Quelle fin de saison pour Dunkerque ! Malmenée en championnat, sous la menace d’un retour nantais, l’équipe nordiste n’affronte pas Göppingen, ce samedi en finale aller de la coupe de l’EHF dans les meilleures conditions. De lourdes incertitudes planent sur la participation de joueurs cadres.
A Dunkerque, ce mois de mai est plutôt mouvementé. L’équipe nordiste pourrait terminer sa saison comme elle l’avait commencée, au risque d’ailleurs de tout perdre ! Depuis la qualification pour la finale de la Coupe de l’EHF dont le premier volet a lieu ce samedi au stade des Flandres face à Göppingen, les hommes de Patrick Cazal ne gagnent plus. En championnat, ils viennent d'aligner trois défaites consécutives et la menace nantaise sur la 4ème place européenne se fait de plus en plus insistante. De plus, le sort s’acharne sur l’USDK. Depuis quelques jours, l’infirmerie s’est remplie et à l’absence de Pierre Soudry (fracture de l’auriculaire de la main gauche), viennent se rajouter de gros points d'interrogation concernant la disponibilité de Sébastien Bosquet (décollement aponévrotique du mollet), de Mohammed Mokrani (douleur aux obliques) et Bastien Lamon (petite entorse à l’épaule gauche). Ce qui, en cas d'absence face à l'équipe allemande, pourrait constituer un réel handicap. « On va mettre tout le monde sur le pont, samedi à l’échauffement, précise Patrick Cazal, et on verra qui est capable de tenir sa place. »
Soudry et peut-être Bosquet manquants, le côté droit de l’équipe se retrouve copieusement dégarni et comme mardi face à Paris, l’ailier Jalel Touati encore convalescent après une tendinite rotulienne, a fait une rentrée en demi-teinte, la tendance n’est pas à l’optimisme béat au sein de la formation nordiste. « Nous ne sommes pas sur une phase positive en ce moment, convient Benjamin Afgour (notre photo du haut). D’un autre côté, on n’a pas trop le temps de gamberger, de s’apitoyer sur notre sort et nous plomber le moral. » Depuis début mai, la machine est grippée, les rouages sans doute usés par la fatigue et un banc limité où les jeunes du centre de formation ont du mal à pallier les absences de certains cadres. « C’est sûr, renchérit le jeune pivot nordiste, on ne peut pas rester sur de tels résultats, il faut réagir. Même si elle était quand même dans un coin de notre tête, on ne peut pas affirmer que le fait de penser à la finale, ne nous a pas permis de nous concentrer sur les matches de championnat. Il y a aussi les blessés et le manque de rotations. » L’absence d’un élément comme Vincent Gérard dans les buts a été inévitablement préjudiciable. Après une entorse à la cheville, le Mosellan est de retour parmi les siens. On lui prédit l’enfer face à Göppingen, qu’à cela ne tienne, il adore ça ! Ce type de contexte le motive mais contrairement aux trois tours précédents, le match aller aura lieu à la maison où Dunkerque n’a pas produit ses meilleures prestations (défaites contre Saint Raphaël et Magdebourg). « Je pense qu’il ne faudra pas vouloir emballer trop le match, soutient Sébastien Bosquet (notre photo du bas), si l’écart doit se faire, il se fera sur la fin. Il n’y aura cependant pas d’effet de surprise. En demi-finale aller, Magdeburg nous a sans doute pris de haut. Göppingen ne tombera pas dans le piège. » Faire l’écart sans trop offrir de brèches, gérer le match retour qui ne sera pas de tout repos, Dunkerque doit résoudre un réel casse-tête.
Göppingen est un ensemble solide, qui joue peut-être moins bien au ballon que les Nordistes mais qui tire ses vertus d’une défense 6-0 à plat articulée autour de grands gabarits. Et puis, il y a l’expérience de ce type de confrontation. Les partenaires du serbe Momir Rnic (notre photo du bas) sont les tenants du trophée et au tour précédent, ils ont écarté Rhein Neckar Löwen. L'autre élément qui plaide en faveur des Allemands c’est qu’ils restent sur une belle dynamique de deux succès consécutifs en Bundesliga. Les Nordistes sont prévenus, leur marge de manœuvre est très étroite. « Depuis les demi-finales, nous sommes le petit poucet de la compétition, reconnait Sébastien Bosquet mais sur une finale, tout est possible. Il restait trois allemands dans le dernier carré, désormais il n’en reste plus qu’un, à nous de le faire dérailler. » Dunkerque est donc engagé dans ce marathon final, trois matches, deux en coupe d’Europe et un en LNH contre Nantes, à l’issue desquels, ils peuvent tout perdre ou beaucoup gagner ! « On n’a pas le droit de baisser les bras et de tout gâcher, conclue Benjamin Afgour. Il faut non seulement qu’on gagne cette coupe d’Europe mais également qu’on conserve la 4ème place en D.1. Finir 5ème sans trophée serait une énorme déception. » Après la coupe de France la saison passée, Dunkerque est déterminé à rajouter une ligne à son palmarès cette année. Une victoire en finale de la coupe EHF serait non seulement inédite pour un club français mais surtout elle mettrait fin à une hégémonie allemande qui dure déjà depuis huit saisons.

L'adversaire....
Frisch Auf Göppingen a été fondé en 1896 et a connu ses heures de gloire en Bundesliga avec onze titres nationaux à la fin des années 50, début des années 60 et 70. Le club a remporté ce qui s’appelait alors la coupe des clubs champions (transformée en Ligue des Champions) en 1960 et 1962. Mais c’est en coupe de l’EHF que la formation de Bade-Wurtemberg a marqué les dernières années, en s'adjugeant la compétition en 2011 (contre Groswallstadt) et en étant finaliste en 2006 (face à Lemgo). Le nom du club est souvent associé à l’épopée de Bernhard Kempa qui a débuté et terminé sa carrière au sein de l'équipe allemande (comme joueur et entraîneur), qui a porté à 30 reprises le maillot de la Mannschaft et qui à 91 ans passés, reste toujours le plus fervent supporter de Frisch Auf ! Celui que l’on a surnommé « Monsieur Handball » dans les années 50 est également le fondateur de la marque éponyme. Depuis 2004, le club a misé sur une certaine stabilité en accordant sa confiance à Vélimir Petkovic au poste d’entraîneur. Agé de 55 ans, le germano-bosnien qui a quasiment fait toute sa carrière en Allemagne serait en contacts très avancés avec les dirigeants de Rhein Neckar Löwen pour succéder à l’Islandais Gudmundur Gudmundsson. Côté joueurs, la base est solide. A commencer par le duo serbo-tchèque Momir Rnic-Pavel Horak des buteurs en percussion qui à eux deux, totalisent près de 300 réalisations en Bundesliga et une défense très expérimentée regroupée autour du pivot croate Dalibor Anusic. Toutes proportions gardées, Göppingen marque beaucoup de buts mais en encaisse pas mal avec deux gardiens assez irréguliers qui sont loin de figurer dans le gotha de la Bundesliga. Assurément, Dunkerque a les moyens de prendre la mesure de son adversaire.