devenir des joueuses "c'est pas avec 10 ans de handball qu'on arrive à mettre de côté pour vivre le reste de sa vie. On essaie donc de trouver avec elles leur voie. L'objectif, se construire soi-même à travers son club, c'est ce que j'aimerais inculquer".

3ème ex-aequo, le bilan sportif est pour l'heure excellent... avec un podium de D2 en vue. "Obtenir la 3ème place sera difficile, Chambray est sur une superbe dynamique, avec une très belle base arrière et un parcours un peu près équivalent au nôtre". Au delà des résultats sportifs, la promesse d'un public de plus en plus nombreux au fil des matchs plaît au président Nantais : "Accroître notre notoriété, c'est d'abord une salle pleine de 500 à 600 spectateurs par match. La reconnaissance du public, c'est très important. Et probablement qu'en mode LFH, on peut tabler sur un public minimum de 1.500 personnes."

Un intérêt populaire qui en rappelle évidemment un autre... celui du HBC Nantes et ses 4.500 fidèles devenus aujourd'hui meilleur public de France. D'ailleurs, le NLA souhaite toujours créer une passerelle avec son grand frère masculin. "On pourrait être complémentaire et travailler ensemble sur des évènements ou des échanges". Une demande restée jusque là lettre morte du côté du HBC Nantes... ce qui avait passablement agacé fin 2011 le président du NLA au caractère bien trempé. "Il veut faire cavalier seul, il est puissant... oui mais rien n'est jamais définitif. Pour l'instant, il n'y a pas de pont, j'espère toujours le constuire. Mais pour le faire, il faut une volonté commune".

"Notre déficit... le financement public"

Pour l'heure, le club féminin Nantais se serre dans un gymnase exigu : "Tant qu'on est en D2, on peut continuer dans notre salle de 500 places. Le jour où on accède en LFH, ce sera très compliqué parce que la salle n'est pas aux normes. Les équipements publics à Nantes sont en cours de construction". Une infrastructure qui pose problème tout comme la subvention municipale qui ne bougera pas la saison prochaine : "pour le NLA, la part de la contribution publique est inférieure de 30.000€ par rapport à la moyenne de la D2. Contrairement au discours de la mairie qui dit qu'elle supporte ses clubs, force est de constater qu'on est en dessous de ce qui se pratique dans les autres villes. Nantes n'a pas de foot, ni de rugby. Des villes comme Montpellier ou Toulouse, elles ont toutes çà... Notre déficit aujourd'hui, il est clairement dans le financement public".

Aucun souci côté sponsors privés : "on a aujourd'hui des partenaires qui vont nous rejoindre la saison prochaine, on a une dizaine de partenaires significatifs". Et une saison prochaine qui s'annonce déjà palpitante : "Pour l'instant une seule montée est prévue... donc il restera soit Cergy soit Nice qui sera forcément un sacré candidat. Il peut y avoir Mérignac et puis celui qui descendra de D1. On sera encore 4 ou 5 équipes à jouer le haut de tableau". Et si le président du NLA ne veut pas donner de chiffres sur le budget de la saison prochaine (600.000€ actuellement), il dessine les contours du professionnalisme "sauce NLA" : "On s'est inscrit dans le statut VAP (voie d'accès au professionnalisme) donc on a des contraintes en nombre d'étrangères. On est quasiment obligé de recruter Franco-Français. On cherche donc des jeunes Françaises ou des plus confirmées pour conforter notre effectif d'aujourd'hui. Avec une priorité sur deux arrières si possible polyvalentes, une à droite et une à gauche, et une gardienne pour pallier la blessure de Wendy Obein". Nul doute qu'avec ce plan de développement ambitieux servi par un président déterminé, le NLA a de très beaux jours devant lui.

© Davy Bodiguel
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